Gazette d'Admiroutes N° 141-1 du 26 mai 2006

Publié le par Jean-Paul Baquiast

Retrouver ce numéro sur notre site à http://www.admiroutes.asso.fr/lagazette/06-14105/index.htm

 


 A voir aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:

* Renaissance de la Recherche/développement en Allemagne http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/73/edito.htm
*
Publiscopie. Présentation de Collapse, par Jared Diamond (signalé) http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/73/jared.htm
* Vaccin possible contre la grippe aviaire humanisée http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2006/73/actualite.htm#actf

 Possible rachat de SAP par un groupe américain

Hasso Plattner, cofondateur du n° 1 mondial des progiciels d'entreprises, l'allemand SAP, a confié à Financial Times Deutschland du 19 mai (voir en allemand http://www.ftd.de/technik/it_telekommunikation/74893.html ) qu'il envisageait sereinement une fusion, en fait un rachat par IBM, Microsoft ou Google. Ce sera aux actionnaires de décider. Herr Plattner déplore certes que l'Europe n'ait pas su faire l'Airbus des technologies de l'information qui manque à son indépendance. Nous aussi. Mais à défaut, cela ne le gène pas de renforcer l'hégémonie américaine. Inutile de préciser que la société américaine grâce à SAP dominera les progiciels d'entreprises disposera de précieuses entrées dans ces entreprises elles-mêmes...ainsi bien entendu que les services dits pudiquement d'intelligence économique qui s'intéressent aux activités desdites. Vive l'Amérique. Encore et toujours. 20/05/06


Le Forum "La nouvelle critique sociale"

Le cercle de réflexion La République des Idées et l'Association Solidarités Actives ont organisé à Grenoble les 12, 13 et 14 mai un forum sur le thème de la Nouvelle critique Sociale. Le Monde et France Culture ont donné leur appui à cette manifestation. Le Monde a publié dans son numéro du 20 mai un dossier constitué d'articles d'un certain nombre d'orateurs. Une centaine de chercheurs et d' "acteurs sociaux" ont participé aux réunions. Pour ceux - hélas l'immense majorité des Français - qui n'étaient pas présents à Grenoble, quelques informations peuvent être trouvées sur Internet. J'ai consulté en bonne logique le site de La République des idées http://www.repid.org/presentation-du-forum/ et celui de Solidarités Actives http://www.solidarites-actives.com/ . A ma connaissance, il n'y a rien de pertinent sur ce dernier site. C'est La République des Idées qui présente le plus d'informations, complétées de blogs divers. Surprise, quelques considérations sur la recherche scientifique en France ont même été présentées (voir http://www.repid.org/category/la-recherche-en-france/) Mais d'une façon générale, on sent que les organisateurs comme les intervenants sont plus à leur aise dans l'ancienne culture des salles de conférences et des articles de presse que dans la communication par Internet. Un bon article dans Le Monde où une demi-heure à France Culture sont en effet plus gratifiants pour les auteurs que l'obscur travail sur Internet. En fait, il faudrait conjuguer les deux. Mais c'est tout un métier qui reste à apprendre. L'équipe de Ségolène Royal s'y essaye avec un certain succès, pour le moment. Voir par exemple ce qu'elle retient des 600 contributions reçues par son site sur le thème du téléchargement. C'est clair et néanmoins nuancé, compte tenu de la complexité du sujet http://www.desirsdavenir.org/index.php?da=10&debat=66 . Pourvu que ce travail en profondeur se poursuive. 20/05/06


La Chine va-t-elle s'asphyxier au point de bloquer sa croissance?

Les craintes plusieurs fois exprimées concernant le risque d'une pollution atmosphérique susceptible de bloquer la croissance chinoise sont réactivées en ce moment. La Chine vient de supporter la pire des tempêtes de poussière enregistrées ces dernières années. Un 1/8 du territoire, selon la Station Météorologique Centrale, a été recouvert d'une épaisse poussière brune, venant des plaines de la Mongolie Intérieure et de la Chine du Nord-Ouest. Pékin n'a compté que 56 jours de ciel clair en 2006, 16 de moins qu'en 2005. La Banque Mondiale affirme que 16 des 20 villes les plus polluées au monde se trouvent en Chine. Malgré les efforts entrepris depuis quelques années pour diminuer les rejets polluants, la rapidité de la croissance, reposant sur des sources d'énergie et des industries obsolètes, multiplie les émissions de SO2 (pluies acides), d'oxydes d'azote NO et de PM10 (particules). Il s'agit d'un désastre social qui affecte les populations les plus pauvres, celles qui ne bénéficient pas de la croissance.

Mais, comme l'a noté Jared Diamond dans l'ouvrage que nous référons par ailleurs, la combustion des charbons n'est pas seule en cause. Une désertification provoquée par des pratiques agricoles désastreuses pour la couverture végétale initiale continue à faire des ravages. Le nord du pays est soumis comme indiqué ci-dessus aux "dust bowls" ou tempêtes de poussière qui affectent au moins 50 millions d'hectares. Le gouvernement tente de combattre le phénomène en plantant massivement une "grande muraille verte" sur des centaines de kilomètres. Mais on s'interroge sur son efficacité, d'autant plus que cela consommera une eau déjà rare dans ces régions.

Le coût en termes de santé publique risque de croître astronomiquement dans les 15 prochaines années, ce qui ruinera les bénéfices du développement. On estime actuellement que 50.000 décès sont dus aux maladies respiratoires, tandis que 400.000 personnes souffrent de troubles chroniques graves. En 2020, selon la Banque Mondiale, 13% du PNB prévu, soit $400 milliards, sera consacré à soigner ces maladies. Rien pourtant ne permet de prévoir un arrêt du phénomène, compte tenu des prévisions d'utilisation de charbon et de pétrole publiées par le Bureau central Statistique de Chine, ainsi que celles relatives au développement des transports terrestres. Une équipe d'environnementalistes de Hong-Kong dirigée par le Pr. Yi ne voit venir aucune amélioration avant 2020, même compte tenu d'une augmentation des efforts faits notamment pour diminuer les rejets de soufre à partir de la combustion des charbons de mauvaise qualité.

Il va donc falloir que quelque chose se passe pour arrêter un mécanisme d'où pourrait résulter à terme l'effondrement du système économique et même du régime politique. Mais quoi? Nul n'en sait rien pour le moment, surtout pas le pouvoir. Les Etats-Unis, il est vrai, n'ont pas de leçons à donner. Ils demeurent le pays le plus polluant du monde, avant même la Chine. Ils produisent moins de sulfures, mais davantage d'éthane, propane et CO2, ainsi que d'ozone (Atmosphéric Environment, vol. 40, p. 2607, à paraître). La Chine, il est vrai, ne va pas tarder à les rejoindre dans le palmarès des destructeurs de l'air respirable du monde, auxquels aucun continent ne peut échapper. 20/05/06


La docilité à l'égard de l'Amérique redevient d'actualité en Europe

Le gouvernement Bush a beau donner l'impression de s'engager dans des politiques de plus en plus aventureuses et dangereuses, la déférence, pour ne pas dire la docilité et le suivisme à l'égard des Etats-Unis sont redevenus le réflexe dominant des Européens. La France, dont avait cru attendre mieux, a renoncé à toute manifestation même verbale d'indépendance, empêtrée dans les difficultés accumulées par son gouvernement, sa politique industrielle et sa politique étrangère. Ceci se paye évidemment en termes d'influence diplomatique et militaire, aux dépends de l'Union européenne toute entière. Laurent Zecchni, dans un article du Monde en date du 13 mai 2005, l'a indiqué clairement concernant l'effacement de l'Europe de la défense face à une Otan que l'on avait cru moribonde, mais qui reprend de l'importance en fonction des recul de la première. Il rappelle que l'Europe de la défense existe sur le papier ou plus exactement en théorie. Elle dispose " d'une force de réaction rapide et de 13 « groupements tactiques » de 1 500 hommes, d'un quartier général européen naissant, d'une Agence de défense, d'une force de gendarmerie européenne, d'un collège, d'un Institut d'études et d'une doctrine de sécurité, etc." Mais en l'absence de l'autorité d'un ministre européen des affaires étrangères, que prévoyait le traité constitutionnel et que le rejet de celui-ci a condamné pour une durée indéterminée, il ne s'agit guère là que de sabres de bois.

On ne dira jamais assez le drame qu'a été pour l'Europe le Non de la France et de la Hollande au référendum sur le traité, ni la culpabilité historique de ceux qui ont tout fait pour promouvoir ce vote. Le résultat est que chaque Etat, aujourd'hui, que ce soit sur le plan diplomatique ou économique, joue seul sa carte. Même les grands Etats européens ne disposent ce faisant que de moyens de plus en plus réduits, rongés par la prétendue nécessité de faire des économies face à l'accroissement de la dette. C'est évidemment l'Amérique qui en profite, pour qui les Européens ne sont que des pions jetables dans leurs stratégies anti-russe, anti-chinoise et pour le renforcement de leur domination sur le moyen-orient.

Concernant l'Otan, comme l'écrit Laurent Zecchini, les Etats-Unis sont plus que jamais décidé à étendre son rôle et ses missions. Les Européens, notamment à l'Est, en profitent pour lui déléguer leurs soucis de protection. " A l'est du continent, son mécanisme de défense collective est toujours considéré comme une garantie de sécurité face à un voisin russe qui n'inspire pas confiance. A l'Ouest, bien des pays ont pris l'habitude de lui confier la responsabilité de leur sécurité, ce qui leur a permis d'économiser leurs crédits militaires, au détriment de l'Europe de la défense". L'Otan est si commode pour le Pentagone, comme réserve de forces d'appoint, que les Américains ne cessent de vouloir l'élargir. " Au sommet de Riga, en novembre, la Croatie, la Macédoine et l'Albanie seront encouragées dans leur candidature à l'Alliance, à la porte de laquelle frappent déjà l'Ukraine, la Géorgie, voire la Moldavie. Les Américains veulent aller au-delà des 26 membres de l'Alliance et des 20 pays du Partenariat pour la paix, qui en est l'antichambre. Le 28 avril à Sofia, une première discussion s'est déroulée sur les « nouveaux partenariats » que, selon les voeux de Washington, l'OTAN doit nouer avec l'Australie, la Nouvelle-Zélande, voire le Japon et la Corée du Sud".

Certes, les alliés historiques des Etats-Unis dans la guerre froide - dont certains veulent faire croire qu'elle renaît à l'occasion des réactions justifiées des Russes face aux rodomontades américaines récentes - s'inquiètent de ne pas rester seuls avec le grand frère dans l'Otan. Mais le grand frère n'en a cure. Seuls comptent ses intérêts mondiaux, dont la composante militiaire n'est qu'un aspect de la composante économique et politique. Si l'Otan s'élargit, les Etats-Unis y trouveront de nouveaux arguments très puissants pour imposer hors d'Europe leurs choix en matière de matériels militaires et de normes industrielles.

Ils ne gagneront certes pas à tous les coups. On le voit actuellement aujourd'hui dans le domaine, il est vrai encore marginal, des achats militaires du Vénézuéla. Le président Chavez, désormais considéré à Washington comme un "terroriste", n'a pas obtenu des Européens, sous la pression américaine, qu'ils assurent la maintenance de ses avions américains. Les Européens, la France en particulier, qui auraient pu lui fournir de bons matériels neufs, Eurofighters et mieux encore Rafales, se tiennent cois. Ceci laisse la porte grande ouverte à la Russie. Celle-ci, sollicitée par Chavez, devrait entamer des négociations pour la livraison d’avions de combat Sukhoï Su-35. Ainsi le marché latino-américain de la défense s'ouvrira politiquement aux Russes, au détriment des Américains (on ne pleurera pas sur leur sort) mais aussi des Européens et de la France en particulier. Fidélité à l'Otan oblige. 20/05/06


L'Europe aura-t-elle besoin dans 15 ans d'un long-courrier supersonique?

Les avocats du déclin et de l'impuissance européenne expliquent que de tels avions sont des machines à dépenser de l'argent au profit des industriels, qu'ils ne répondent à aucun besoin sociétal et que, par ailleurs, ils sont mortels pour l'environnement. Mais les technologies ont évolué depuis le Concorde. Les nouveaux matériaux et les nouveaux modes de propulsion répondent en grande partie à ces objections. De plus, comme d'ailleurs l'a été le Concorde, un futur long courrier supersonique permettra d'entraîner d'innombrables progrès technologiques qui se retrouveront dans l'ensemble du secteur aéro-spatial. Ou bien alors l'Europe abandonne toutes ambitions dans ce secteur, condamnant du même coup Airbus, Ariane, Dassault et les autres, ou bien elle développe elle aussi son supersonique.

Je dis elle aussi, car l'Agence spatiale japonaise, la JAXA, vient d'annoncer (Nihon Keizai du 7 mai, relayé par Le Monde du 9 mai) qu'elle et plusieurs groupes nippons envisagent de travailler avec la NASA et Boeing pour mettre au point un supersonique capable de relier, à compter de 2020, Tokyo à Los Angeles en cinq heures. Le détail de cette collaboration devrait être présenté en juin de cette année. Il apparaît que la partie japonaise se concentrera sur différents aspects technologiques, comme la motorisation (avec le groupe Ishikawajima-Harima Heavy Industries) et peut-être les ailes, tandis que les Américains devraient travailler l'ensemble.

Ceci devrait alerter les industriels et les gouvernements européens. Non seulement Boeing n'a pas renoncé au créneau du supersonique, mais les industriels japonais sont désormais capables de s'aligner dans la course. La collaboration USA-Japon serait meurtrière pour les Européens et, secondairement, pour les Russes, Chinois et Indiens, si du moins elle ne s'étend pas à ces derniers. Il est déjà prévu qu'en 2012 les deux parties feront voler un prototype d'avion sans pilote. 17/05/06


Universités françaises...devenons enfin sérieux

Cette chronique a de nombreux correspondants enseignants et chercheurs dont certains tout à fait situés à gauche politiquement, qui partagent l'avis d'un article du Nouvel Economiste en date du 11 mai 2006, titré "Universités, l'enlisement suicidaire". Ils me demandent de le dire. Je le fais d'autant plus volontiers que c'est aussi mon point de vue. Dans la liste des maux qui "paralysent" l'Université et qu'il faudrait enfin se résoudre à abandonner, quitte à remettre dans un premier temps une jeunesse mal informée dans la rue, le journal mentionne en priorité la non-sélection à l'entrée, la gratuité des études (étant entendu que des bourses devraient compenser, comme en Grande Bretagne, les frais d'inscription) et la centralisation de la gestion qui ne permet pas l'autonomie et l'émulation. Le PS, pour ce qui le concerne, devrait avoir le courage d'expliquer que s'accrocher à des vieilles lunes d'un gauchisme démagogique tue à petit feu l'enseignement supérieur et la recherche, tout en décourageant l'arrivée d'étudiants et d'enseignants européens et étrangers dont nous aurions plus que jamais besoin. Les fans de Ségolène Royal, nombreux autour de moi, aimeraient l'entendre sur ce sujet. 17/05/06


La fin de l'Internet gratuit?,

Je lis ceci dans le journal américain The Nation http://www.thenation.com/doc/20060213/chester

"The End of the Internet?
by JEFF CHESTER

The nation's largest telephone and cable companies are crafting an alarming set of strategies that would transform the free, open and nondiscriminatory Internet of today to a privately run and branded service that would charge a fee for virtually everything we do online.

Verizon, Comcast, Bell South and other communications giants are developing strategies that would track and store information on our every move in cyberspace in a vast data-collection and marketing system, the scope of which could rival the National Security Agency. According to white papers now being circulated in the cable, telephone and telecommunications industries, those with the deepest pockets--corporations, special-interest groups and major advertisers--would get preferred treatment. Content from these providers would have first priority on our computer and television screens, while information seen as undesirable, such as peer-to-peer communications, could be relegated to a slow lane or simply shut out.

Under the plans they are considering, all of us--from content providers to individual users--would pay more to surf online, stream videos or even send e-mail. Industry planners are mulling new subscription plans that would further limit the online experience, establishing "platinum," "gold" and "silver" levels of Internet access that would set limits on the number of downloads, media streams or even e-mail messages that could be sent or received.

Arrêtons là la citation. On peut se demander si de tels projets ont des chances d'aboutir aux Etats-Unis, où la population reste très attachée à la gratuité du Net. Mais si la démarche envisagée se concrétisait en Amérique même, quel serait son impact sur le reste du monde, étant donné que l'essentiel des messages de l'Internet, quels qu'en soient les auteurs, transitent par des routeurs américains? 17/05/06


L'affaire Clearstream, révélatrice, mais de quoi ?

On parle actuellement, abondamment et à juste titre, de l'affaire Clearstream (Clearstram1), elle-même suivie de ce que l'on a appelé l'affaire dans l'affaire ou Cleastream2. L'affaire Cleastream1 concerne principalement le monde de la finance et des institutions, au plan non seulement français mais européen et international. Pourquoi une chambre de compensation interbancaire informatisée, dont l'utilité est indéniable, en serait-elle venue à servir des opérations non seulement occultes mais illégales. La question a été exposée, avec un courage certain, par le journaliste d'investigation et écrivain français Denis Robert, dans deux livres devenus à juste titre des best-sellers, Révélation$ en 2001 et La Boîte noire en 2002 (Editions Les Arènes). Les contenus de ces livres et la suite donnée par Denis Robert sous le titre «La domination du monde» sont consultables dans le blog éponyme ouvert depuis par l'auteur http://www.ladominationdumonde.blogspot.com/. Ce blog, comme ceux offerts récemment par divers journaux, permettent aux citoyens de discuter du sujet de l'économie souterraine et de contribuer à se former une opinion sur un dossier combien obscure. Bien évidemment, il faut utiliser les informations de ces diverses sources avec l'esprit critique qui s'impose, mais il ne faudrait pas, comme certains naïfs seraient tentés de le faire, tout rejeter en bloc. D'ailleurs, accueillies initialement avec suspicion, ces informations ont été examinées par la commission parlementaire française présidée par le député Vincent Peillon consacrée en 2002 au blanchiment de l'argent sale (voir notamment le livre de ce dernier Les milliards noirs du blanchiment, Hachette, 2004). Les révélations d'Yves Robert ont fait l'objet de diverses plaintes en justice. Clearstream a obtenu des jugements l'innocentant de l'accusation de complicité de blanchiment, mais de telles opérations peuvent se produire à son insu compte tenu de l'anonymat de beaucoup de transactions. Rien ne permet donc de rejetter a priori les accusations rapportées par Debis Robert. Nous conseillons au lecteur de consulter sur cet historique et les sources les articles consacrés à Clearstream par l'encyclopédie Wikipedia, notamment le site http://fr.wikipedia.org/wiki/Clearstream#Sources dont le sérieux et l'utilité sont une fois de plus à louer.

En revanche, l'affaire dans l'affaire Clearstream (Clearstream2) paraît principalement française. Elle intéresse directement le monde politique. Elle concerne aussi la façon dont les services publics, notamment les services de renseignement et la magistrature, peuvent être utilisés par le pouvoir politique, d'une façon échappant à la transparence démocratique qui serait souhaitable. Rappelons qu'elle est née de la communication, par une ou des sources mal identifiées, de listes de personnalités politiques des deux bords disposant de comptes chez Clearstream. Ces révélations, qui ont fait l'objet de plaintes, paraissent à ce jour fausses. Mais le montage de l'opération, qui n'a pas dû être simple, semble révéler l'existence d'un "cabinet noir", situé quelque part, dont l'activité serait particulièrement critiquable au regard de la démocratie. On ne peut que s'interroger alors sur l'initiateur de la manipulation, et sur les objectifs directs ou indirects que celle-ci était supposée servir. Mais les interrogations et enquêtes éventuelles se heurtent à l'impossibilité de pénétrer l'opacité d'un système comme Clearstream. Il est clair que l'existence de tels organismes ne peut qu'encourager les coups de cette nature, puisqu'ils interdisent pratiquement de remonter aux sources.

Pour beaucoup d'observateurs de la presse étrangère, cette deuxième affaire est présentée comme propre à nos moeurs politiques et même à notre structure constitutionnelle, qui encouragent l'irresponsabilité du président et des gouvernements qu'il met en place. Elle a eu de nombreux précédents dans l'histoire de la Ve République. Il est indéniable que cette irresponsabilité ne peut qu'encourager le rejet par les électeurs du système dans son ensemble, et ouvrir des voies inespérées aux extrêmes. Mais il ne faut pas trop compter sur la pureté des gouvernements en général, dans quelque pays que ce soit. Il n'y a pas de raison de penser que l'existence même de Clearstream, comme les systèmes analogues d'échanges occultes entre opérateurs financiers et économiques, ne génère pas dans les autres Etats européens comme au sein des institutions communautaires, les mêmes tentations de complicité ou de corruption. Ils y cèdent ou non, mais la tentation est permanente. C'est là le risque extrême de la non-transparence bancaire et économique. Les grands scandales financiers ayant ces dernières années secoué le monde de la finance américaine montrent d'ailleurs que le phénomène n'a rien de spécifique à l'Europe. Il concerne la mondialisation économique tout entière, responsable d'un phénomène majeure que Denis Robert a justement nommé la domination du monde.

Nous n'allons pas ici reprendre tous les débats actuellement en cours sur ces deux affaires, mais seulement nous borner à nous poser quelques questions qui nous paraissent dans la ligne générale des préoccupations de cette chronique.

Qu'est-ce que l'entreprise Clearstream et s'agit-il d'un mécanisme bancaire exceptionnel ?

L'entreprise bancaire Clearstream a été créée comme une chambre de compensation intéressant initialement les règlements interbancaires. Elle résulte de la fusion d'organismes analogues préexistants, Cedel International et Deutsche Börse Clearing, une filiale du Deutsche Börse Group, propriétaire de la bourse de Francfort. Cedel International avait été créé en 1971 et était spécialisé dans la compensation inter-bancaire : avant la création de telles chambres de compensation, les banques devaient transférer physiquement de l'argent entre elles pour compenser les mouvements de fonds interbancaires. L'apparition des règlements informatisés a rendu de telles solutions incontournables. Il existe une autre chambre de compensation d'importance voisine au niveau européen, Euroclear(1). Elles sont devenues avec le temps des quasi-monopoles, compte tenu du fait que les avantages fournis aux clients en termes de services sont fonction de la taille et du nombre des transactions. On notera que la Commission européenne a condamné Clearstream, enregistrée au Luxembourg, pour cause d'abus de position dominante, notamment en Allemagne où elle dispose d'un monopole de fait. Ceci étant, et sous réserve du maintien d'un minimum de concurrence entre organismes, il n'y a rien là d'anormal dans les procédures en cause. On rappellera que le mouvement de concentration des bourses européennes, dont les opérations se situent en amont des règlements, se poursuit actuellement, en parallèle, Il concerne notamment les bourses de Paris, Francfort et Londres. Les fonds américains y trouvent l'occasion de prises de participations qui inquiètent à juste titre certains experts financiers, car les opérations de bourses sont des moyens d'intervention puissants et souvent occultes sur la vie des entreprises (voir sur ce point notre article ci-dessus consacré à l'"absorption" d'Euronext par le New York Stock Exchange).

Ceci dit, progressivement, des banques, notamment allemandes, ont progressivement demandé à Clearstream d'instaurer un système de comptes non-publiés afin de faciliter les compensations entre leurs filiales distinctes. Là encore, il n'y a rien de juridiquement anormal compte-tenu de la tolérance générale manifestée à l'égard du secret bancaire, notamment dans les pays européens. Dans les années 1980, ce système de comptes non-publiés a été généralisé pour les mouvements interbancaires en général. Est-on encore dans la légalité? C'est plus douteux. Mais surtout, Clearstream a commencé à accueillir des entreprises parmi ses clients. On voit l'intérêt et le danger de telles procédures pour les conseils d'administration souhaitant échapper à la curiosité des administrations fiscales nationales et de leurs propres actionnaires. La non-transparence, renforcée par l'informatisation, devient alors la règle. Mais, comme dans le domaine du secret bancaire, beaucoup d'entreprises enregistrées dans les Etats nationaux et travaillant au niveau international prétendent que ces processus discrets sont indispensables à leur survie face à la concurrence, notamment américaine et asiatique, les gouvernements ne sont pas pressés d'agir. Aucune législation n'interdit d'ailleurs aux entrepri
ses de créer des filiales délocalisées dans les paradis fiscaux, échappant aux réglementations nationales et ne publiant pas leurs comptes. En 1996, Clearstream a obtenu sa licence bancaire.

Mais un pas de plus dans la voie de la dérive est ce faisant rendu possible. Il s'agit de la faculté, via des entreprises et des banques pratiquant le recyclage des bénéfices des opérations financières criminelles, d'utiliser les possibilités de discrétion et de non-transparence ainsi offertes pour financer des investissements légaux dans des pays peu curieux de l'origine des fonds. Il s'agit d'une dérive du système, qu'Ernest Backes, responsable de l'informatique de Cedel International devenu Clearstream jusqu'en en 1983 et licencié à cette date avait dénoncé auprès notamment de Denis Robert. Il lui avait confié des listings informatiques qu'il avait conservés, censés donner la preuve de mouvements de fonds douteux. Ces documents décriraient une « lessiveuse d'argent sale » dans laquelle tremperaient des dizaines de grandes banques internationales. Le système, bien que techniquement complexe, se fonderait sur le mécanisme simple des circuits occultes intéressant les comptes non-publiés. Rien n'empêche par ailleurs dans ces conditions à telle ou telle entreprise, telle ou telle banque, ou l'organisme de compensation lui-même, de verser des sommes non prises en compte dans les comptabilités à des hommes politiques ou patrons d'entreprise dont on veut acquérir la complicité. Il s'agit d'un mécanisme pratiquement indétectable de corruption. Certes, l'informatique peut en principe garder trace de tout, mais encore faut-il sauver et rendre disponible le contenu des mémoires.

Ernest Backes et Denis Robert ont été entendus par la commission parlementaire française précitée, présidée par Vincent Peillon et Arnaud Montebourg. Mais cette commission n'a pas eu les moyens de tirer ces accusations au clair. Pendant ce temps, Clearstream et diverses banques ne sont pas restées inactives. Elles ont déposé des plaintes en justice, en se défendant de toutes opérations de blanchiment. Un non lieu a été prononcé au Luxembourg. Ces soupçons n'ont pas par ailleurs empêché Clearstream, comme ses quelques homologues, de prospérer. On cite des chiffres «astronomiques» concernant le nombre des comptes enregistrés et le montant des transactions transitant par Clearstream. Nous ne les reprendrons pas ici faute de données précises, mais il s'agit de totaux dépassant largement la somme des budgets des Etats nationaux. Ainsi, l'essentiel des mouvements financiers intéressant la planète relève dorénavant de tels systèmes, dont tout opérateur souhaitant la discrétion peut profiter, y compris les maffias et les organisations terroristes. On retiendra en effet, selon une évaluation présentée par le juge Van Ruymbeque lors de l'émission de France 2 Envoyé Spécial diffusée le 11 mai 2006, que la moitié environ des transactions effectuées par ces centrales de compensation échappe à toute traçabilité. Toutes ne sont pas sans doute criminelles ou frauduleuses, mais le doute néanmoins s'impose. Le FMI, pour sa part, évalue de 700 à 1750 milliards d'euros l'argent plus ou moins sale circulant entre les paradis fiscaux, les places financières et les banques 2). Il y a là quelque chose de particulièrement malsain, qui aurait du faire condamner depuis longtemps les pratiques du secret bancaire et de l'anonymat.

Faut-il considérer que les mécanismes ainsi mis en place sont incontournables, y compris avec les risques de fraude et de corruption qu'ils entraînent?

Un moraliste intransigeant répondra à la question ici posée par la négative. Mais nous sommes obligés ici de rester réalistes. L'essence de la mondialisation économique et financière, souvent dénoncées mais contre laquelle nulle autorité nationale ou internationale ne fait rien pour le moment, repose sur de tels systèmes. Comme toujours en matière de mondialisation et de délocalisation, c'est la possibilité qu'ont juridiquement les entreprises nationales de créer des filiales dans des pays peu regardants qui paralyse pratiquement des réglementations et des contrôles décidés au plan de tel Etat individuel ou même d'une organisation régionale comme l'Union européenne. Il faudrait un consensus universel, par exemple à l'ONU, pour imposer officiellement la transparence, à partir de règles comptables communes et de corps de contrôles eux-mêmes placés sous le regard des opinions publiques. Inutile d'y songer pour le moment, du fait de la volonté de divers Etats peu regardants, y compris parmi les plus grands, de protéger les opérations de leurs ressortissants.

On voit en particulier que beaucoup d'intérêts économiques et stratégiques liés aux industriels européens utilisent pour résister à la concurrence les possibilités offertes par les comptes non-publiés. Vouloir interdire ces opérations en Europe serait présentés comme suicidaire. Ceci d'autant plus que les activités maffieuses et de corruption où l'Europe malheureusement est aussi experte que les Etats-Unis et les pays émergents, trouveraient instantanément d'autres voies pour se poursuivre.

Denis Robert a donc raison à cet égard de parler d'un système de domination du monde, depuis longtemps en place et n'ayant aucune volonté de s'effacer. Les adversaires de la mondialisation dénoncent généralement la domination des grandes entreprises transnationales, américaines et bientôt chinoises ou indiennes. On dénonce aussi les groupements d'intérêts militaro-industriels et politiques. Mais ces actions, sauf lorsqu'elles font l'objet de mesures couvertes par le secret militaire (covert) sont le plus souvent de nature matérielle et non virtuelle. Elles produisent des biens et services relativement identifiables, utilisant des technologies traditionnelles ou émergentes sur lesquelles il est possible d'imposer (ou tenter d'imposer) des normes d'intérêt général. En revanche, la contrepartie de ces opérations, et surtout les transactions financières auxquelles elles donnent lieu, ainsi bien entendu que les innombrables activités de spéculation échappant à tout support matériel, constituent le terrain où s'exercent les véritables dominations. Les bénéficiaires de celles-ci sont discrets, souvent anonymes, mais exercent le pouvoir effectif. Ce sont eux qui maîtrisent le destin futur du monde, y compris pour le pire : épuisement des ressources de la planète, destruction des sociétés et cultures traditionnelles, généralisation des conflits. En termes systémiques, on dira qu'ils agissent de façon collective, sans être nécessairement conscients des effets globaux de ce qu'ils font. Ils en sont d'autant plus dangereux.

Faut-il donc renoncer à toute transparence et à toute régulation, dans les domaines pourtant essentiels à l'avenir du monde ?

On peut prétendre que les opérations occultes permises par les mécanismes de la finance internationale mondialisée sont relativement limitées, quantitativement et qualitativement. Les scandales déstabilisants et les affaires d'Etat sont encore plus rares. On fera valoir par ailleurs que l'argent sale ne s'intéresse en général qu'aux investissements sans grand intérêt stratégique, tels qu'en matière de tourisme ou d'aménagement du territoire. Le terrorisme pour sa part n'a pas besoin de fonds énormes pour opérer. Les corruptions et corrupteurs sont finalement peu nombreux et le deviendront sans doute de plus en plus, vu l'hostilité qu'ils font naître, y compris dans des pays où la corruption est encore quasi institutionnelle. Faut-il en ce cas attacher, dans notre pays et accessoirement en Europe, tant d'importance à une affaire telle que l'affaire supposée Clearstream, telle que nous l'avons résumée ci-dessus ?

Nous répondrons pour notre part que l'émotion de l'opinion publique est justifiée pour une raison tenant à l'attachement justifié que nous avons à l'égard de nos institutions politiques et administratives. Le bon fonctionnement de la démocratie politique et des grands services publics est en effet une chose fragile, constamment menacée. Tout ce qui peut, à tort ou à raison, décrédibiliser la confiance apportée globalement par les citoyens aux institutions, que ce soit en France, dans les autres Etats européens ou pour ce qui la concerne au sein de l'Union européenne, est lourd de déstabilisation potentielle, risquant de provoquer un retour au populisme ou aux dictatures. C'est ce risque qu'évoque plus particulièrement, comme nous l'avons vu plus haut, l'affaire dans l'affaire dite Clearstream2. Le passé a amplement démontré, à l'occasion de l'instruction du procès dit des «frégates de Taiwan», comme dans d'autres cas analogues, les difficultés auxquelles se heurtent les institutions judiciaires, en l'absence d'une volonté politique forte, à démêler les scandales petits et grands impliquant des intérêts politiques. Des juges d'instruction isolés, sans moyens, sans soutiens, peuvent se lasser ou encourager des méthodes juridiquement incorrectes mais bien excusables comme les confidences à la presse ou les dénonciations anonymes. Ecrivant ceci, nous ne nous permettons pas de faire allusion au juge d'instruction particulier qui a été en charge d'une partie du dossier Clearstream. Ce juge, selon nous, a honoré et continue d'honorer la magistrature française. Nous pensons à l'ensemble de la procédure de l'instruction à la française, dont on a vu les faillites précédentes avec les démissions ou les retraits de juges tout aussi honorables. Mais, comme l'avait bien montré l'appel dit de Genève des magistrats en charge de la lutte contre la criminalité économique, les autres institutions judiciaires européennes ne sont guère mieux loties.

A cet aspect judiciaire de l'affaire initiale s'est ajouté ce que l'on sait, et que nous ne commenterons pas davantage faute d'éléments originaux à notre disposition, c'est-à-dire les soupçons exprimés à l'égard de divers responsables politiques actuels, concernant la volonté supposée de calomnier tel ou tel homologue ou d'utiliser les services de renseignements pour instrumentaliser - ou au contraire étouffer - l'affaire. Si ceci s'avérait juste, ce serait sans doute aussi grave que des scandales ayant précédemment fait plus ou moins de bruit et ayant impliqué, sinon discrédité en partie des majorités ou des gouvernements précédents. Pourrait-on dire en ce cas que l'on ne peut rien faire pour lutter contre de telles dérives? Certainement pas. Dans un système parlementaire digne de ce nom, ce serait au Parlement, soutenu le cas échéant par les médias et l'opinion publique, de mener lui-même les enquêtes nécessaires, et de prendre si besoin était les sanctions politiques s'imposant. On peut penser que c'est ce qui se serait produit chez nos voisins, y compris en Italie où l'on connaît cependant les difficultés de la lutte contre les maffias. Aux Etats-Unis, on évoquera le précédent du Watergate, qui s'est bien terminé puisque le responsable principal, le président Nixon, a été conduit à démissionner. Tout ceci justifierait que nos concitoyens fassent pression sur leurs représentants pour qu'ils tirent au clair l'affaire Clearstream2. 3)

Que penser dans ces conditions du rôle joué par les journalistes d'investigation et la presse, quand les uns et les autres jugent bon de porter le fer dans des plaies supposées ? L'opinion doit-elle aller plus loin et encourager les dénonciations, même anonymes, pouvant être le fait de « repentirs » ou de vengeances personnelles ?

Nous répondrons que sans ces initiatives, souvent risquées (on sait le nombre de gens qui y ont perdu la vie, au sein des médias ou de leurs informateurs, en France comme ailleurs), il n'y aurait plus de démocratie du tout. Les journalistes d'investigations sont souvent présentés comme des têtes brûlées ou des manipulateurs-manipulés. Mais si les lois déjà trop laxistes et difficiles à appliquer n'étaient pas, parfois, relayées par leurs enquêtes, c'en serait fini de toutes libertés publiques et morales collectives. La seule limite aux tentations de corruption et de détournement de pouvoir, qui sont innombrables, est que les éventuelles personnes qui en seraient tentées puissent craindre d'être un jour dénoncées et de voir leurs carrières ruinées.

Certes, il ne faut pas prendre toutes les accusations ou révélations au pied de la lettre. Il appartient aux médias, en amont des procédures judiciaires, de vérifier les sources s'ils veulent les rendre publiques. Le même devoir s'impose à l'égard de tous les blogueurs se voulant sérieux qui constituent désormais une part importante de la vox populi. S'ils n'ont pas les moyens de la grande presse pour conforter leurs affirmations, notamment quand elles pourraient mettre en cause des personnes bien identifiées, ils doivent alors faire preuve d'une prudence redoublée. C'est ce que pour notre part nous nous sommes efforcés de faire dans ce trop court article, renvoyant le lecteur pour la suite à ses sources d'information habituelles. 11/05/06

(1) Si l'on pouvait plaisanter sur de tels sujets, nous noterons à l'intention des non-anglophones que la composante Clear présente dans les noms des deux organismes cités ne signifie pas que ceux-ci se font un devoir de clarté, mais que leur rôle est de procéder aux compensations (clearing en anglais).
(2) Note au 23/05. Depuis la rédaction de cet article, Le Monde a publié un dossier bien documenté sur la circulation de l'argent sale et, entre autres, le rôle vraisemblable de Clearstream. Voir Le Monde Economie, 23 mai 2006 http://abonnes.lemonde.fr/web/article/0,1-0,36-774425,0.html et autres articles.
(3) Note au 23/05.
Malheureusement, le débat de la motion de censure qui vient d'être déposée par le Parti socialiste devant le Parlement n'a guère éclairé les circonstances de l'affaire.

NB. Cette note peut aussi être commentée sur notre Blog du Monde
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/automatesintelligent/2006/05/laffaire_clears.html

Publié dans gazetadmiroutes

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