Gazette d'Admiroutes. Spécial Avant-Elections

Publié le par Jean-Paul Baquiast

Les indécis ne devraient plus avoir de raison de douter face au choix de société proposé par Ségolène Royal

Le débat télévisé du 2 mai devrait selon moi donner un net avantage à Ségolène Royal sur Sarkozy, au moins vis-à-vis des électeurs encore indécis qui se donnent la peine de réfléchir et ne votent pas à droite par tradition.

Sur la forme :

Ségolène a montré que loin de s’effondrer face à un débateur réputé redoutable, elle tenait bon et mieux, prenait quand il fallait l’offensive. Autrement dit, son profil de chef d’Etat, capable d’affronter les crises les plus difficiles, souvent mis en doute y compris chez ses amis, s’est trouvé renforcé.
Sarkozy a certes évité de trop montrer son caractère tranchant et autoritaire, ce dont ses supporters se félicitent. Mais son ton relativement apaisé du moment était plus inquiétant que rassurant. On pressentait qu’il s’agissait d’une consigne qu’il s’était donné pour l’occasion (la douceur du loup pour entrer dans la bergerie ?) et, qu’en cas de succès à la présidentielle, il l’abandonnerait vite pour revenir avec une assurance renforcée à son autoritarisme.

Sur le fond :

Ségolène a été la seule à évoquer les grandes perspectives stratégiques du futur. Elle l’a fait très vite, parce que les offensives de son adversaire ne lui en laissaient guère le temps, mais elle l’a fait. Ce faisant elle a montré sa conviction profonde dans ces domaines : la recherche scientifique, l’écologie, la lutte contre le réchauffement climatique, l’éducation, le dialogue avec les partenaires européens, etc. Par ailleurs, elle a proposé à nouveau sa vision de l’Etat de demain : négociateur, s’appuyant sur les organisations professionnelles et les collectivités locales, n’ayant pas réponse à tout d’emblée…mais cependant capable de défendre quand il le faudra les grandes valeurs de la République et de la démocratie – y compris en préservant les services publics.

Sarkozy n’a rien fait de tout cela. Il s’en est tenu aux quelques mesures répétées jusqu’à la nausée et dans lesquelles il prétend trouver un remède à tous les maux : libérer et détaxer les heures supplémentaires, supprimer la moitié des fonctionnaires, diminuer les impôts portant sur les contribuables les plus aisés…

Le sort du vote sera-t-il changé par ce débat ? Espérons le. Mais en France le poids des conservatismes est si fort que ceux désireux d’éliminer une vraie réforme politique, telle que définie par Ségolène, l’emporteront peut-être, à quelques voix près. Il suffit de voir l’empressement pour courir à la soupe mis par les parlementaires de l’UDF, ex-amis de Bayrou. Ce serait bien dommage pour la France. Rendez vous lundi. 03/05/07, 09h.

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