La Gazette d'Admiroutes N° 143 du 01/07/06

Publié le par Jean-Paul Baquiast

A voir aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents - Europa++:

*
Entretien avec un tranhumaniste, Justice de Thézier http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/74/transhumanisme.htm

Pour suivre les développements de la grippe aviaire: consulter les blogs de notre correspondant le Dr Vermeulen http://drmsfvermeulen.skynetblogs.be/ et http://drmsfvermeulen.over-blog.com/

Voir de sa part deux articles récents:
* La fiction du Doc http://influenza_h5n1.vosforums.com/viewtopic.php?t=3541&postdays=0&postorder=asc&start=0
* Pandémie et plan de sécurité publique
http://drmsfvermeulen.over-blog.com/article-2587620.html

D'autres blogs se sont depuis saisis du problème. Notamment celui du premier ministre français http://www.grippeaviaire.gouv.fr/ . Voir aussi http://influenza.h5n1.over-blog.com/

Nous publions cette photo en hommage au travail fait depuis plusieurs mois, bien avant les prises de conscience officielles, par le docteur Michel Vermeulen sur son blog, afin de nous avertir de la menace grandissante de la pandémie. Inutile de dire que nous prenons cette initiative sans lui en avoir demandé l'autorisation - qu'il aurait sans doute refusée par modestie.


Pour un réseau mondial de surveillance des émissions de gaz à effet de serre (GES). L’Europe doit donner l’exemple

Le dernier bilan, publié par l'Agence européenne de l'environnement, le 22 juin, http://reports.eea.europa.eu/eea_report_2006_8/en montre une dégradation en 2004 : les émissions pour l'Union à 15 membres ont augmenté de 0,4 % entre 2003 et 2004, et de 0,3 % pour l'Union à 25 intégrant les pays d'Europe de l'Est.

Sauf à agir beaucoup plus vigoureusement, l'Europe risque de ne pas respecter le protocole de Kyoto. Alors qu'elle s'est engagée à diminuer ses émissions de 8 % en 2010 par rapport à 1990, la baisse n'a été que de 0,9 % entre 1990 et 2004.

Les principaux responsables de ces émissions sont l'Allemagne, le Royaume-Uni, l'Italie, la France et l'Espagne. Cependant, l'Allemagne a réussi à réduire fortement ses émissions en améliorant l'efficacité de son système énergétique et en fermant de nombreuses usines dans l'ancienne Allemagne de l'Est. Elle est ainsi proche de son objectif (avoir diminué de 21 % ses émissions en 2010).

Le Royaume-Uni devrait également atteindre ses objectifs (- 12 %) puisqu'il a baissé ses émissions de 14 % en substituant le gaz au charbon dans les centrales thermiques. Mais ce mouvement est maintenant terminé et Londres pourrait voir ses émissions repartir à la hausse. En effet, le prix du charbon a beaucoup moins augmenté que celui du gaz, ce qui rend ce combustible attractif pour les producteurs d'électricité.

La France, pour sa part, a atteint son objectif, qui est de 0 %. Mais l'effort doit être maintenu, alors que les transports ne cessent d'augmenter leurs émissions et que de nombreuses centrales de production d'électricité à combustibles fossiles doivent entrer en fonctionnement dans les prochaines années.

Les mauvais élèves sont les pays méditerranéens. L'Espagne a vu, en 2004, ses émissions monter de 48 % par rapport à 1990, alors que seule une augmentation de 15 % était autorisée. L'Italie ne fait pas beaucoup mieux (+ 12 % contre - 6 % autorisés).

Comment convaincre la Chine, l'Inde ou le Brésil de s'engager, si les Européens ne donnent pas l’exemple ? Pour l’avenir, l'Union a adopté en mars 2005 un objectif de réduction des émissions pour les pays développés de 15 % à 30 % en 2030 par rapport à 1990. Cela demandera un effort important. La France et le Royaume-Uni ont même affiché un objectif de diminution par quatre d'ici à 2050, soit une baisse de 3 % par an.

L’Europe ne doit pas se donner bonne conscience en constatant que les Etats-Unis font pire. L'Amérique du Nord, qui émettait déjà en 2003 16 % de gaz carbonique en plus qu'en 1990, atteindrait le chiffre de 54 % en 2030. Avec la montée des pays émergents, le monde entier passerait de 21 milliards de tonnes de gaz carbonique à 44 milliards en 2030. Il sera trop tard pour espérer éviter un changement climatique majeur.

Pour un réseau mondial de surveillance initialisé en Europe

Comme il s’agit d’une question qui devrait concerner chaque citoyen conscient de ses responsabilités, il conviendrait de faire beaucoup plus pour alerter l’opinion des engagements pris par chaque pays et des dérives éventuelles. Ceci d’autant plus qu’il est devenu évident que les évaluations nationales seront volontairement révisées à la baisse, malgré les engagements de sincérité pris par les gouvernements. En effet, nul ne voudra admettre qu’il ne tient pas ses quotas de réduction. Ceci d’autant plus que la négociation sur le commerce des autorisations à polluer rendra la fraude de plus en plus rentable. Le marché sera de plusieurs milliards d’euros.

Des scientifiques européens proposent une solution simple destinée à mettre en évidence les taux d’émission réels, aussi bien pour le CO2 que pour le méthane (dont l’effet sur le réchauffement est 100 fois supérieur). Il s’agirait de remplacer les calculs établis au niveau national selon des méthodes différentes et peu contrôlables, par des observations établies à la base, quotidiennement, région par région, grâce à un réseau de stations d’analyses interconnectées. Ces stations seront terrestres, dans un premier temps, mais il faudra qu’elles soient relayées par des observations satellitaires provenant du réseau européen GMES, lui- même connecté au plan mondial. Les résultats, synthétisés quotidiennement, devraient être rendus disponibles pour le monde entier grâce à Internet. Il existe quelques observatoires aujourd’hui, tel celui établi au sommet du Mauna Loa à Hawaï, mais ils sont notoirement insuffisants. De plus, les océans et les zones polaires ne sont pas couverts.

Si un tel projet voyait le jour, et si l’Europe donnait l’exemple, chaque citoyen du monde pourrait s’impliquer dans l’effort fait par son gouvernement et par la communauté internationale afin de réduire les émissions de GES. Les experts de leur côté pourraient établir leurs propres calculs à partir des données brutes. Le réseau ne coûterait pas grand-chose au regard des énormes enjeux économiques et sociaux qui sont impliqués par la lutte pour le contrôle du climat. Il nécessiterait par contre une forte volonté citoyenne afin de l’imposer aux gouvernements et aux régions qui feront tout pour ne pas être montré du doigt, en cas de laxisme ou de corruption. 01/07/06

* Les experts européens à consulter sur ce sujet sont Peter Bergamaschi du Centre commun européen de recherche à Ispra et Euan Nisbet de l’Université Royale Holloway à Londres, membre du Global Atmosphere Watch dépendant de l’ONU. (Source : NewScientist 24/06/06, p. 10)


 

Pétition contre la suppression de La-bas si j'y suis

Dieu sait que Daniel Mermet m'agace avec son soutien inconditionnel aux "faucheurs volontaires" et autres agités de la casquette, plus intéressés à faire parler d'eux qu'à sauver la France. Il reste que la déprogrammation de l'émission La-Bas si j'y suis, précédent sa vraisemblable suppression, est bien mauvais signe - peut-être bon signe pour l'opposition socialiste qui pourra récupérer quelques voix en promettant sa restauration au cas où elle arriverait au pouvoir. J'ai donc signé la pétition en ligne protestant contre la mort programmée de l'émission.

Je me demande à ce propos ce qu'attend le pouvoir pour me déprogrammer. Serais-je moins populaire que Daniel Mermet ou Alain Rey?

Signer la pétition http://petition.la-bas.org/index.php


Qu’est ce qu’un cyber-citoyen ?

Jean-Paul Baquiast
Les Etats Généraux du cyber-citoyen. Table ronde n° 1, 28 juin 2003

On peut définir le cyber-citoyen comme le citoyen qui peut, grâce aux réseaux, acquérir le double statut de récepteur et de producteur d’informations et de connaissances (on dira aussi selon les domaines : spectateur-auteur ou consommateur-producteur).

M
ais pourquoi associer ces deux mots, la cybernétique et la citoyenneté, qui ont l’un comme l’autre une histoire propre ? C’est pour mettre en évidence l’apparition d’un phénomène social jamais rencontré jusqu’à présent dans le monde. Ce phénomène se caractérise par :
- la convergence des technologies (ordinateur, télévision, téléphonie, Internet, multimédia, intelligence artificielle) au sein des réseaux modernes. On peut parler du cybermonde.
- le fait que de plus en plus de personnes faisant de la politique (électeurs, militants, syndicalistes, élus) utilisent le cybermonde pour s’informer, se regrouper, travailler ensemble.

Les cyber-citoyens sont bien plus que des internautes ou des cyber-consommateurs. Ce sont des gens qui veulent s’appuyer sur les réseaux et les technologies associées pour transformer le monde, en commençant par transformer l’exercice de la vie politique.
-
Mais on ne naît pas cyber-citoyen. On le devient. Par quels processus ?

Deux processus :

- Le processus spontané : Le cyber-citoyen émerge spontanément d’une société technologique où les hommes peuvent s’interconnecter et accéder librement aux moyens d’expression et aux bases de connaissances existantes. C’est un processus souhaitable mais rare. N’en bénéficient pour le moment que ceux ayant reçu de la société un certain nombre d’apports (éducatifs, professionnels, culturels).

- Le processus constructiviste. Ce terme signifie qu’un cyber-citoyen est et sera de plus en plus le résultat d’une construction collective volontariste destinée à atténuer les difficultés que rencontrent les individus pour accéder à l’autonomie permise par la technologie.

Où en est-on en Europe ?

Le processus constructiviste suppose des acteurs collectifs décidés à intervenir politiquement et financièrement. De tels acteurs existent-ils en Europe ?

- Pour le moment, les acteurs à l’œuvre en Europe représentent pour l’essentiel les intérêts stratégiques et économiques de la puissance américaine, dans le domaine des infotechnologies et de la production culturelle. D’autres pèseront bientôt très lourd : Inde, Chine…Certains observateurs considèrent qu’au plan scientifique et technologique l’Europe a déjà perdu la bataille des technologies et des industries qui ne sont plus seulement celles de l’information mais du savoir et de l’intelligence. Certes, rien n’est jamais perdu mais…

- L’Europe n’en semble pas consciente. Elle parait se complaire dans la domination culturelle. Les conséquences politiques sont évidentes. Les Européens n’imaginent plus une Europe-Puissance, indépendante, souveraine et solidaire, capable de maîtriser ce qu’il faut bien appeler les technologies de souveraineté.

On pourrait dire cela autrement : il n’existe pas à ce jour de cyber-citoyens européens

Ceci ne saurait durer, sauf à accepter la dissolution de l’Europe. Nous pensons que notre Continent doit se doter rapidement, au plan des Etats comme à celui de l’Union, de politiques publiques de la cyber-citoyenneté, correspondant à ses valeurs institutionnelles et culturelles.

Quels objectifs pour ces politiques ?

- Mettre en place de véritables politiques de recherche et de développement industriel dans l’immense domaine des technologies et sciences de l’information et de la communication. C’est la base sans laquelle les autres puissances continueront à nous dicter ce que nous devons penser.

- Assurer à tous l’accès aux réseaux, non pas gratuitement car il y a des coûts à prendre en charge, mais sans appropriations privées spéculatives des réseaux et des contenus : haut débit en service universel, formats ouverts, logiciels libres, licences globales.

- Assurer dès l’école l’aptitude à se comporter au sein des réseaux en acteur et non en simple consommateur: apprendre les technologies d’accès et les langages, l’interprétation des contenus, la capacité à s’exprimer. Refuser l’intrusion des pensées uniques non européennes et des fanatismes de nature religieuse.

- Soutenir la réalisation d’espaces interactifs universitaires et/ou associatifs dédiés à la vulgarisation/diffusion des compétences indispensables au citoyen : sciences, économie, politique, philosophie…

- Au plan national et surtout européen, soutenir la mise en place de puissantes industries culturelles (Bernard Stiegler parle à juste titre des industries de l’intelligence) produisant des œuvres visant à l’apparition d’une citoyenneté et d’une identité européenne. Toutes les grandes puissances géostratégiques le font pour leur compte, sauf encore l’Europe. Ces œuvres ne seront évidemment pas imposées mais elles seront mises dans des conditions leur permettant de résister à l’envahissement actuel des produits non-européens.

- Contribuer à l’apparition d’une conscience universelle en réseau, face aux grandes questions : protection de l’environnement, éducation, santé, démographie. Ceci supposera une participation active aux réseaux satellitaires internationaux visant les mêmes objectifs.

Oui, mais ?

Tout ceci coûtera cher et devra être financé par des contributions publiques, non par le marché. Il n’est pas acceptable que le budget européen ne prévoie pas de telles actions, au moins aussi prioritaires que celles actuellement prises en charge.

Par ailleurs, face aux produits culturels encourageant la consommation passive, il faudra redonner aux citoyens le goût de la création. A cette fin, les responsables politiques ont un rôle essentiel à jouer, à tous niveaux (local, national, européen) pour inciter les citoyens à formuler et faire connaître des propositions innovantes.

 


Pollution charbonnière en Chine

La Chine découvre avec de plus en plus d’inquiétude la fréquence grandissante des vastes nuages de suie produits par le fonctionnement des milliers de centrales et d’usines utilisant le charbon comme combustible – charbon particulièrement chargé en sulfures. On estime que ces nuages provoquent 400.000 morts par an, sans mentionner les dégâts sur les sols arables et la végétation (pluies acides). Ces nuages commencent à inquiéter les pays voisins, puisqu’on retrouve dorénavant des suies jusqu’au dessus des Etats de la côte ouest. Ceci pourrait être combattu par des équipements plus efficaces, mais ils coûtent cher et même avec une aide internationale, on doute que les industriels chinois s’en équipent.

On mesure là une des principales limites au développement des grandes nations encore très pauvres au regard de nos standards, Chine, Inde, Indonésie. Pour le moment, aucune solution ne parait envisageable, sauf à continuer à équiper les citadins de masques en papier.
Les experts soulignent d’ailleurs que si les nuages de suie sont visibles et font l’objet des critiques occidentales, le citoyen américain, de façon plus discrète, produit10 fois plus de gaz à effet de serre que son homologue chinois (Source New York Times/Le Monde, 17 juin 2006). 23/06/06


Le suivi par caméras intelligentes des automobilistes britanniques

Le système dit Automatic Number Plates Recognition ANPR (reconnaissance automatique des plaques d’immatriculation) entre progressivement en usage dans la police britannique, à partir d’un premier déploiement dans le comté de Straffordshire. Il s’agit, par un système sophistiqué de caméras embarquées dans un véhicule de police banalisé, de filmer, identifier et localiser par GPS les plaques d’immatriculation des véhicules, contrevenants ou pas. L’enregistrement est, en temps réel, traité et mémorisé par le centre informatique de la police du comté. Les véhicules ainsi identifiés qui ont déjà été signalés en infraction peuvent faire l’objet d’interventions immédiates ou différées de la police. Evidemment, des parades sont déjà mises en œuvre par les vrais délinquants, mais le système reste parait-il fiable et utile au travail de prévention et de répression. Tant et si bien que l’on envisage de créer une base de données unique, le National ANPR Data Center, rassemblant les données fournies par toutes les brigades ANPR de Grande Bretagne dont le nombre est en cours d’extension. Les données mémorisées pourront faire l’objet de nombreuses recherches « intelligentes », visant à les associer à la lutte plus générale contre le crime et l’insécurité.

Faut-il s’inquiéter de cela, d’autant plus que ANPR pourra être couplé aux informations rassemblées déjà par les très nombreuses caméras de surveillance existant dans le pays ? Nous ne le pensons pas pour notre part, si l’ensemble demeure soumis au contrôle du juge et plus généralement à la tutelle du Parlement. Mais si le Royaume Uni devenait une dictature et qu’elle poursuive les opposants politiques – risque faible il est vrai - les choses seraient à considérer autrement.

• ANPR par Wikipedia. Excellent article http://en.wikipedia.org/wiki/ANPR


Le cirque de la Commission baleinière internationale et le silence de l’Europe

Cette Commission ( International Whaling Commission) vient de lever l’interdiction pour 20 ans de la chasse à la baleine qu’elle avait décidée en 1986. Les défenseurs de la baleine (il faudrait plutôt dire de différentes espèces de cétacés en danger de disparition) s’en étaient réjouis et certaines populations avaient pu se reconstituer. Ceci malgré la pêche poursuivie, sous prétexte d’étude scientifique par le Japon, la Norvège et l’Islande.

Mais ces nations n’avaient pas renoncé, en accumulant des arguments plus contestables les uns que les autres, à faire revenir l’IWC sur sa position. Sous l’influence du Japon, c’est ce qui s’est produit le 20 juin dernier. Désormais, la chasse est de nouveau autorisée, sous réserve du respect d’un certain nombre de précautions plus illusoires les unes que les autres.

Il s’agit, pensent les écologistes du World Wildlife Fund (WWF) et beaucoup de gens qui sont moins militants mais tous aussi intéressés à la question, d’un véritable scandale. Nous parlerions pour notre part d’un crime contre l’humanité car les pays chasseurs, le Japon en tête, se ravalent ainsi au rang des pires égorgeurs de la planète. Ceci aux dépends d’espèces dont les scientifiques soulignent à l’envie l’intelligence et la sensibilité.

Il est vrai que l’IWC n’a rien d’international ou plutôt de représentatif. Initialement elle était constituée de représentants des nations chassant la baleine, réunis pour tenter de policer la chasse. N’importe quel pays peut y entrer et disposer d’une voix, pourvu qu’il paye un droit ou que quelqu’un d’autre le verse pour lui. C’est d’ailleurs en recrutant des « amis de la baleine » que Peter Scott, alors président du WWF, avait pu obtenir la décision de 1986. Les Japonais ont retenu la leçon et ont fait entrer plus de 30 nouveaux membres « amis de la chasse » (dont Israël, honte à lui).

La question qu’il faut se poser concerne la plus que grande passivité des pays européens. L’Europe veut se donner une politique internationale de la mer. Elle commence bien mal, sous prétexte sans doute de ne pas faire de peine à la Norvège. Tout ceci à de quoi écoeurer. Pourquoi ne pas, au moins, saisir l’ONU ? 21/06/06

* IWC http://www.iwcoffice.org/
* WWF http://www.worldwildlife.org/


Trahison à EADS?

Des millions d'Européens, dont je suis et que je me refuse à traiter de naïfs, admiraient les réussites de Airbus et de sa maison-mère EADS. Ils y voyaient la preuve que l'Europe peut encore tenir une place de premier rang dans les nouvelles technologies et les nouvelles industries. Des milliers de travailleurs, par ailleurs, se passionnaient de participer à une grande oeuvre où ils s'impliquaient à fond, y compris chez les trop nombreux sous-traitants, professionnellement, personnellement et familialement. Les uns et les autres ne peuvent que se sentir trahis par ce que nous voyons actuellement: un management supérieur incapable de gérer la coopération franco-allemande qui faisait l'originalité du groupe, incapable de résister aux hommes politiques et gouvernements (au gouvernement?) qui veulent utiliser les ressources de l'entreprise pour leurs stratégies de pouvoir, incapables enfin, si l'affaire se révèle fondée, de résister aux tentations de faire de gros profits personnels aux dépens de l'entreprise. Mais que dire des hommes politiques qui ont eu l'inconscience d'aller chercher des complices de leurs manipulations à la direction générale elle-même du groupe EADS?

Qui en profite? Boeing évidemment, les américanistes et déclinistes européens aussi. Certes Boeing a eu des comportements tout aussi critiquables. Mais il en est sorti. Après d'ailleurs un lavage de linge sale qui a été public. Airbus et EADS vont-ils se redresser? Des règles de gouvernance plus saines vont-elles être adoptées. Une plus grande clarté sera-t-elle assurée. Espérons-le. Mais ce sera dans les semaines à venir qu'il faudra agir. 17/06/06

Publié dans gazetadmiroutes

Pour être informé des derniers articles, inscrivez vous :

Commenter cet article