Jean-Paul Baquiast
Un livre de Jean-Paul Baquiast (en librairie
fin mai 2008)
"L'Europe ou le vide de puissance. Essai sur le gouvernement de l'Europe au
siècle des super-Etats"
J.P. Bayol Editions
Site du livre chez l'éditeur, avec présentation, table des matières et annexes
http://www.editions-bayol.com/Europe/plan.php
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Le livre précédent de Jean-Paul Baquiast (en librairie)
Pour un principe matérialiste
fort
Essai
Jean-Paul Bayol Editions
300 pages - ISBN : 978-2-916913-00-1
Site du livre chez l'éditeur http://www.editions-bayol.com/PMF
Présentation
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Regards sur le mois de février 2009
La crise financière et économique s'aggrave, certains prévoient un effondrement général du monde dit développé, mais il ne semble pas que les gouvernements ni les « experts » qui sont censés les
conseiller soient décidés à proposer le changement global de politique qui s'imposerait pour écarter les menaces. En pratique, prétextant de la globalité des problèmes, chaque niveau de
responsabilité, national, européen et mondial rejette sur les autres les prises de décisions nécessaires. Février a fait apparaître de grands problèmes qui pourraient relever de mesures
immédiates, mais celles-ci sont encore rejetées à plus tard.
Si l'on en croit certaines analyses, le temps presse pourtant, bien plus que l'on imagine. Le milieu de l'année 2009 pourrait donner le signal d'un collapse général frappant tous les pays développés.. Nous y faisons allusion sur ce site. Même si l'effondrement possible de nos civilisations ne se produit pas à cette date, les urgences s'accélèrent. Il est donc particulièrement scandaleux de voir, pour ce qui concerne l'Europe et la France elle-même, que les gouvernements ne prennent pas immédiatement les mesures palliatives globales qui sont à leur portée. Si ces mesures, par leur complexité, demandent des études préalables conjointes, encore faudrait-il les envisager, c'est-à-dire mentionner le besoin et proposer des pistes novatrices. Le mois de février a donné plusieurs exemples de ce qu'il faudrait entreprendre et que l'on reporte à plus tard.
Les révoltes populaires aux Antilles françaises.
Nous avons montré dans un article très lu (google dixit) que ces révoltes, loin d'être terminées, sont le prototype de ce qui se passera bientôt dans toute l'Europe au niveau des banlieues
urbaines et de certaines régions défavorisées. Il est illusoire de penser que des populations supporteront longtemps dans le calme une marginalisation à base ethnique et culturelle. Cette
marginalisation se traduit par le fait que les activités réellement productives leur sont interdites en pratique. Les jeunes citoyens, même diplômés, demeurent chômeurs. Ne leur reste plus que
les activités illicites sinon criminelles. Or dès maintenant, des chantiers pourraient être ouverts, sur financement et avec la protection économique des gouvernements, pour réinsérer ces zones
dans la production des valeurs économiques et sociales nécessaires non seulement à leur réinsertion mais à la société toute entière : agricultures locales, technologies vertes, habitat repensé,
etc.
Aux Antilles, les représentants du gouvernement français, particulièrement absents, n'ont rien dit de tel. Si de nouvelles crises éclatent dans nos banlieues le discours ne changera pas. On enverra des forces de gendarmerie. Veut-on la guerre civile, afin de renforcer l'ordre répressif ?
La révolution de l'agriculture biologique
Dans le même esprit, mais en étendant l'approche, tous les experts de la lutte contre la destruction de la planète et l'explosion des inégalités savent que passer des agricultures productivistes
à des agricultures biologiques résoudrait de nombreux problèmes, environnementaux et sociaux. La chose est vraie aussi bien en France, pays d'agriculture moderne, que dans le tiers monde.
L'agriculture productiviste emploie 2 à 3% de la population française active. Une agriculture biologique pourrait en employer à terme au moins 10 à 15%. Ses coûts seraient largement compensés par
la diminution des dépenses en carburants et intrants chimiques, avec des bénéfices induits non comptabilisés actuellement portant sur l'environnement et les modes de vie dits ruraux.
Le salon de l'agriculture qui vient de se terminer n'a malheureusement pas vu les responsables politiques français y tenir ce discours. On aurait très bien pu imaginer cependant un Nicolas Sarkozy annoncer que la France proposerait à l'Union européenne des politiques expérimentales en faveur de reconversions à grande échelle vers l'agriculture biologique. Ceci aurait un plus grand écho, et plus porteur, que le « casse-toi... » de l'année dernière.
La révolution industrielle dans l'automobile
Tous les pays dotés d'une industrie automobile veulent actuellement la préserver, ce qui se justifie. Mais il n'est pas possible de le faire à l'identique. En Europe, il n'est pas possible non
plus de le faire seul. Une véritable révolution industrielle s'impose dans ce secteur, doublée de changements profonds dans les habitudes de consommation. Là encore, le dernier Salon de
l'automobile, à Paris, aurait été l'occasion d'esquisser des solutions communes entre européens: par exemple l'annonce d'une Agence européenne de l'automobile verte, dotée de moyens suffisants
pour intéresser non seulement les industriels du secteur, mais d'autres potentiellement intéressés. Nous ne formulons cette proposition ici que pour fixer les idées, mais d'autres solutions
collectives seraient certainement possibles, plutôt que fâcher les Tchèques à propos des délocalisations dont ils ont bénéficié, en toute légalité vis-à-vis du droit européen.
La réforme du capitalisme bancaire et financier
Que ce soit pour réformer ou supprimer le capitalisme financier mondial, des mesures précises font dorénavant l'accord – verbal – des experts et des gouvernements. Sur invitation d'Angela Merkel,
les pays européens du G20 (France, Grande- Bretagne, Allemagne Italie) accompagnés de l'Espagne et des Pays-Bas se sont réunis, dans la formule dite du G4, le 22 février à Berlin pour dépasser
leurs divergences et poser les bases d'une nouvelle régulation financière mondiale. A l'issue du sommet, les différents acteurs sont parvenus à s'accorder sur une position commune malgré les
réticences initiales de Gordon Brown, soutenant le rôle mineur des "hedge funds", fonds spéculatifs à risque. Cette position devrait être défendue lors du G20 en avril.
Mais qui dit position commune ne dit pas action commune. Si les pays européens estiment par exemple que des autorités de régulation s'imposent, ils se gardent bien de faire ce qu'ils pourraient
faire en ce sens sans même attendre le G20 : mettre en place une régulation commune. Laisser la régulation à la responsabilité de chacun des 27 Etats n'a aucun sens. La position de l'Europe
serait autrement forte au G20 si, à propos de la surveillance des spéculations boursières et bancaires, du refus des paradis fiscaux, du plafonnement des rémunérations des dirigeants et traders,
du renforcement du FMI, ils décidaient dès maintenant de mesures communes. C'est ce que fait d'ailleurs en ce moment aux Etats-Unis leur modèle tant vanté, Barack Obama.
A supposer qu'un tel accord entre les 27 ne soit pas immédiatement réalisable, là encore, un Nicolas Sarkozy qui se veut activiste de la construction européenne aurait très bien pu le demander à grands cris, et décider de mesures initiales en ce sens s'appliquant en France. Les autres auraient réagi positivement. On ne l'a pas entendu. On ne perçoit au contraire en France à ce sujet que la polémique bien inutile à propos d'une nomination de dirigeant bancaire.
La faillite en préparation des Etats de l'Europe centrale et orientale
Parallèlement aux questions qui seront évoquées au G20 se pose une question tout aussi grave pour l'avenir de l'Europe et de la zone euro, l'aide qu'il conviendrait que les Etats dits riches de
l'Eurogroup apportent aux Etats, membres ou pas de cette zone, qui se noieront dans les mois suivants si rien n'est fait. Nous y avons consacré un premier article, qui sera certainement suivi de
beaucoup d'autres. Mais il ne suffira pas d'aider, il faudra demander des contreparties afin de moraliser et régulariser la concurrence, pour ne pas dire le dumping, que ces « petits » Etats
imposent aux grands. Ce seraient les accords de Maëstricht et peut être aussi certaines clauses du futur traité européen qu'il faudrait renégocier. La tâche serait importante et riche de
contestation. Mais qu'attendent les Sarkozy et Merkel pour commencer à en parler ? Que des dictatures militaires se soient réinstallées dans les Etats ex-communistes ?
L'augmentation des investissements européens dans la formation et la recherche
Tout le monde admet dorénavant que l'Europe, pour survivre, devra re-développer son industrie. Mais pour ce faire, comme plus reprendre la tête des nations scientifiquement avancées, elle a
besoin de re-développer également ses laboratoires et ses facultés. Des objectifs généraux, quantitatifs et qualitatifs, doivent être non pas proposés mais imposés à chaque pays par les
institutions européennes. Aucun chef d'Etat, malheureusement, ne se hasarde à en traiter. L'appauvrissement de la recherche, publique et privée, s'accélère donc alors que les économies asiatiques
mettent les bouchées doubles (sans parler des Etats-Unis ou Barack Obama compte sur ce levier pour rendre sa grandeur à l'Amérique).
En France, dans le même temps, le gouvernement, par un aveuglement touchant à l'ineptie, continue à ferrailler contre l'Université et l'école soit disant pour « économiser » quelques milliers de postes, sans doute en réalité, comme le soupçonnent les universitaires et scientifiques, pour affaiblir des contre-pouvoirs de fait jugés dangereux.
L'aveuglement et l'entêtement
Devant de telles carences au niveau des pouvoirs, on peut légitimement s'interroger sur la compétence des gouvernements européens. Les dirigeants manquent-ils de la culture systémique qui leur
donnerait la force de s'engager dans les changements profonds qui s'imposent ? Dans ce cas, ils ne verraient pas clairement ce qu'ils pourraient faire pour abandonner les politiques qu'ils
avaient décidé d'appliquer avant la crise et s'engager dans des voies radicalement nouvelles. Mais l'incompétence ne saurait pas tenir lieu d'excuse.
S'agit-il au contraire de faiblesse et de populisme ? Les voies de sortie de crise, à supposer qu'ils pressentent ce qu'elles pourraient être, leur paraissent-elles devoir susciter des oppositions si nombreuses qu'ils préfèrent s'en remettre à ce que l'histoire décidera...c'est-à-dire en fait à la politique du pire ?
Dans certains cas, par rigidité psychologique, par un sens exacerbé d'avoir toujours raison, ils refuseraient de se déjuger. C'est bien le cas de Nicolas Sarkozy qui se cramponne toujours au trop célèbre paquet fiscal et à sa politique de prétendues réformes alors que les évènements récents imposeraient des changements de cap radicaux. Mais en cherchant bien, il serait possible de faire les mêmes reproches à des dirigeants supposés plus pondérés, tel Gordon Brown et Angela Merkel. Les mois prochains diront si les uns et les autres ont vraiment l'étoffe des chefs d'Etat dont les citoyens européens – mieux avertis que ne le pensent les agences publicitaires poussant sans désemparer à une consommation sans frein – auraient cruellement besoin 28/02/2009.
Sélection d'articles publiés sur le site Europe solidaire en février
Non à l'Otan. Non aux Etats-Unis. Non à la tutelle d'une puissance de plus en plus dangereuse.
Il paraîtra dérisoire de lancer cette protestation au moment où Nicolas Sarkozy se prépare à officialiser le retour de la France dans l'organisation. Nous le faisons néanmoins pour prendre date.
En notre nom, mais aussi en celui de nombreux correspondants qui, issus ou pas de la majorité, nous disent ne pas oser s'opposer ouvertement à la décision, du fait de la réserve s'attachant à
leur statut. (...)
Changement de route à l'Asean
Les dirigeants des pays membres de l'Association des Etats de l'Asie du Sud-Est (Asean) comprenant aussi l'Australie et la Nouvelle Zélande, se sont réunis du 27 février au 1er mars en Thaïlande
pour un 14e sommet. Les objectifs de cette conférence étaient loin d'être routiniers. Il s'agissait d'examiner la faisabilité d'un changement de route complet des politiques économiques des
géants de la région. (...)
L'Union européenne doit protéger tous ses membres. Mais ceci impliquera les mêmes devoirs pour tous
Le dernier G4 européen (Berlin 22 février), préparatoire au G20 d'avril, a vu son agenda bousculé par l'aggravation de la crise financière touchant les économies d'Europe centrale et orientale
(ex PECO). Les Pays « riches » de l'Union sont pressés, y compris par le FMI, d'intervenir au secours de leurs collègues. Pourquoi pas, si l'unité future de l'Europe est à ce prix ? Mais il
faudrait traiter cette question majeure avec la hauteur de vue qui s'impose. L'Europe ne peut plus tolérer en son sein des irresponsables qui jouent sur tous les tableaux. (...)
2009, année de dislocation
Le LEAP/2020 se présente comme un groupe d'experts européens indépendants qui étudient les crises internationales et leurs évolutions. Ils éditent une lettre d'information trimestrielle sur
abonnement censée informer les grands décideurs. Leurs diagnostics ont toujours été très sombres - voire disent certains dangereusement alarmistes. Il reste que la crise économique et financière
qu'ils avaient prévue dès 2006 s'est bien réalisée. Aujourd'hui, le dernier bulletin publié par eux annonce que si les grandes puissances ne maîtrisent pas la crise lors du prochain G20, des
guerres civiles se déclencheront très rapidement, aux Etats-Unis, au Japon et en Europe. (...)
Consensus sino-américain, mais pour quoi faire et pour combien de temps?
La visite d'Hillary Clinton, en Chine, les 21 et 22 février, symbolise l'évolution actuelle de la politique extérieure des Etats-Unis. Le thème sous-jacent de ce déplacement fut la crise
économique et la principale demande américaine concerne la poursuite du soutien financier de la Chine par l'achat de bons du trésor. Mais ne s'agit-il pas d'une politique à courte vue? (...)
Réunion du Programme des Nations Unies pour l'Environnement à Nairobi le 16 mars
A l'exemple de la Chine, qu'attendent des gouvernements nationaux européens encore englués dans des intérêts industriels archaïques pour s'entendre enfin sur un plan coordonné de relance verte de
500 milliards d'euros, susceptible de créer de créer non seulement des emplois durables mais aussi des biens matériels et immatériels eux-mêmes durables ? (...)
Guadeloupe, Martinique? miroirs pour l'Europe
On dira qu'il n'y a pas de rapport entre la crise qui s'éternise aux Antilles françaises et la situation de crise latente qui menace l'ensemble des sociétés européennes. Nous pensons au contraire
que, au delà de différences indiscutables, ces deux crises sont des crises de société, exprimant des réalités profondes communes. Elles sont volontairement niées par les « élites » au pouvoir.
Elles exigeraient des réformes radicales, si l'on voulait éviter les explosions. (...)
La responsabilité de la grande distribution (GD) dans la perte de la puissance économique européenne.
On considère généralement les enseignes de la grande distribution et du commerce en Europe (Tesco, Carrefour, Leclerc, H&M, M&S, IKEA,...) comme contribuant à la puissance économique du
continent, dont bénéficieraient tous les citoyens européens. C'est ainsi que l'on cite les performances nationales et internationales de ces entreprises. Mais il faudrait y regarder à deux fois.
Elles sont en train de devenir des facteurs essentiels de perte de puissance. (...)
Conférence sur la sécurité de Munich le 7 février. Les mots et les réalités
La conférence internationale tenue à Munich le 7 février a vu s'affronter, sous des mots se voulant neufs, des réalités géostratégiques qui ne marquent pas de grands changements. La position de
la France en sort plus confuse que jamais. Quant à la défense européenne, elle n'a marqué aucun progrès de fond. (...)
Esquisse d'une Evaluation des risques menaçant l'Europe dans la décennie
L'état d'esprit des pays européens relativement à leur sécurité et aux moyens à y consacrer changera - nous serions tentés de dire presque nécessairement - quand sous la pression des
développements de la crise systémique affectant le monde tout entier, ils seront conduits à mieux évaluer les risques pesant sur eux. Cet article propose certains arguments justifiant une défense
européenne en propre (sans liens avec l'Otan). (...)
Relance par l'investissement ou par la consommation ?
La relance en Europe doit-elle porter sur l'investissement ou sur la consommation ? Il est aberrant de constater que dans ce débat, les pires niaiseries continuent à circuler dans les médias,
encouragées il est vrai par l'indécision et l'irresponsabilité des gouvernants. (...)
L'honneur perdu de l'Amérique
L'éditorialiste américain William Pfaff, dont personne ne discute le talent et l'honnêteté, était au Forum économique de Davos. Il y a constaté la chute brutale de l'image de l'Amérique.
(...)
Après le Forum social de Belem
Le Forum social de Belem s'est tenu simultanément avec le Forum économique de Davos. Il a rassemblé plus de 100.000 participants, dans un foisonnement de commissions et de propositions qui font
la vigueur de l'altermondialisme mais qui rendent aussi ses messages difficilement lisibles pour ceux qui n'essayent pas d'en valoriser l'esprit général. Il se trouve cependant que c'est à Belem
et non à Davos qu'ont été faites les propositions les mieux à même de combattre la crise systémique actuelle. (...)
Enseignement de la grève du 29 janvier. Refonder la société globale.
La tradition française
La grève générale réussie du 29 janvier, qui a mobilisé un nombre inusité de manifestants, devrait mettre en évidence aux yeux des Français d'abord, mais peut-être aussi des Européens, un certain
nombre de réalités qu'il n'est plus désormais possible d'éviter par des mesures partielles ou de prétendues « réformes ». Elles imposent un retour au concept de service public et son extension à
l'ensemble des économies mondiales. (...)
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