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Jean-Paul Baquiast

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Vendredi 30 mars 2007

Lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:
*
XDR-TB, une nouvelle menace de santé publique sans doute comparable à celle de la grippe
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/80/tb.htm
* Défense de l'Europe, Europe de la Défense (Europa++) http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/80/jfl24.htm
* Magazine Europa++, mois de mars N° 24

La publication est suspendue durant le mois d'avril


Un livre de Jean-Paul Baquiast (en librairie)

Pour un principe matérialiste fort
Essai
Edition Jean-Paul Bayol
300 pages - ISBN : 978-2-916913-00-1

Site de l'éditeur
Le livre est actualisé en ligne sur ce site

Présentation

Acheter l'ouvrage : Alapage ;
FNAC ; Amazon

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* Ouvrage publié en Open-Source (accès libre et gratuit) par Jean-Paul Baquiast
Comprendre. Nouvelles sciences, nouveaux citoyens. 2005. PDF 825 ko
Refonte de
Sciences de la complexité et vie politique. Tome 1 Comprendre.

Rappelons aussi que Automates Intelligents/La Gazette d'Admiroutes disposent d'un blog consacré aux questions de politique générale. N'hésitez pas à y laisser des commentaires :
http://automatesintelligent.blog.lemonde.fr/


Nouvelle offensive du pape contre la laïcité en Europe

Le débat sur l'identité chrétienne et la place des religions en Europe a été relancé par Benoît XVI, le 24 mars, à Rome, devant 400 délégués des épiscopats européens, et d'autres Eglises invités par la Commission des conférences épiscopales de l'Europe (CCEE) pour le cinquantième anniversaire du traité de Rome.

Le pape a dénoncé l'"apostasie" de l'Europe (on peut appeler apostasie le fait de renier sa religion de façon officielle, acte puni de mort dans certaines sociétés). Pour le pape, il s'agit de la rupture de l'Europe avec son "patrimoine chrétien". Dans un discours alarmiste, il a appelé les hommes politiques catholiques à l'"objection de conscience" contre les lois touchant aux valeurs "universelles et absolues" (défense de la vie, de la famille) qui ne supposent aucun "compromis". Pour lui, l'identité de l'Europe est "historique, culturelle et morale", avant d'être "géographique, économique et politique". Elle est constituée de valeurs "que le christianisme a contribué à forger". En l'ouliant, l'Europe risque d'être "mise en congé de l'histoire".

Les athées européens sont désormais tellement habitués aux intrusions permanentes des églises et religions dans la sphère publique qu'ils ne réagiront sans doute pas à cette nouvelle offensive du pape dans des domaines relevant de la vie politique et des institutions. Ils auront tort. On a pu noter que lors de cette réunion, des mots fort concilants ont été prononcés à l'égard des évangélistes (de plus en plus nombreux en Amérique Latine) et des musulmans. L'unique ennemi de Dieu est l'impie. Qu'il soit châtié comme il le mérite. 27/03/07

PS: Je ne veux pas tomber dans l'anticléricalisme sommaire, mais avouez que nous nous retrouvons avec le procès en béatification du précédent pape dans la pure tradition moyen-âgeuse. Benoit XVI est obligée de construire de toutes pièces un miracle, en s'appuyant sur le témoignage d'une pauvre fille, qui selon le neuropsychiâtre consulté, relève davantage de l'écoute psychologique que de l'Eglise. Je serais plus convaincu si, comme l'avait souligné en son temps Anatole France, le pape avait fait repousser la jambe d'un unijambiste.


Des experts face au 11-Septembre : entre doutes et accusations

C'est le titre d'un article de Taiké Eilée dans Agoravox ( http://www.agoravox.fr/article.php3?id_article=21321) qui résume et commente une grande partie des informations que l'on peut trouver sur le site Patriots question 9/11 ( http://www.patriotsquestion911.com/ ). Il s'agit d'un retour sur les anomalies dans l’enquête officielle. Celles-ci sont si nombreuses et concordantes qu'elles font envisager à certains, je cite l'auteur: "un laisser-faire des autorités américaines, qui avaient besoin de ces attentats pour justifier leur entrée en guerre au Moyen-Orient, leur implantation dans cette zone riche en pétrole, et, plus généralement, pour mettre en branle le plan du PNAC (Project for the New American Century), qui vise à assurer l’hégémonie mondiale des Etats-Unis au XXIe siècle".

On dira que tout ceci est de l'histoire ancienne et qu'il ne sert à rien d'évoquer ces questions à nouveau, les néo-conservateurs ayant déjà à moitié perdu le pouvoir. Nous pensons qu'il n'en est rien. Les visés des néo-conservateurs sur le monde demeurent entières, et elles sont reprises aujourd'hui, sous des formes plus ou moins discrètes, par l'establishment militaire, économique et politique américain. Il suffit pour s'en convaincre de regarder le site du PNAC http://www.newamericancentury.org/. Certains articles cités sont déjà anciens, mais leur philosophie n'a jamais été démentie et continue à inspirer des manoeuvres comme l'implantation de BMD (balistic missile defense) en Europe de l'Est et la préparation d'un Otan asiatique. 26/07/03


300

Le film de propagande Hollywoodien 300, de Zack Snyder, racontant l’épopée des 300 guerriers spartes qui retardèrent l’avance de l’armée perse aux Thermopyles, en 480 avant Jésus-Christ, est rempli d'erreurs historiques. Il présente les Perses comme des sauvages et les Spartiates comme des démocrates à l'américaine, ce qu'ils n'étaient ni les uns ni les autres. Mais lorsqu'il a été mis en fabrication, il était supposé rendre plus populaire l'éventualité d'une attaque de l'Iran par les Etats-Unis - tout en gagnant beaucoup d'argent en excitant les instincts qu'il faut bien dire racistes des spectateurs. Aujourd'hui, il soulève la fureur en Iran, sans profit pour personne. Mais on ne sait plus bien quelle opération militaire il pourrait bien justifier, le Département d'Etat étant en train de louvoyer. Rassurons-nous. D'après le box office, le film rapporte beaucoup d'argent, comme prévu. 26/03/07

* 300, the Movie http://wwws.warnerbros.fr/300/ Attention, baisser le son si vous allez sur ce site, ou gare à votre audition


Les effets pervers du système d’échange des crédits de carbone ("offset credit system")

Celui qui ne se plonge pas dans l'énorme littérature et dans les débats entourant l'application du Protocole de Kyoto et autres mesures de réduction de la production des GES ne soupçonne pas les considérables conflits d'intérêt déjà engagés. Malheureusement, ces conflits cachent des entreprises qui, se disant vertueuses, c'est-à-dire offrant des solutions pour faire réaliser des économies d'énergie et créer des "puits de carbone", ne sont pas loin de l'escroquerie pure et simple. Le système d'échange des crédits de carbone ("offset credit system") permet en effet, potentiellement, tous les abus. Prenons un exemple. Vous venez de faire un peu de tourisme en Nouvelle Zélande, ce qui a produit un certain nombre de kilos ou tonnes de CO2. Votre conscience vous impose alors de verser une certaine somme à une entreprise qui vous garantira la plantation de forêts quelque part dans le monde afin de récupérer le carbone produit. En fait, vous avez toutes les chances, soit d'enrichir un escroc, soit d'engager une opération sans suite sinon plus dangereuse à terme que la production de CO2 dont vous avez été responsable. Ou bien en effet la dite entreprise ne plantera rien du tout, et vous n'irez pas vérifier ce qu'elle fait. Ou bien elle vous fera payer très cher une opération de facade sans avenir. Ou bien elle ira déposséder d'honnêtes cultivateurs du tiers-monde pour mettre à la place de leurs cultures des productions d'oléagineux industriels ...qui eux-mêmes péricliteront faute d'eau et de soins. Si on vous propose d'autres méthodes mirifiques faisant appel à la séquestration du CO2, à d'hypothétiques énergies renouvelables ou à toutes autres solutions à la mode, vous risquez là encore de vous faire durement exploiter, en achetant ...du vent..

Ceci d'ailleurs quel que soit votre poids économique, que vous soyez un citoyen lambda, une association ou même une grande entreprise. Il n'existera pas avant longtemps une évaluation indépendante et fiable de ceux que l'on appelle les "offsetters", de leurs méthodes, de leurs tarifs et de leurs pérennité. Les "offsetters" pourront être particulièrement malfaisants s'ils s'arrangent avec les entreprises productrices de carbone pour leur procurer de faux certificats de création de puits ou de sources d'énergie renouvelable. Comme tout ceci se négocie au niveau international, hors de tout contrôle des Etats et de l'ONU, les pires traffics peuvent se développer. Beaucoup de soi-disant associations écologiques qui se crééront pour "contrôler les abus" seront elles-mêmes des nids d'escrocs.

Ceci ne veut pas dire qu'il faudrait ne rien faire, comme le prétendent les gouvernements américain et australien. Tout le monde d'ailleurs n'est pas forcément corrompu et l'on trouvera sans doute des offsetters honnêtes. Mais il faudrait d'urgence mettre en place des réglementations protectrices et des services chargés de les faire appliquer, comme vient de le demander le ministre britannique de l'environnement David Miliband. Voici une raison de plus pour penser que la lutte contre la grande crise climatique est définitivement incompatible avec le libéralisme. 25/03/0


L'empreinte écologique individuelle des Européens

Selon une étude britannique (NewScientist, 19 mars 2997, p. 41), l'empreinte écologique individuelle (écological footprint) du citoyen du Royaume Uni, estimée en production annuelle de tonnes de CO2, est de 11,1 tonnes. Elle se décompose en :
- biens et services concernant la consommation courante, hors nourriture et énergie: 4,68 t.
- nourriture (production et transport) 3,25 t.
- habitat: 0,48 t.
- consommation électrique 0,42 t.
- gaz naturel 0,79 t.
- déplacements automobiles 1,03 t.
- déplacements par avion 0, 36 t.

On sera peut-être étonné de savoir que pour compenser cette dépense, il suffirait d'installer environ 85 m2 de panneaux solaires, 1m2 de panneau pouvant économiser grâce à l'électricité produite environ 130 kg de CO2 par an. 85 m2, c'est beaucoup, mais ce n'est pas inabordable. 25/03/07


L’Europe relancée

Les dirigeants européens, Angela Merkel, présidente en exercice de l'Union européenne ainsi que les présidents de la Commission et du Parlement européens José Manuel Barroso et Hans-Gert Pöttering, se sont engagés le dimanche 25 mars, pour les 50 ans du traité de Rome, à tout faire pour qu'entre en vigueur en 2009 un nouveau traité facilitant le fonctionnement des institutions européennes, et remplaçant le traité constitutionnel rejeté en 2005 par référendum en France et aux Pays-Bas.

Le texte d’engagement a été signé à Berlin en présence des chefs d'Etat et de gouvernement des 27 pays de l'Union européenne. Ainsi s’ouvre officiellement la renégociation du texte. La chancelière allemande a souligné qu'elle voulait en préserver la substance, même si certains pays y rechignent, comme la Grande-Bretagne, la Pologne ou la République tchèque.

"Nous devons relever de grands défis qui ignorent les frontières nationales. Notre réponse c'est l'Union européenne. Ce n'est qu'ensemble que nous pourrons préserver notre idéal européen de société dans l'intérêt de tous les citoyens de l'Europe. Ce modèle européen concilie réussite économique et solidarité sociale".
"50 ans après la signature des traités de Rome, nous partageons l'objectif d'asseoir l'Union européenne sur des bases communes rénovées d'ici les élections au Parlement européen de 2009".
Madame Merkel a aussi souligné que l'Union avait "besoin d'un partenariat stratégique global. Des partenariats avec la Russie et l'Alliance atlantique ne sont pas antagonistes".

Nous ne pouvons ici que nous réjouir de ce nouveau processus, en espérant qu’il aboutira, non seulement à reprendre les parties indispensables de l’ancien Traité, mais à aller beaucoup plus loin, dans le sens notamment de l’encouragement à des coopérations renforcées les plus larges possibles. Celles-ci, qu’on le veuillent ou non, devront s’appuyer sur le concept d’Europe-puissance. Sans ce dernier, les partenariats stratégiques évoqués par la Chancelière, aussi bien avec la Russie qu’avec l’Alliance atlantique (notons qu’elle n’a pas dit « les Etats-Unis »), n’aboutiraient qu’à des concessions sans contreparties.

Si les grands partis de gouvernement français ne s’inscrivaient pas résolument dans la ligne engagée à Berlin, ils commettraient un véritable forfait vis-à-vis tant de l’avenir de l’Europe que de celui de la France. 25/03/07


La Bibliothèque numérique européenne Europeana est désormais accessible

Nous avons plusieurs fois fait mention du projet de Bibliothèque numérique européenne, initialisé par la Bibliothèque Nationale de France et notamment par son président Jean-Noël Jeanneney. Les critiques se sont multipliées sur ce projet, compte-tenu notamment de l'écrasante présence de Google, tant par l'importance des textes qu'il a numérisé que par l'efficacité de son moteur de recherche. Pour ce qui nous concerne, nous pensons que de toutes façons la BNF devait faire quelque chose d'original, afin de valoriser à la fois ses collections, sa culture bibliothécaire et la philosophie d'accès qui est la sienne: publier en libre-accès, avec apport de valeur ajoutée, les ouvrages libres de droits. Elle devait aussi s'efforcer d'entraîner dans cette démarche d'autres bibliothèques européennes. Voilà qui est fait désormais.

Une maquette avait déjà été présentée à la fin de l'année. On peut dorénavant accéder à un site opérationnel, qui a été baptisé Europeana. La collection rassemble environ 12 000 documents libres de droits issus des collections de la BNF, de la Bibliothèque Nationale Széchényi de Hongrie et de la Bibliothèque nationale du Portugal. Il s'agit de reproduction des documents originaux, mais numérisés afin d'y rendre possible la navigation. Le moteur de recherche est adapté de ce qu'avait proposé Exalead.

Il s'agit d'une réalisation qui, pour le moment, ne pourra intéresser qu'un public bibliophile. Par ailleurs, sa dimension européenne reste réduite. Mais nous pensons que, quelques soient les difficultés et objections, il faudra continuer et essayer d'impliquer davantage les institutions européennes dans l'entreprise. Il n'est plus possible désormais de reculer. 25/03/07

* www.europeana.eu


Bientôt une demande renouvelée d'Europe-puissance?

Une Europe puissance serait une Europe qui non seulement disposerait d'un traité constitutionnel lui permettant d'avoir une politique étrangère et de sécurité-défense musclée, mais qui s'affranchirait enfin de la politique américaine visant à la diviser en 3 morceaux, la Grande-Bretagne, les pays de l'Est européen et la "vieille Europe", France et Allemagne notamment. Or les Américains, en mettant la pression sur l'Europe pour la forcer à accepter l'implantation de leur système BMD dits aussi euro-missiles2, donnent aujourd'hui aux défenseurs de l'Europe-Puissance, dont nous sommes, une opportunité extraordinaire pour se faire entendre.

Cette opportunité passera par l'Allemagne, où des voix autorisées, notamment celle de l'ancien ministre Joschka Fisher, expliquent que l'Europe puissance est désormais nécessaire, et qu'elle doit impliquer en priorité l'Allemagne. Il ne s'agit pas là de la résurgence d'un hypothétique militarisme ou nationalisme allemand, qui serait impossible. Il s'agit seulement d'un début de rejet de l'écrasante et dangereuse tutelle américaine. Comme la nature a horreur du vide, ce rejet n'aboutira que s'il s'appuie enfin sur la mise en place d'une véritable Europe-puissance, où l'Allemagne aura toute sa place.

Espérons que les futurs gouvernements français comprendront cette évolution et l'appuieront de tous les moyens - importants - dont dispose encore la France. 25/03/07

; Sur ce thème, lire l'article de Defensa: http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3837


Laisser Chirac tranquille quand il quittera l'Elysée.

Quelles que soient les raisons que nous pourrions avoir de souhaiter voir Jacques Chirac mis en examen, ou plus simplement convoqué devant un juge quand il quittera l'Elysée, nous ne pourrions que désapprouver complètement cette procédure. Il suffit d'imaginer le parti qu'en tireraient les ennemis de la France pour qui Jacques Chirac était devenu une bête noire en s'opposant aux décisions irresponsables des anglo-américains, en Irak et ailleurs. Nous devons tous être derrière le Président pour défendre la justesse et le bon droit des positions diplomatiques de la France. Ségolène Royal s'était grandie en disant quelque chose comme cela il y a peu. 18/03/07


Pourquoi nous n'avons pas besoin des Américains?

Pour répondre à cette question, il suffit de retenir le contraire de tout ce qu'écrit Nicole Bacharan dans son incroyable livre " Pourquoi nous avons besoin des Américains ". Cette dame est celle qui intervient trop souvent dans les débats de politique internationale sur les médias français pour nous délivrer des messages directement dictés par la CIA et autres agences de désinformation. Ne prenez pas la peine d'acheter le livre. Jean-Philippe Immarigeon en dit tout ce qu'il faut en dire dans son blog American parano ( voyez http://americanparano.blog.fr/2007/03/17/vive_l_atlantisme_pop_corn~1922995 ) . On doit quand même se demander pourquoi une telle littérature trouve encore des preneurs en Europe? 18/03/07


Un grand programme européen, le canal Seine-Nord

Depuis l'inauguration du canal du Nord, en 1965, la France et avec elle l’Europe du Nord n'avaient pas connu de projet de cette ampleur en matière de transport fluvial. La réalisation du canal Seine-Nord Europe exisgera des travaux considérables: long de 105 kilomètres, large de 54 mètres, le canal devra accueillir des convois de 4 400 tonnes, contre 700 actuellement pour le canal du Nord. Il permettra de relier le bassin de la Seine à celui de l'Escaut. Le réseau fluvial de la puissante Ile-de-France communiquera ainsi avec les canaux et aux grands ports de la riche Europe du Nord, comme Anvers et Rotterdam. Le canal offrira une alternative au transport routier sur l'axe Amsterdam-Paris, en situation de saturation, et stimulera un développement plus respectueux de l'environnement. A terme, plus de 32 millions de tonnes de marchandises devraient transiter, chaque année, par ce canal de grand gabarit. L'équivalent de 1,6 million de poids lourds. Soit un camion toutes les vingt secondes...

Il s’agit donc bien d’un de ces grands programmes industriels et technologiques dont nous voudrions que l’Europe se dote plus systématiquement afin d’améliorer sa place dans le monde.
Début des travaux: 2008. Mise en service: 2012. Coût: 2,6 milliards d'euros.

* http://ine.dad.be/documents/Waternews/Publications/Brochures/TEN_T_Seine_Nord.pdf


1,3 milliard d'euros pour la publicité alimentaire en France

Un article du Monde (14 Mars 2007, p. 19) chiffre à 1,3 milliard d'euros les sommes dépensées par l'agro-alimentaire français en publicité. Celle-ci participe, de l'avis général, à l'épidémie d'obésité, notamment chez les enfants. L'Institut national pour la prévention et l'éducation à la santé INPES a été doté d'un budget de 10 millions pour la communication en matière de prévention, en application du décret d'application de 2007 et de la Loi de 2004 visant à combattre l'obésité infantile. On voit la disproportion entre les messages de l'Association nationale des industries alimentaires et ceux de l'INPES. Continuez à grossir, petits enfants, le loup ne vous en aimera que davantage. 18/03/07


Main-mise accrue des Etats-Unis sur la Banque Mondiale

Tous les échos qui parviennent de cet organisme confirment le rôle délétère qui joue son président, Paul Wolfowitz et les équipes complaisantes qu'il y a introduites. Non seulement Wolfowitz n'a rien perdu de son militantisme néoconservateur au service de la diplomatie américaniste la plus engagée, mais il a poussé au départ tous les cadres qui pouvaient maintenir un minimum de multipolarité dans les interventions de la Banque. Celle-ci demande pourtant à ses membres plus de 25 milliards de dollars pour les trois prochaines années. Il faudrait selon nous y regarder à deux fois avant de souscrire.

Signalons, mais ceci n'a aucun lien avec cela (du moins en apparence) que les Etats-Unis avaient rejeté le 23 février la déclaration d'Oslo adoptée ce même jour pour interdire les bombes à sous-munitions ou à fragmentation, particulièrement dangereuses pour les populations civiles. Paris et Londres au contraire avaient modifié leur point de vue, traditionnellement favorable, et s'étaient prononcés contre ces armes. 18/03/07


Pas d'avenir sans industrie, un livre de Jean-Louis Levet, Economica, 2006

La doctrine libérale, importée des Etats-Unis (mais contre-dite dans ce pays par un interventionnisme étatique permanent) veut faire croire que l'industrie n'est plus nécessaire aux économies développées. Seuls les services et plus particulièrement ceux associés au capitalisme financier créent des richesses. Jean-Louis Levet montre qu'il n'en est rien. Aujourd'hui, l'industrie et les services sont étroitement imbriqués. Les seconds ne se conçoivent pas sans la première, et réciproquement. Quant à l'économie de la connaissance, où pourrait-elle trouver à s'exercer ailleurs ?

Jean-Louis Levet est économiste. Ancien conseiller industriel à Matignon, il a exercé des responsabilités dans le secteur public et le secteur privé. Il a publié un grand nombre d'essais et d'articles, notamment sur les thèmes des politiques industrielles, de l'intelligence économique et du rôle de l'Etat dans la lutte contre les délocalisations et la désindustrialisation.

Dans cet ouvrage très complet, très documenté et très actuel, nous retrouvons les thèses qui nous sont chères. L'industrie et la technologie, de tous temps, ont été au cœur des activités humaines. Avec le progrès scientifique et celui des connaissances, l'industrie voit son champ s'élargir. Les nouvelles technologies, qui concernent la matière-énergie et l'information, donnent aux sources d'énergie, aux machines et aux futures formes de vie une importance essentielle. Seule l'industrie sera capable de les obtenir. Croire que l'Europe pourrait laisser au reste du monde la responsabilité de produire la matière même de notre consommation et de nos investissements serait une illusion.

Mais la vision que l'on se fait de l'industrie doit s'élargir. Par ce terme on évoque encore la manufacture, le travail aliénant et les pollutions. Pourquoi alors, dit-on, ne pas laisser tout cela aux pays pauvres et se spécialiser dans la valeur ajoutée et les services ? Or aujourd'hui, comme le montre Jean-Louis Levet, l'industrie et les services sont étroitement imbriqués. Les seconds ne se conçoivent pas sans la première, et réciproquement. Quant à l'économie de la connaissance, où pourrait-elle trouver à s'exercer ailleurs que dans l'industrie et les services qui lui sont associés.

Malheureusement, ces évidences ont été perdues de vue aujourd'hui. Le capitalisme financier a pris le pouvoir dans le monde entier, avec la volonté délibérée de faire oublier le rôle de l'entrepreneur au profit de celui de l'actionnaire spéculatif. Des fonds d'investissement alimentés par des liquidités d'origine douteuse mais surabondantes ont racheté des entreprises méritantes et ont pu réaliser des profits considérables en revendant les activités rentables et en délocalisant le reste. Ces profits ont laissé croire à l'opinion que la source de toutes les richesses se trouvait dans le capitalisme financier. Les Etats devaient cesser de vouloir réglementer les activités économiques. Leur rôle devait se limiter à prendre en charge les dégâts sociaux.

La pensée libérale, répandue en Europe par des économistes formés aux Etats-Unis, a tenté de faire croire que tout ceci était dans l'ordre des choses. A l'en croire, le libre échange et la mondialisation sont des processus universel, l'économie ne doit pas se préoccuper du social, les administrations ne contribuent pas à la compétitivité économique, l'avenir enfin n'est pas dans l'industrie, mais dans les services et plus particulièrement dans les services financiers.

Malheureusement pour les libéraux, aucun grand pays au monde ne raisonne de la sorte. Les Etats y conservent la haute main sur l'économie, ils soutiennent leurs entreprises par de multiples moyens, ils investissent pour le long terme en comprimant si nécessaire les consommations et les profits. L'Europe, qui croit encore à la doxa libérale, commence cependant à se rendre compte que le libéralisme arrive au bout du chemin. Sans industries, les salariés disparaissent. Sans salaires, la consommation et l'impôt s'évanouissent. Sans rentrées fiscales, les services publics et les aides à la recherche se désagrègent. Le territoire devient un désert peuplé de chômeurs en fin de droits. Resteront, il est vrai, le tourisme et la restauration, tant du moins que les étrangers voudront bien venir méditer sur les ruines de l'ancienne société industrielle.

Nous n'en sommes pas là, mais nous en prenons le chemin. Pour éviter ce désastre, Jean-Louis Levet fait la liste des mesures qu'il faudra impérativement décider en Europe dès les prochains mois : politiques de croissance et stratégies de puissance ; politiques de développement territorial ; maîtrise de la finance par des entreprises rendues responsables de leur capital ; politiques industrielles globales sous la direction d'Etats développeurs... Ces mesures s'imposeront d'abord au plan des Etats européens pris un par un, en fonction de leurs spécificités. Mais elles devront être relayées et coordonnées au plan de l'Union européenne.

A ce niveau, un certain nombre de modifications institutionnelles seront nécessaires, afin de sortir l'Europe de ses impasses actuelles et faire privilégier l'impératif industriel. L'auteur en propose quelques unes. Il espère que cet objectif sera pris en compte à l'occasion des futures élections. Nous aussi.


Ségolène Royal au soir du 15 mars: toujours un sans faute

J'ai l'impression de me répéter, mais chaque fois que je regarde Ségolène à la télévision, j'en ressort conquis. Quelle foi, quelle ardeur, quelle fraicheur! C'est vraiment la France de demain, celle de la jeunesse, qui s'exprime à travers elle ...comme le montrait une scène emblématique où elle discutait parfaitement à l'aise avec des encapuchonnés des banlieues, hilares de joie...alors que Sarkozy n'ose pas encore se rendre à Argenteuil? Ségolène fait apparaître les autres candidats, Sarkozy et Bayrou, comme ce qu'ils sont, des hommes d'appareils, vieux dans la tête, vieux dans les idées. Mais cela ne veut pas dire qu'elle l'emportera, les gens sont si timorés. 15/03/07


Modernisation des forces nucléaires stratégiques: les Britanniques traînent les pieds, les Français non.

Le Premier ministre Tony Blair a réussi non sans mal à obtenir de la Chambre l’autorisation de renouveler pour les 40 prochaines années l’arsenal des Tridents actuels, jugés vieillis. Des oppositions fortes se sont manifestées aussi bien chez les Travaillistes que chez les Conservateurs. Les experts du domaine ont noté qu’en France, la modernisation de la force nucléaire stratégique, à part quelques manifestations provenant d’écologistes bretons, ne soulève pas d’opposition. La majorité actuelle, de même que la gauche, considèrent qu’il s‘agit d’un pilier fondamental non seulement de la défense française, mais de ce que l’on pourrait appeler l’identité nationale. Peu importe que les missiles coûtent cher et que les menaces potentielles se soient diversifiées depuis la fin de la guerre froide, nul ne remet en question leur utilité comme arme de dissuasion, dans le présent comme dans l’avenir. En Grande Bretagne au contraire, tous les arguments hostiles au renouvellement des Tridents ont été évoqués. Pourquoi cette différence ?

La raison parait claire. La force nucléaire stratégique constitue, depuis qu’elle fut créée sous le gaullisme, un potentiel national qui ne nous met pas sous la dépendance d’une quelconque puissance extérieure. Ce n’est pas le cas avec les Tridents, puisque, par la grâce des « special relationships » négociées entre Londres et Washington dès la fin de la 2e guerre mondiale, ils sont développés et ne seraient éventuellement utilisés que sous le contrôle des Etats-Unis. Beaucoup de stratèges britanniques ont ainsi fait valoir qu’avec cette nouvelle génération de missiles et sous-marins, le Royaume Uni « en reprenait pour quarante ans », si l’on peut dire, en matière de soumission à l’égard du Pentagone. Cela devrait faire réfléchir nos alliés britanniques, quand ils constatent à quelles impasses les mène cette soumission. Cela devrait aussi faire réfléchir ceux qui, en Europe,voudraient que la défense de l’Union prenne de l’autonomie vis-à-vis tant de l’Otan que des Etats-Unis. Faudra-t-il admettre que la Grande Bretagne n'en fera jamais partie ? 15/03/07

Par Jean-Paul Baquiast - Publié dans : gazetadmiroutes
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Jeudi 15 mars 2007

Lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:
* L''Europe face à son avenir scientifique. L'espace et les nanotechnologies http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/edito.htm
* Colloque: la révolution des nanotechnologies http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/colloquenano.htm Le point de vue de l'Europe http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/europecolnano.htm
* Un livre de Lewis Wolpert sur la croyance analysée par la psychologie évolutionnaire http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/wolpert.htm
* Un ordinateur quantique commercialisé dès 2008 ? http://www.automatesintelligents.com/labo/2007/mar/ordinateurquantique.html


Un livre de Jean-Paul Baquiast (bientôt en librairie)

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300 pages - ISBN : 2916913009

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Voir aussi:
* Ouvrage publié en Open-Source (accès libre et gratuit) par Jean-Paul Baquiast
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Nourrir 9 milliards de Terriens

Le Monde, dans une Chronique malheureusement trop courte pour un sujet si important, aborde la question de savoir si la Terre pourra, vers 2050, nourrir les 9 milliards de Terriens prévus (Le Monde, 11/12 mars, p. 18). Il faudra faire appel à plusieurs solutions simultanément car aucune à elle seule ne pourra suffire:
- Augmenter les surfaces cultivées (aujourd’hui 1,5 milliards d’hectares). Selon la FAO il serait possible de les porter à 2,8 milliards. Mais beaucoup d’experts contestent ce chiffre.
- Faire progresser les rendements moyens. Mais l’agriculture intensive qui en découle consomme beaucoup d’eau et de produits chimiques. Elle n’est donc pas généralisable. L’appel aux OGM ne répond pas non plus à ce besoin.
- Inventer une nouvelle agriculture, dite écologiquement intensive. L’écoagriculture repose sur la capacité des écosystèmes à se régénérer grâce à des associations de plantes différentes et des successions de cultures d’une année sur l’autre. Une étude internationale, l’IIAASTD est en cours (International Assessment of Agricultural Science and Technology for Development). Mais elle suppose des agriculteurs très avertis et formés.

Ces différentes solutions se heurteront à d’autres obstacles :
- Le développement spéculatif des terres dédiés aux carburants végétaux, qui peut devenir très important sous la pression des multinationales de l’énergie, comme l’illustre bien le pacte pour le biodiesel décidé entre les présidents Bush et Lula le 10/03/07.
- Les destructions de terres arables résultant de la crise climatique : inondations, désertifications notamment.
- Le manque de revenu des paysans traditionnels ruinés par la concurrence des produits agricoles des pays riches et l’incapacité des populations vivant dans les bidonvilles (plus de 2 milliards prévus vers 2050) à redevenir des agriculteurs responsables.
- Les guerres tribales qui se multiplient, sur le modèle de ce qui se passe au Darfour.

On s'étonnera de ne pas voir figurer les nouvelles sciences et technologies, mis à part les OGM, dans la gamme des remèdes possibles à la malnutrition. C'est que selon les experts du monde rural, elles n'auront à horizon du demi-siècle que peu de chances de pénétrer les pays du tiers monde menacés chroniquement de famines.

- Etude de la FAO http://www.fao.org/es/esd/AT2050web.pdf
- IAASTD http://www.agassessment.org/


Claude Allègre et Ségolène Royal

Claude Allègre, selon moi (qui pourtant ne l'aime pas trop), a raison de reprocher ce jour à Ségolène Royal sa condamnation du nucléaire et des OGM. Il s'agit d'une position démagogique, qui n'a aucun sens en termes scientifiques. Si elle était prise au pied de la lettre par un futur gouvernement, elle condamnerait les meilleures chances de l'Europe et de la France dans la lutte contre la crise climatique et l'indépendance économique. Ceci étant, de là à voter Bayrou, il y a un pas qu'Allègre n'aurait pas du franchir. 13/03/07


Va-t-on vers une salutaire crise d'identité européenne?

De quelle identité s'agirait-il? Celui d'une Europe vassale des Etats-Unis et des visées militaires du Pentagone ou d'une Europe acceptant enfin de conquérir son indépendance (le fameux "découplage" ) à l'égard des Etats-Unis? Cette Europe là ne serait pas encore l’Europe puissance rêvée par beaucoup de Français mais elle pourrait en prendre le chemin.

Vassaliser l’Europe reste pour Washington un objectif plus que jamais à l'ordre du jour. Il est accepté en Europe par de nombreux gouvernements, notamment chez les nouveaux entrants. La récente visite du président tchèque Vaclav Klaus à Dick Cheyney le 9 mars le montre (Dick Cheyney, dont on connaît l’intransigeance confinant à l’aveuglement! ). Le président tchèque n’a pas eu peur, comme un grand, d’impliquer son pays, et sans doute dans son esprit l’Union européenne toute entière, dans le déploiement des Euromissiles (Balistic Missiles Defense ou BMD), l’Otan et les relations transatlantiques. Cheyney a félicité la république Tchèque de son fort soutien à l’Otan et à la défense euro-atlantique, notamment dans la perspective de « menaces croissantes venant du Moyen-Orient » (Defense News http://www.defensenews.com/story.php?F=2611334&C=america).

A l’inverse, que pourrait être une Europe découplée des Etats-Unis ? Beaucoup, en France même, s’indignent devant cette perspective, comme le montre l’article d’un certain Moisi, de l’IFRI, dans Le Monde du 6 mars, p. 23. Pour repenser la politique étrangère de la France, explique-t-il, « celle-ci ne doit pas se tromper d’ennemi. Alors que le monde est en train de redevenir multipolaire…, il serait anachronique et paradoxal de continuer à vouloir se définir par rapport, sinon contre, les Etats-Unis…auxquels continue à nous lier une communauté d’intérêts et de valeurs ». L’embrouillamini sur les valeurs cache celui des intérêts, et ceux-ci sont essentiellement américains. Jacques Chirac au sommet de l’Union à Bruxelles le 9 a exprimé un autre point de vue, resté malheureusement trop discret. Il a prévenu que le projet américain d’installer un système de défense anti-missiles en Europe pourrait couper le continent en deux et relancer la guerre froide. L’Europe, a-t-il dit, doit prendre en considération l’inquiétude russe.

C’est la première fois que la France s’exprime en ce sens. Par contre, le souci de ne pas inutilement affronter la Russie dans une affaire manifestement dirigée contre elle (et non contre d’improbables missiles iraniens) est partagé par certains gouvernements du Continent, notamment l’allemand. Mais faut-il s’en tenir face à Washington à des représentations polies ? Pour le moment, la diplomatie française se borne à exprimer une prudente réserve. On le comprend vu l’incertitude liée à la proximité des élections en France et à l’ignorance des positions qui seront celles du futur gouvernement tant vis-à-vis de l’alliance atlantique que de l’Europe.

Pour notre part, nous souhaitons que la réserve française se développe sous forme d’une véritable démarche positive à l’égard des gouvernements et des institutions européennes. Il faudrait d’abord relancer des programmes visant à une défense de l’Europe indépendante de l’Otan. Il faudrait parallèlement laisser les Etats-Unis s’enferrer davantage encore dans une entreprise diplomatique sans issue, visant à couper l’Europe en deux et faire de la moitié docile de celle-ci un nouvel instrument de guerre froide. Alors le découplage à leur égard apparaîtra indispensable, sauf à accepter une crise européenne d’une ampleur jamais vue jusqu’alors.

On pourrait aller plus loin en France, de la part de ceux qui comme nous n'ont jamais renoncé au concept d'Europe-puissance. Le moment parait venu de "vendre" à nouveau ce concept à ceux qu'il pourrait intéresser, particulièrement à l'Allemagne. Celle-ci semble de plus en plus partagée entre l'Amérique, en baisse accélérée de crédibilité, et la Russie, dont l'alliance est pour elle indispensable et prometteuse. Le concept d'Europe-puissance, grâce auquel l'Allemagne et la France se retrouveraient dans un noyau dur européen (ou coopération renforcée) prenant ses distances avec l'Amérique sans obliger à tomber désarmé dans les bras de la Russie, devrait répondre au besoin. Nous aimerions voir le gouvernement français, actuel ou futur, s'en convaincre et défendre cette carte riche de perspectives pour l'Europe. 11/03/07


Accord européen historique ou compromis peu ambitieux sur la lutte contre le réchauffement

Les dirigeants de l'Union européenne sont parvenus à s'entendre le 9 mars 2007 afin de fixer un objectif contraignant sur le développement des énergies renouvelables. Les vingt-sept Etats membres de l'Union européenne se fixent pour but de réduire de 20 % au moins en 2020 la production de gaz à effet de serre, par rapport à son niveau de 1990. L'Europe envisage d'aller jusqu'à 30 %, si les autres pays industrialisés font de même. Mais il s'agit d'un objectif global et moyen. Aux termes de l'accord, les Vingt-Sept négocieront leurs propres objectifs nationaux, en fonction "des différents points de départ nationaux" (niveau existant des énergies renouvelables, ressources énergétiques et potentiel de réduction de chaque pays).

Une certaine ambiguité rêgne sur l'objectif de réduction de 20% de la production de GES. S'agit-il de réduire les émissions provenant des combustibles fossiles, y compris en faisant appel au nucléaire, ou de développer jusqu'à 20% la part de la production des énergies renouvelables, nucléaire exclu. Paris entendait que le nucléaire, en tant que source d'énergie faiblement émettrice de gaz à effet de serre, soit pris en compte dans l'attribution des objectifs nationaux de développement des énergies renouvelables. De nombreux autres Etats, en premier lieu l'Allemagne, l'Autriche et l'Irlande ne voulaient pas faire entrer le nucléaire en compte, puisqu'ils continuent à prétendre (contre toute vraisemblance) vouloir toujours "sortir du nucléaire" . Pour lever les réticences françaises, le texte indique que les Vingt-Sept prennent acte de l'évaluation de la Commission sur "la contribution de l'énergie nucléaire dans le cadre de préoccupations grandissantes sur la sécurité des approvisionnements d'énergie et de la réduction des émissions de CO2". Mais pour satisfaire les pays hostiles au nucléaire, notamment , le texte final rappelle "qu'il appartient à chacun des Etats membres de décider s'il aura ou non recours à l'énergie nucléaire".

La chancelière Angela Merkel, qui a piloté la signature du "plan énergétique" adopté par les Vingt-Sept au titre de présidente de l'Union, a reconnu une grande satisfaction à "être arrivée aujourd'hui à des objectifs si ambitieux et crédibles", qui permettront à l'UE "de jouer un rôle d'avant-garde" dans la lutte contre le réchauffement. Pour le président Chirac, cette stratégie globale de lutte contre le réchauffement climatique élaborée par le Conseil européen de Bruxelles " fait partie des grands moments de l'histoire" de la construction européenne. Tout le monde parait donc satisfait - ce qui est une bonne chose en soi. La création d'un fossé entre la France et l'Allemagne sur ce sujet aurait été désastreuse.

Les Verts ne sont pas pourtant apaisés. L'Allemand Fouad Hamdan, directeur pour l'Europe de l'ONG écologiste "Les Amis de la Terre", estime que l'accord signé vendredi 9 mars par les Vingt-Sept n'est qu'une "première étape". Il juge que les Etats avaient les moyens d'aller beaucoup plus loin qu'une réduction de 20 % de la production de gaz à effet de serre d'ici à 2020. Il accuse par ailleurs Paris, qui défend le nucléaire, d'inconséquence. Le nucléaire, pour lui ne peut être une réponse au réchauffement, dans la mesure où c'est une solution ne pouvant intéresser que quelques Etats favorisés comme la France.

Il reste que l'Europe constitue le premier ensemble d'Etats développés dont gros producteurs de GES qui décident de s'engager dans une réduction sensible (bien qu'encore certes insuffisante) de la production des GES. L'intransigeance égoïste des Etats-Unis à cet égard en est d'autant plus soulignée. Quand aux pays émergents, il est vraisemblable qu'ils suivront prochainement l'exemple européen, en adoptant des modalités de réduction adaptées à leurs possibilités économiques;

Concernant la France, le gouvernement et les candidats à la présidence de la République devront préciser un point capital. Ce n'est pas parce que le parc électronucléaire du pays lui permet de satisfaire sans grande difficulté à la réduction de 20% de ses émissions qu'il devra en profiter pour ne pas faire d'efforts nouveaux de réduction. Il devra surtout développer les énergies renouvelables non nucléaires, d'autre part, au même rythme que les pays voisins. Le potentiel de croissance scientifique, technologique et économique attaché à ces énergies renouvelables dépend d'un grand effort d'incitation et de financement. La France ne doit pas laisser ses voisins devenir des leaders dans ces domaines alors qu'elle se satisferait d'améliorer sa production nucléaire - même si cette amélioration, notamment avec l'EPR et la 4e génération, s'impose par ailleurs. Il faudra trouver les crédits, principalement publics, permettant d'investir (puis d'exporter) dans ces deux directions déterminantes. Les retours sur investissements ne se feront pas longtemps attendre. 09/03/07


Mort de Jean Baudrillard

C'est toujours un peu triste de voir disparaître un intellectuel. Cependant, à titre personnel, je dirais que je suis incapable de citer le moindre ouvrage de celui-ci qui m'ait intéressé, et dont je me pourrais me souvenir aujourd'hui. Contrairement aux scientifiques qui s'efforcent de présenter des théories organisées pour expliquer le monde, Baudrillard comme beaucoup de gens se rattachant au "post-modernisme" (est-ce ainsi que l'on dit) n'aura produit que du clinquant - amusant à écouter, facile à oublier...09/03/07


Des RFID en poudre

Dans son livre " Sous l'oeil des puces " (http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/livresenbref.htm), Michel Alberganti attire l'attention sur les avantages mais aussi les risques pour les libertés publiques, que l'usage immodéré des puces RFID peut faire prévoir. Dans notre court commentaire, nous avions eu tendance à minimiser lesdits risques. Qui peut s'intéresser à mes modestes faits et gestes?

Mais peut-être devrons nous revoir ce jugement, avec l'apparition et l'utilisation probablement très proche de puces RFID d'un diamètre de 0,05 millimètre carré, si l'on en croît la revue Technovelgy.com. Ces puces, fabriquées par Hitachi, seraient le développement de l'actuel Mu-Chip de 0,4 milliètre carré (une géante par comparaison). Elles comprennent une mémoire ROM de 128-bit pouvant mémoriser un mot de 38 digits. Hitachi utilise des canons à électrons nouveaux pour la production de composants miniaturisés. Les puces sont si petites qu'elles peuvent être incorporées de façon invisible dans n'importe quel support, même un papier très fin. Elles peuvent aussi servir à identifier des individus sur lesquels elles seraient projetées sans qu'ils s'en aperçoivent. Il s'agit vraiment de la poussière intelligente ou smart dust décrite dans les articles d'anticipation. 09/03/07

Pour en savoir plus
* Voir Technovelgy.com http://www.technovelgy.com/ct/Science-Fiction-News.asp?NewsNum=939
* Sur le Mu-chip, voir Hitachi http://www.hitachi.co.jp/Prod/mu-chip/p0001.html


Microsoft veut tout connaître des contenus des fichiers de santé

Microsoft a depuis un certain temps décidé de s'insérer dans la recherche, la distribution et le traitement à valeur ajoutée des données de santé disponibles dans les journaux médicaux, les fichiers publics et Internet. Il vient d'acquérir à cette fin Medstory Inc., une petite start-up de Foster City, Californie, qui dispose d'un système très avancé d'intelligence artificielle pour traiter de telles données. Connaissant les appétits de la firme de Redmont et son aptitude à générer des droits exclusifs et autres formats propriétaires, on ne peut que se tapoter dubitativement le menton, selon l'expression en vigueur chez le Canard Enchaîné.

* Article du NYT: http://query.nytimes.com/gst/fullpage.html?res=9E04E2DA1E3EF934A15751C0A9619C8B63
* Medstory http://www.medstory.com/


L'adaptation de l'agriculture au changement climatique

L'Institut National sur la recherche agronomique (INRA) a profité du salon international de l'agriculture pour tenir un colloque consacré aux conséquences du changement climatique sur les cultures et l'agriculture, particulièrement en France. Il faut prévoir sur une durée d'au moins 40 ans les changements prévisibles, la plupart négatifs, certains positifs. La nature s'adaptera mais lentement. L'homme peut y aider, par différentes actions portant sur les espèces (génie génétique), les pratiques agricoles et les habitudes de consommation. Ce qui est certain c'est que le modèle consistant à maintenir l'agriculteur à la terre dans les zones menacées d'aridité avec "beaucoup de subventions, beaucoup d'eau et beaucoup d'engrais", ne sera plus longtemps accepté par la collectivité. 08/03/07

INRA http://www.jouy.inra.fr/


La FAO confirme le déclin des ressources halieutiques

Le rapport publié tous les deux ans par la FAO sur la pêche et l'aquaculture confirme les prévisions pessimistes du rapport de Boris Worm présenté dans Science en novembre 2006 et que nous avions évoqué. Les espèces sauvages sont partout en diminution du fait de la surpêche. L'aquaculture, qui utilise principalement des poissons sauvages comme aliment, est plutôt en développement mais cela ne résout pas le problème de la diminution des stocks sauvages. Plus grave, le rapport constate (en termes diplomatiques) l'impuissance des organisations régionales pour contrôler la surpêche. L'exemple de l'Iccat, Commission internationale pour la conservation du thon atlantique, est éclairant. Il a été impossible de diminuer les quotas de capture afin d'assurer la survie du thon rouge. Les premiers responsables du drame écologique qui se préparent sont les gouvernements, qui soutiennent sans vergogne leurs pêcheries. Les gouvernements soutiennent également, au delà des pêcheries, les industriels et les consommateurs qui refusent de modifier leurs habitudes alimentaires. Le Japon est souvent cité mais tous les gouvernements sont coupables, y compris les gouvernements "amis des pêcheurs" de l'Union européenne. La Commission se révèle impuissante vis-à-vis de leurs refus d'agir.

* Présentation du rapport de la FAO (anglais, mais à lire en détail) http://www.fao.org/newsroom/en/news/2007/1000505/index.html


L'hirondelle du printemps chinois?

Lors du discours prononcé le 5 mars 2007 devant les 3.000 députés de l'Assemblée Nationale populaire de Chine, le premier ministre Wen Jiabao a constaté que la croissance chinoise, supérieure à 10% en 2006, entraînait " un excès de la consommation en énergie et une sérieuse pollution de l'environnement ". De plus, tout le monde devrait profiter du développement, grâce à des programmes sociaux plus performants, entre villes et campagnes, de façon à sauvegarder la justice sociale. Il faudrait en conséquence réduire la croissance à 8% et organiser une meilleure distribution.

Ceci montre qu'une " croissance " anarchique, poussée par l'intérêt d'entrepreneurs et de collectivités locales ne se préoccupant pas de l'environnement et de la justice sociale, commence à être perçue en Chine comme menaçante pour les pouvoirs. On peut espérer que rapidement, les solutions permettant de lutter contre la crise climatique et environnementale susciteront davantage d'intérêt en Chine. L'Europe devrait se présenter comme exemplaire dans ces directions, y compris en proposant des partenariats technologiques dont les deux parties pourraient profiter. 07/03/07


Environnement, toujours

L'ONG internationale Les Amis de la Terre reproche aux banques françaises de ne pas assez encourager la diminution par leurs clients de la production des gaz à effet de serre. Elle a publié, le 6 mars, un rapport (non encore en ligne) très critique sur la contribution des banques françaises à la réduction des émissions de GES. Le rapport constate que les banques jouent un rôle majeur en matière de climat, via leurs choix de financement et d'investissement dans les projets des industriels, comme en amont, dans leur métier de conseil aux entreprises. Or sauf deux exceptions, aucune n'a mis en place "une politique climatique et énergétique crédible". Doivent-elles refuser de financer les projets polluants (faisant notamment appel à l'énergie fossile) alors qu'elles ont compris l'intérêt commercial de se positionner sur le marché du carbone, en gérant les quotas d'émissions des entreprises. Sébastien Godinot, co-auteur du rapport avec Deborah Lambert-Perez, encourage les banques intervenant dans le secteur de l'énergie, BNP Paribas, la Société générale et le Crédit agricole, à suivre l'exemple de grandes banques internationales comme la britannique HSBC ou l'américaine Goldman Sachs. Celles-ci ont reconnu publiquement leur responsabilité en matière d'émissions indirectes de CO2 et se sont engagées à les réduire. Il recommande des mesures simples à mettre en place: des prêts spécifiques et des facilités de crédit en faveur des énergies renouvelables ; un renchérissement du crédit pour les énergies polluantes ; un engagement à ne plus financer de grands projets d'infrastructure ou d'extraction pétrolière dans des zones protégées.

On observe là, même si les industries pétrolières et autres ne se laisseront pas maltraiter sans réagir par leurs "amis" du secteur bancaire, une évolution importante dans l'approche du financement des projets, lié à un début de prise de conscience du changement climatique et de ses risques. Il restera aux gouvernements à modifier de la même façon leurs politiques fiscales et d'aides aux entreprises. La Commission européenne devra également s'impliquer dans de telles orientations. 07/03/07

*
Les Amis de la Terre http://www.amisdelaterre.org/


Environnement

Signalons l'existence de l'AFITE, Association Française des Ingénieurs et Techniciens de l'Environnement, un métier qui devrait monter...comme les températures et le niveau des mers...
http://www.afite.org/


Après Airbus, Galiléo. Faut-il désespérer de l'Europe?

L'Agence spatiale européenne (ESA), confronté aux "incertitudes" du programme Galiléo, vient d'aanoncer le 05/03, la commande d'un nouveau satellite expérimental, Giove-A1, qui n'était pas prévu au programme et qui occasionnera une dépense supplémentaire de 30 millions d'euros. Le contrat a été attribué à Surrey Satellite Technology Ltd, l'entreprise britannique qui a construit Giove-A, seul engin de démonstration à avoir été placé en orbite, en décembre 2005. Le satellite Giove-B, plus sophistiqué, qui devait succéder à Giove-A1, a, au cours d'essais, subi une panne qui a révélé des problèmes d'organisation au sein du consortium de huit entreprises, parmi lesquelles EADS, Thales et Alcatel-Lucent, appelées à construire le reste du système de trente satellites dont elles doivent devenir les concessionnaires.

Le lancement de Giove-B n'est plus prévu avant la fin 2007. Les risques de nouveau délai ont contraint l'ESA à préparer un tir de secours en 2008, permettant de se prémunir contre la perte des fréquences attribuées à Galileo si aucun signal n'est envoyé de l'espace durant deux années d'affilée (NB: cette clause a été imposée par les Etats-Unis à l'Europe). .

Le contrat de concession, déplore Jacques Barrot, le commissaire européen aux transports, ne peut encore être signé. Les huit membres du consortium n'ont toujours pas mis en place la structure juridique promise, ni désigné son futur patron. Ils tardent à finaliser l'offre améliorée qui permettrait de signer un contrat avant la fin de l'année. "Aucune des conditions posées lors de la désignation du consortium n'est respectée, et nous ne comprenons pas l'origine de ces problèmes".

Nous croyons pour notre part comprendre l'origine des problèmes. Plutôt que déléguer la gestion d'un programme de souveraineté à des entreprises privées qui ne songent qu'à envenimer leurs conflits d'intérêt à court terme, sans aucun arbitre entre elles, mieux aurait valu en confier directement la maîtrise d'ouvrage à l'ESA, représentant directement les puissances publiques. Libéralisme et aéro-spatial ne font pas bon ménage. Dommage que Galiléo en donne, après Airbus, la démonstration. Le programme a pris tellement de retard que l'on se demande quel sera son impact sur un secteur plus que jamais dominé par les Américains et bientôt par les Chinois. Les uns et les autres doivent bien rire. 07/03/07


Plan d'action "énergie et climat" présenté par la Commission au Conseil

Le Conseil européen des 8 et 9 mars doit se prononcer sur le plan d'action "énergie et climat" présenté par la Commission le 10 janvier dernier. On trouve ce plan sur le site de Toute l'Europe. Nous estimons pour notre part que la crise climatique et environnementale donnera à l'Europe l'occasion de reprendre une place éminente dans un monde désormais multipolaire. Elle pourra proposer aux autres Etats comme à l'ONU des références scientifiques, technologiques, de comportement économique et de gouvernance qui seraient exemplaires. Ceci notamment face à l'égoïsme persistant des Etats-Unis. Encore faudra-t-il que les Etats européens s'entendent, avec la Commission, sur des propositions audacieuses. Il ne faudra pas se borner à traiter les questions de la seule l'énergie, surtout si c'est pour se limiter au pétrole et au gaz. Cette question sera commentée à nouveau dans cette gazette après le Conseil européen. 07/03/07


Création d'un Forum International des biocarburants

Sous l'impulsion du Brésil, les Etats-Unis, la Commission européenne, la Chine, l'Inde et l'Afrique du Sud ont lancé à l'ONU des travaux visant à établir un marché mondial des biocarburants destiné à stimuler l'utilisation de l'éthanol et du biodiesel (produits à partir d'espèces végétales), en remplacement des carburants fossiles qui contribuent au réchauffement de la planète. Les cinq pays et l'UE ont décidé de créer un Forum international des biocarburants, au sein duquel ils constitueront deux groupes de travail, le premier consacré à l'échange de technologies, le second à l'établissement de "standards" en termes de qualité, de transport ou de distribution. Contrairement à l'Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP), le Forum rassemblera producteurs et consommateurs. Une conférence internationale sur les biocarburants pourrait aussi se tenir en 2008 au Brésil.

Le Brésil est en pointe dans ce domaine. Le président Lula en discutera lors de la visite de G.W. Bush à Sao Paulo. Le marché des biocarburants permettrait d'établir des cours pour l'éthanol, dont l'importation est frappée, aux Etats-Unis et en Europe, de surtaxes destinées à protéger les agricultures nationales. L'opération passerait aussi par l'harmonisation des normes de production, variables en fonction des pays et des cultures (canne à sucre au Brésil, maïs aux Etats-Unis, betterave et tournesol en Europe).

Il faudra veiller cependant à ne pas favoriser, notamment dans les pays tropicaux et équatoriaux, la disparition des couverts naturels et celle des production vivrières, sous la pression des capitaux qui s'investiront dans les bio-carburants. Il existe bien d'autres solutions que l'appel à des cultures pour produire de tels carburants: la bio-masse, les algues, etc. Par ailleurs, il faut rappeler que les bio-carburants ne doivent pas être produits en consommant du pétrole. Logiquement, la production devrait faire appel elle-même à des bio-carburants. De toutes façons les biocarburants ne doivent pas favoriser la poursuite de l'hyper-consommation automobile, par exemple permettre à chacun de rouler en 4/4 sinon en "humver". 06/03/07


L'étonnant conservatisme allemand en matière d'emplois féminins

On ne se rend pas toujours compte en France de l'incroyable conservatisme allemand concernant la femme au travail et la nécessité de l'aider. La proposition récente de la ministre de la famille CDU Ursula von des Leyen visant à créer 500.000 places de crèche suppllémentaires à provoqué une polémique importante, de la part de l'Union Chrétienne et de l'église catholique de Bavière. La baisse de la natalité qui devient inquiétante en Allemagne est pourtant imputée par les démographes au fait que les femmes qui travaillent ne peuvent faire garder leurs enfants de moins de 3 ans ( 8% seulement peuvent être confiés à des établissements). Malheureusement le modèle traditionnel de la femme ( Kinder, Küche, Kirche ) n'encourage pas davantage la natalité, car il ne répond plus aux ambitions professionnelles de beaucoup de jeunes femmes. L'église protestante reste beaucoup plus prudente sur ce sujet. La France est par comparaison avec l'Allemagne d'un incroyable progressisme. Sa natalité en bénéficie. 02/03/07


Combien de porte avions américains?

Selon le colonel Dan Smith, expert militaire http://www.counterpunch.org/smith02262007.html, la situation de la flotte de PA (carriers) américain est la suivante (la traduction ne s'impose pas)

• By my count, four carriers are in maintenance: Kitty Hawk, George Washington, Abraham Lincoln and Carl Vinson. The Lincoln is due to emerge at the end of February 2007.
• John F. Kennedy is being decommissioned (retiré du service) next month;
• Three carriers are in the Atlantic: Enterprise, heading home after completing a tour in the Arabian Sea area; Theodore Roosevelt; and Harry Truman;
• One carrier is in the Pacific: Ronald Reagan (covering the Kitty Hawk's traditional position);
* Three carriers are in the Persian Gulf-Arabian Sea-Indian Ocean- Gulf of Oman vicinity: Dwight Eisenhower, John Stennis, and Nimitz, which is relieving the Eisenhower.

Lorsque 3 PA sont rassemblés sur une zône, on en infère qu'une offensive se prépare. Ici contre l'Iran, associant ou non Israël. Mais notre expert en doute.

Question aux candidats à la présidence de la République française: combien de porte-avions européens, quel pavillon et où? 02/03/07


Que se passe-t-il à l'Insee ?

Sans accuser a priori l'Insee d'avoir sciemment reporté après les élections la parution des chiffres du chômage, parce qu'ils n'étaient pas aussi favorables que le gouvernement l'affirmait, il faut quand même constater qu'il y a doute. L'Insee est-il ent train de perdre son âme austère et apolitique. Sans faire appel au passé, il faut reconnaïtre que jusqu'à ces dernières années, un tel procès, fut-il mal fondé, n'aurait jamais pu être fait à l'Institut, dont la rigueur frisant le jansénisme était insoupçonnable. 02/03/07


Les investissements étrangers en France

L'Agence française pour les investissements internationaux (AFII) évalue les investissements étrangers en France en 2006 à 58,4 milliards d'euros (pour 665 projets au total). Ils auraient permis l'embauche ou le maintien dans leur emploi de 39.998 salariés, soit une hausse de 32,7 % par rapport à 2005. Les investissements étrangers se sont répartis entre des créations de sites (36,1 % des emplois créés), des extensions (40,2 % des emplois) et des reprises d'entreprises en difficulté (20 %). Ces deux dernières catégories d'investissements ont permis de maintenir 3 432 emplois grâce à 17 projets.

La prépondérance des investisseurs européens se renforce dans les créations d'emplois (64,6 %) devant les nord-américains (27,2 %). Par pays, le classement place en tête les Etats-Unis (23,8 % des emplois créés), puis l'Allemagne (16,4 %), le Royaume-Uni (10,6 %) et la Suède (8,9 %) (Ikea, Renault Trucks et les centres d'appel de Transcom). La Chine a progressé au septième rang (3,9%).

Alors que la France souffre de désindustrialisation, les capitaux étrangers confirment leur intérêt pour le secteur manufacturier : ce dernier représente à lui seul 63,5 % des créations d'emplois. Ceci signifie incontestablement une reconnaissance de la productivité française, notamment dans les secteurs technologiques, illustré par l'implantation de l'usine de vaccins de GlaxoSmithKline américian à Saint-Amand-les-Eaux. Les pôles de compétitivité français, dont 16 internationaux, ont joué un rôle en ce sens, ainsi que le crédit d'impôt recherche. Six régions françaises ont concentré les deux-tiers des créations d'emplois : l'Ile-de-France (22,5 %), toutRhône-Alpes (10,4 %) toutes deux cependant en baisse; , PACA (9,4 %), Nord-Pas-de-Calais (7,1 %), Midi-Pyrénées (6,9 %) et la Bretagne (5,4 %), en hausse.

Reste à s'interroger sur les bénéfices à long terme de ces implantations. Seront-elles durables? Ont-elles été la conséquence ou ont-elles entraîné des destructions d'emplois dans des entreprises françaises? Ne s'agit-il pas parfois d'une forme d'espionnage industriel et d'entrisme dans les mécanismes de financement européen, surtout lors qu'il s'agit d'entreprises non européennes? Balancent-elles les opérations de délocalisation à l'étranger des entreprises françaises, dont l'AFII par définition ne traite pas? Comment enfin essayer d'harmoniser, au plan européen tout particulièrement, les échanges d'investissements entre Etats-membres? On ne voit pas l'amorce d'une réflexion à ce sujet au plan communautaire, où le réflexe national demeure prépondérant. Il est curieux à cet égard de voir l'AFII traiter d'investissements internationaux ou étrangers tout ce qui passe nos frontières nationales, sans faire de différence entre l'intra-communautaire et l'extra-communautaire, pourtant très différents semble-t-il en ce qui concerne la cohésion européenne. 02/03/07

AFII http://www.investinfrance.org/France/?l=fr


Le lanceur Soyouz bientôt à Kourou

La première pierre du pas de tir de la fusée russe a été posée près de Kourou, dans la savane Malmanoury, sur le littoral guyanais, le 26 février. Le premier lancement devrait avoir lieu fin 2008 depuis Sinnamary, où 250 Russes sont attendus dès 2007. Le projet est de 344 millions d'euros, financés aux deux tiers par l'Agence spatiale européenne et l'Union européenne, et pour un tiers par un emprunt contracté par Arianespace.

Tiré jusqu'à présent depuis Baïkonour, au Kazakhstan, Soyouz pourra, à partir de la Guyane, mettre sur orbite de transfert géostationnaire un satellite de trois tonnes, pour compléter à terme l'offre de lancement d'Arianespace, entre le lanceur lourd Ariane 5 (10 tonnes ) et la petite fusée italienne Véga (300 kg), à raison de deux à quatre lancements par an. Comme les autres, Soyouz profitera au maximum, en vertu de la position quasi équatoriale de la Guyane, de la rotation de la Terre, qui permet d'accroître la performance des lanceurs.

Des emplois en résulteront, principalement russes. A chaque lancement, environ 250 Russes viendront en « mission » pendant deux mois. Une centaine d'emplois permanents seront créés à Kourou pour Soyouz, dont certains seront russes. Les impôts locaux bénéficieront aussi de toute cette activité.

Au delà de cet aspect local, la coopération entre la France, l'ESA et la Russie est de bonne signification pour l'avenir. Elle montre que si les gouvernements le voulaient vraiment, une alliance stratégique entre l'Europe et la Russie serait, non seulement possible et profitable, mais porteuse d'un grand intérêt face à la concurrence des nouveaux entrants. Signalons aussi que la France, dans cette aventure, apporte à l'Europe non seulement sa compétence industrielle et spatiale, mais l'atout considérable d'un territoire d'outre-mer particulièrement bien placé. Comme pour ce qui concerne l'atlantique et le pacifique sud, les territoires français représentent un intérêt géostratégique et scientifique considérable. Cela mérite bien quelques efforts pour que les populations qui y vivent en reçoivent les retombées légîtimes. 01/03/07


L'ASAQ fait bouger l'empire des firmes pharmaceutiques

Le 1er mars 2007, la firme phamaceutique franco-européenne sanofi-aventis et la fondation Drugs for Neglected Diseases initiative (DNDi) ont annoncé que l'ASAQ, la nouvelle association fixe d’artésunate (AS) et d’amodiaquine (AQ), sera bientôt disponible à travers l’Afrique sub-saharienne. ASAQ est le premier médicament développé par les partenaires “FACT” (“Fixed-dose, Artemisinin-based Combination Therapy”) coordonnés par DNDi en partenariat avec sanofi-aventis.

Selon ActwithAsaq ( http://www.actwithasaq.org/fr/press.htm ) : Une des 4 associations à base d’artémisinine - artemisinin-based combination therapies (ACTs) - qui ont été recommandées par l’OMS depuis 2001 pour réduire le développement de résistances, l’association AS plus AQ, est maintenant disponible sous la forme d’ASAQ, une nouvelle formulation à doses fixes. Elle sera disponible dans tous les marchés, y compris les marchés publics, à un prix préférentiel. A ce jour, parmi les 41 pays de l’Afrique sub-saharienne qui ont adopté les ACTs dans leurs protocoles de traitement du paludisme, 20 pays ont choisi l’association d’artésunate et d’amodiaquine.

ASAQ est un médicament innovant pour traiter le paludisme qui est :
- Adapté aux besoins des patients de tous âges. C’est une association à doses fixes de deux médicaments très connus, selon les recommandations de l’OMS,
- Simple avec une seule prise par jour, facile à suivre pour le prescripteur et le patient,
- Accessible, non breveté, à un prix abordable,
- de qualité en matière de développement galénique, de production et de stockage.

Pour notre part, nous nous étions déjà étonné que les médias et les politiques ne fassent pas plus d'écho à une initiative exemplaire ( du moins si ce qui est annoncé correspond à la réalité). Pour une première fois, des ONG, dont Médecins sans frontière, des universités publiques, les agences de l'ONU et un partenaire de l'industrie pharmaceutique se sont associés pour produire et diffuser à bas prix (1$ la boite à ce jour), un médicament capable de soigner une maladie qui tue plus d'1 million de personnes par an dans les pays pauvres, et génère une misère en proportion. Sanofi-Aventis, firme européenne, a donné l'exemple de ce qui pourrait devenir une nouvelle politique des entreprises pharmaceutiques du Continent: refuser le jeu à la fois criminel et suicidaire consistant à protéger par des brevets des médicaments susceptibles de guérir les maladies de la grande pauvreté. Ces brevets sont encore défendus bec et ongles par les entreprises nord-américaines, contre les génériqueurs de l'Inde et de la Chine. La question a été posée également à propos des vaccins, notamment celui susceptible de protéger du H5N1, avec la " révolte de l'Indonésie" que nos lecteurs ont certainement suivie, et sur laquelle nous reviendrons peut-être. Souhaitons en attendant bonne chance à l'Asaq.

Par Jean-Paul Baquiast - Publié dans : gazetadmiroutes
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Mercredi 28 février 2007
 

Lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:
* Les experts du climat doivent signaler les risques dépassant la moyenne http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/edito.htm

L'irresponsabilité Littuanienne

L'article ci-dessous, La crise des euro-missiles2, évoque la déstabilisation de l'Union européenne qui résulte des efforts continuels des Etats-Unis pour enrégimenter dans leur conflit latent avec la Russie les pays de l'Est européens, nouveaux entrants dans l'Union. Mais ceux-ci y mettent du leur. Manifestement, ils ne sont entrés dans l'Union que pour détourner son fonctionnement normal au profit de leurs intérêts particuliers: bénéficier du parapluie de l'Otan (alors que personne en fait ne les menace plus) et plus généralement se donner les moyens de procéder à des chantages sur les pays voisins, notamment la Russie. Aujourd'hui, on voit la Littuanie, après la Pologne, se livrer à des agressions non seulement inutiles mais dangereuses contre la Russie, à propos de l'énergie. L'Union européenne toute entière voit ainsi ses relations actuelles et futures avec la Russie se dégrader, pour le bénéfice de nouveaux membres mineurs, qui ne consultent personnes et qui se croient autorisés à se comporter en super-puissance alors que sans l'Union ils ne seraient rien.

Evidemment, si l'Union ne dit rien, c'est parce que l'influence américaine, relayée par la Grande Bretagne, y demeure très forte. L'Allemagne et la France, qui auraient intérêt à conserver de bonnes relations de coopération, notamment industrielles, avec la Russie, semblent réduites au silence. Or c'est peut-être une crise d'identité profonde de l'Europe qui se prépare. Si celle-ci renonce à se comporter comme une puissance responsable, en coordonnant les divagations diplomatiques de ses membres et en s'opposant plus fermement aux emprises de l'américanisme, on ne donnera pas cher de son avenir. 26/02/07


La crise des euro-missiles2

Si l'on en croit les citations et commentaires généralement avisés de notre ami de Dedefensa, à qui nous empruntons ce terme d'euro-missiles2, http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3739, les buts que poursuivent les Etats-Unis en prétendant installer des bases d'anti-missiles en Europe sont beaucoup plus dangereux pour la paix mondiale qu'initialement prévus. On considérait jusqu'à présent que sous couvert de protection contre des missiles balistiques venus d'Iran ou d'un autre pays de l'axe du mal, cette immixion américaine sur le territoire européen avait principalement pour but de faire éclater l'Union européenne en deux camps, ceux qui défendent l'alliance atlantique sur fond de soumission à l'Amérique (qu'en pense Romano Prodi ce jour?) et ceux qui ont le front de vouloir s'en émanciper. Mais la politique américaine, selon ces commentaires, viserait un tout autre but. Il s'agirait de rendre possible une première frappe contre la Russie et la Chine. Comment, direz-vous? Avec ces missiles anti-missiles? Certainement pas. La frappe aurait lieu avec les missiles balistiques à tête nucléaire dont les Américians sont dotés en abondance. Les anti-missiles serviraient seulement à incapaciter une riposte venant d'une Russie au trois quarts détruite, mais capable encore d'envoyer quelques vieux engins en "retaliation". Ces engins n'iraient pas loin.

On conçoit que si la stratégie américaine était telle, la Russie ne resterait pas les mains dans les poches. Elle va relancer de son côté la course aux armements et ce sera l'Europe qui, la première, sera sous le feu de la riposte russe. C'est bien ce que l'Allemagne commence à craindre. Décidément, séparer définitivement l'Europe de l'Amérique, face aux irresponsables de Washington, parait la seule solution de sagesse. S'en avise-t-on en France? 22/02/07


Démocratisation en Chine

On considère parfois en Occident qu’une faiblesse quasi congénitale de la Chine consiste en la coexistence d’une population de 200 à 300 millions de citoyens dynamiques, répartis dans les provinces maritimes du sud-est, et de plus de 600 millions de paysans archaïques, en proie à tous les maux du sous-développement, aggravés par la crise climatique. On en déduit que le manque de démocratie à l’occidentale ne donnant pas à ces masses la possibilité de s’exprimer, il s’ensuivra prochainement de véritables révolutions de la misère, qui ébranleront l’Empire dans ses profondeurs. Autrement dit, ce qui reste d’autocratie et de dictature en Chine ne l’aidera pas à se moderniser.

Mais ce n’est pas le point de vue de certains des porte-parole de l’autocratie dirigeante, qui n’est pas aussi stupide que les Occidentaux le pensent. Pour eux, l’introduction d’une démocratie à l’européenne provoquerait des revendications de consommation qui seraient insupportables. 600 millions de Chinois ne peuvent pas prétendre acheter des voitures, se loger et vivre sur le modèle occidental. Il faut donc pendant au moins une décennie, dans le cadre d’un dirigisme éclairé très ferme, mettre en place les bases d’une société produisant et consommant autrement, c’est-à-dire faisant appel à des processus et des technologies écologiquement supportables. Plusieurs centaines de millions de citoyens en supporteront le coût, pendant peut-être une à deux générations, mais ce sera le prix à payer pour qu’une Chine adaptée au monde de demain, qui sera un monde de la rareté, puisse voir le jour. Cette stratégie n’est évidemment possible que dans une société où la vie des pauvres n’a guère de valeur, du moins pour le moment.

Qu'en est-il de l'Inde à cet égard? Un ami franco-asiatique nous a indiqué que la démocratisation croissante sur le mode occidentale qui se développe dans ce pays inquiète beaucoup de dirigeants. Il ne sera plus possible d’obtenir de représentants élus les mesures très dures qui seraient nécessaires pour moderniser en profondeur l’économie indienne, afin notamment de lui permettre de faire face à la crise climatique. L'excès de démocratie formelle, s'il conduit à la démagogie, constituera aussi un des grands problèmes des pays européens.


A qui profitent les super-profits des firmes françaises?

Les médias célèbrent actuellement les "super-profits" qu'affichent beaucoup d'entreprises du Cac 40, dont quelques-unes sont françaises. La gauche au contraire s'en indigne et voudrait les imposer beaucoup plus sévèrement. Pour juger sainement, il faudrait savoir à quoi servent ces profits. S'ils étaient réinvestis immédiatement par les entreprises ou si, via l'épargne des actionnaires, ils étaient réinvestis indirectement dans les secteurs productifs, ces profits seraient excellents. Mais s'ils vont alimenter des actionnaires qui n'ont qu'un objectif, les consacrer à des dépenses de consommation-gaspillage ou, ce qui n'est pas mieux, les investir chez des concurrents des entreprises européennes, nous ne pourrions pas nous en réjouir. Or comme les fonds d'investissement et de pensions qui récupèrent ces bénéfices sont étrangers, pour la plupart de nationalité américaine, plus les entreprises du Cac font de bénéfices non réinvestis, c'est-à-dire distribués - plus elles aggravent à terme leur situation. 22/01/07


Le combat du cœur et du portefeuille

J’ai évidemment passé l’âge des enthousiasmes juvéniles. Je ne peux cependant m’empêcher de réagir en sympathie avec les foules de militants qui soutiennent Ségolène dans ses meetings. La belle histoire de la gazelle ayant « bouffé » du lion ne peut que nous émouvoir tous. En face de cela, le projet droitier de NS apparaît de plus en plus sinistre. Dans son interview du 21 février, il bat le rappel de sa clientèle de droite : baisse des impôts, heures supplémentaires, service garanti dans les services publics… Voilà bien de quoi faire chaud à l’âme. Ce sera de plus en plus le combat du cœur et du portefeuille – et encore, du portefeuille dans ce qu’il a de plus égoïste. 21/02/07


L’appel de Cohn-Bendit

Sur France Inter le 21 février, Cohn-Bendit, co-président du parti des Verts au parlement européen, appelle à un rapprochement entre le PS représenté par Ségolène Royal (et non par ses éléments les plus archaïques), Dominique Voynet et François Bayrou, l’homme qui monte. Son idée, qui me parait plutôt bonne, est que Bayrou ne réussira sans doute pas à figurer au premier tour. Il devrait donc dès maintenant montrer qu’il serait prêt à jouer tout son rôle dans une union de gouvernement centre gauche-gauche-Verts. Mais pour cela, Bayrou doit convaincre qu’il ne ralliera pas la droite s’il échoue et que son projet est vraiment novateur, dans le sens indiqué ci-dessus. Le discours de Cohn-Bendit s’adresse aussi aux socialistes. Il faudrait dans les semaines qui viennent éviter d’ostraciser Bayrou ou Voynet mais montrer qu’ils auront toute leur place dans un programme de gouvernement centré (notamment) sur la lutte contre le dérèglement climatique et environnemental. Pour le moment, évidemment, Bayrou se refuse à envisager qu'il ne puisse pas figurer au 2e tour. Tactiquement, on le comprend. 21/02/07


Fraude fiscale et effectifs des vérificateurs

Le montant de la fraude fiscale, sous toutes ses formes, atteint 1,7 % à 2,3 % du produit intérieur brut, selon des chiffres tirés d'un rapport du Conseil des prélèvements obligatoires (un organe de la Cour des comptes) à paraître le 1er mars. Pour le Syndicat unifié des impôts, la perte serait de 40 à 50 milliards, hors cotisations sociales. Même si toutes ces fraudes ne sont pas évitables par un renforcement des contrôles, l’amélioration de ceux-ci permettrait de trouver certains des milliards que les candidats à la présidentielle française recherchent pour réformer la France. Mais quand on veut supprimer un poste sur deux parmi les départs à la retraite, ce n’est pas ainsi que l’on renforcera les brigades de vérifications ni qu’on les rendra plus intelligentes.
La question présente évidemment un aspect européen majeur. Tant que les taxes ne seront pas harmonisées, les fraudes seront facilitées. Mais on peut néanmoins contrôler les fraudeurs, avec des personnels et des systèmes informatiques adéquats (voit la TVA intracommunautaire).


Huchon doit démissionner

Jean-Paul Huchon ne rend pas service à la gauche en se cramponnant à son poste de président de région. Même si l’appel est suspensif et lui laisse le droit de rester, il n’est plus, pour le moment, politiquement crédible. Concrètement, si Ségolène Royal envisageait de faire un meeting en Ile de France avec Huchon à ses côtés, on imagine les critiques de la droite. Faudrait-il alors interdire l' Ile de France à Ségolène? 21/02/07


Une vraie réforme de la constitution

Guy Carcassonne, professeur de droit constitutionnel, a expliqué de façon très convaincante sur France Culture le 19/02 que la seule vraie réforme de la constitution qui s'impose en France est la suppression du cumul des mandats pour les députés. Ainsi ceux-ci, libérés du souci d'un mandat local, pourraient se consacrer entièrement au contrôle de l'exécutif et à des questions de grand intérêt général examinées en commissions parlementaires. Rien de cela ne peut se faire en France. De plus, les élus locaux qui souhaiteraient poursuivre une carrière politique pourraient alors faire acte de candidature au Sénat, où ils apporteraient leurs compétences sans compromettre le fonctionnement de la Haute Assemblée. Une réforme soft du Sénat s'ensuivrait donc. Guy Carcassonne propose une autre mesure, moins spectaculaire mais importante. il s'agirait d'offrir aux parlementaires provenant de l'entreprise et ne souhaitant ou ne pouvant pas y retourner une carrière de type Inspection Générale rémunérée par le budget public. Ainsi, la surreprésentation des fonctionnaires publics dans les assemblées pourrait-elle décroître.

L'argument selon lequel un bon député doit connaître le local et donc être élu local n'est que de facade. Il sert seulement à préserver les intérêts de ceux qui, comme Nicolas Sarkozy et beaucoup d'autres, ont toujours bénéficié du cumul pour se construire une carrière personnelle. Ségolène Royal est la seule à proposer la suppression du cumul. Bayrou l'évoque, mais plus mollement. Ce devrait être une raison pour ceux qui veulent vraiment réformer les institutions de voter pour SR. 17/02/07


Tous métissés?

François Héran, directeur général de l'Institut National des études démographiques (http://www.ined.fr/), explique dans un livre qu'il faut lire (Le temps des immigrés, Seuil/La République des idées) tout ce qu'il faudrait savoir pour ne pas dire de bêtises à propos de l'immigration. L'Europe, et la France en particulier, doivent absolument composer avec un phénomène aussi irrésistible que...disons, le réchauffement climatique. Il propose un certain nombre de solutions permettant d'amortir le choc, si choc il y a. Les électeurs de Le Pen eux-mêmes devront se résoudre à ce que, comme le prévoit l'auteur et vu le différentiel de fertilité entre immigrés et autochtones, l'Europe entière (France comprise évidemment) devienne métissée visible, c'est-à-dire fortement et uniformément colorée, d'ici quelques décennies. Les Isréaliens non arabes auront le même problème, à plus petite échelle, avec les Palestiniens. 18/02/07


Sondage aux Etats-Unis

Le dernier sondage du Pew Research Center for the People & the Press, réalisé les 7/11 février parmi 1.509 personnes, mesure la dégradation de l'opinion des Américains concernant les chances de gagner la guerre en Irak, l'état de santé du pays et ...après de nombreuses autres questions dont il convient de méditer les réponses, la façon de qualifier G.W. Bush par un seul adjectif, dont on trouvera la synthèse ci-contre. Les Américains semblent maintenant de plus en plus conscients de la perte de crédibilité et de puissance de leur pays. Mais apparemment ils ne voient pas par quelles voies et sous la férule de qui réagir. http://people-press.org/reports/print.php3?PageID=1117

Beaucoup parmi les atlantistes français ou européens commencent à expliquer que si, effectivement, l'Amérique n'a pas donné le bon exemple jusqu'à présent, du fait de son unilatéralisme (mot qui remplace progressivement celui d'impérialisme), les choses changeraient actuellement. L'Amérique redeviendrait "gentille" après avoir été "méchante". Elle serait de nouveau fréquentable par les Européens. Il ne faudrait donc pas décourager son retour à la gentillesse en ayant pour elle des mots trop durs. Ce n'est pas notre opinion. Atlantistes un jour. Atlantistes toujours. Nous pensons pour notre part que l'Amérique, gentille ou méchante, constitue toujours le plus grand obstacle à la construction d'une Europe indépendante et souveraine. Tous les Démocrates du Congrès n'y changeront rien. L'Europe donc cesser de vouloir continuer à vivre sous son ombre (c'est-à-dire par exemple comme viennent apparemment de le décider les Polonais après les Tchèques, sous l'ombre d'un système anti-missiles dont le seul intérêt stratégique est de rappeler aux Européens qu'ils restent encore des vassaux. 18/02/07


La France, puissance souveraine

Notre ami Philippe Grasset se félicite (http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3723) du fait que le jugement prématuré de Ségolène Royal concernant l'inutilité d'un 2e porte-avion ait soulevé de nombreuses mises au point, y compris au parti socialiste. Selon Les Echos, "Les spécialistes de la défense au PS, le délégué national du PS à la défense, Louis Gautier, et la députée PS du Finistère Patricia Adam ont réajusté vendredi la position de Ségolène Royal" . Pour Philippe Grasset, la France serait le seul pays au monde où un tel sujet soulèverait tellement d'intérêt passionné. Si tout le monde parait y vouloir le 2e PA, il y voit un héritage encore bien vivant du Gaullisme, qui "fait toujours pencher vers l’argument de l’indépendance et d’une défense forte". "Le débat politique sur un tel sujet reconduit toujours aux concepts associés à celui de puissance: l’autonomie, la souveraineté, la légitimité" .

.Les Français auraient bien voulu, et ne désespèrent pas, que cette idée de la puissance soit adoptée et transposée au plan de l'Union par nos partenaires européens. Mais à défaut, ils ne veulent pas l'abandonner pour ce qui les concerne, dussent-ils se serrer la ceinture dans d'autres domaines. Je suis d'ailleurs de ceux qui estiment qu'un PA joue un aussi grand rôle dans l'éducation populaire et la cohésion sociale, par l'image qu'il donne, qu'une énième réforme de l'éducation 1). Les deux d'ailleurs ne s'excluent pas. On peut penser comme Philippe Grasset qu'il s'agit là d'un trait bien particulier qui distingue et honore notre nation, à droite comme à gauche. Il serait bon de ne pas l'oublier, car bien des sursauts pourraient en découler, n'en déplaise aux déclinistes. 18/02/07

1) voir photo ci-dessous, dont la puissance symbolique (mémétique) n'échappera pas.


La question du chiffrage des propositions des candidats

Je reviens sur la question de savoir si les candidats aux élections présidentielles et leurs partis doivent s’évertuer à chiffrer le coût que représentera leur programme de réformes. J’avais avancé précédemment que cet exercice n’avait guère de sens, sauf à raisonner par très grosses sommes. Les candidats, surtout s’ils visent à provoquer de véritables ruptures, n’ont donc pas intérêt à se laisser enfermer dans des calculs nécessairement biaisés. Ces calculs s’appuient sur les données actuelles et postulent dans l’ensemble que les perspectives pouvant en être tirées ne changeront pas en 5 ans (rebus sic stantibus, comme on dit élégamment). Que peut-on reprocher à de tels calculs? Ceci, entre autres:

- Traiter tout ce qui est investissement susceptible de créer de la compétitivité et des emplois comme s’il s’agissait de dépenses de fonctionnement des collectivités publiques : financement de la recherche, financement des universités, financement de l’innovation industrielle (par les Agences), aide aux grands équipements structurants (notamment ferroviaire et maritime), financement des politiques de souveraineté (notamment le militaire et le spatial, dont les retombées sont nécessairement duales), etc. Ces dépenses devraient être mises hors budget courant et être inscrites dans des fonds bénéficiant d’avances de l’Etat remboursables sur 10 à 20 ans. Ou bien elles sont engagées de façon stupide, et elles ne rapporteront rien. Ou bien elles seront bien conçues et bien suivies, et elles se rembourseront d’elles-mêmes en quelques années. Il faut donc trouver un mécanisme de financement susceptible d’étaler le retour sur investissement. Dans les propositions actuelles des candidats, ces dépenses sont trop sous-évaluées et devraient être augmentées.

- Faire l’hypothèse que si la France engageait de grandes politiques « de puissance » telles qu’esquissées ci-dessus, l’amenant à dépasser le 3% de déficit accordé par le traité de Maëstricht, l’Union Européenne et les autres Etats se borneraient à la condamner. On doit au contraire faire l’hypothèse que la France créerait de véritables débats de société sur l’avenir de l’Europe en général et des grands Etats-membres en particulier. Si elle décidait par exemple d’augmenter de 20 ou 30% ses budgets de R/D, en affrontant l’opposition de la Commission, les grands Etats tels que l’Allemagne seraient obligés de faire comme elle.

- Oublier que dès les 5 prochaines années, le développement mondial de la crise climatique et environnementale aura nécessairement changé le consensus actuel sur le bien fondé du libéralisme et du capitalisme financier. D’innombrables mesures relevant du « dirigisme » seront nécessaires et obligeront à redéfinir de nouveaux cadres économiques et financiers. Un seul exemple : la taxe carbone dont tout le monde parle. Un tel « prélèvement obligatoire » n’aura rien de comparable aux autres. Ce ne sera pas une ressource stable, puisque par définition la matière imposable évoluera en fonction de l’évolution de la crise et de la façon dont on voudra lutter contre elle. Or cet impôt prendra de plus en plus d’importance, en modifiant beaucoup de comportements économiques. Faudra-t-il l’utiliser à abonder le budget général ou au contraire à financer des comptes spéciaux destinés au soutien des énergies renouvelables et des économies d’énergies.

- Oublier enfin que, dans les 5 prochaines années, le multilatéralisme mondial sera sans doute devenu une réalité. Autrement dit, les Etats-Unis verront leur puissance durablement abaissée et ne pourront plus en principe continuer à utiliser l’Europe comme leur base arrière et zone tampon. D’autres superpuissances se seront affirmées, toutes dirigées par de superpouvoirs mêlant l’étatique et le nationalisme économique. Si l’Europe ne se dote pas, au niveau de l’Union et dans chaque grand Etat-membre, de pouvoirs équivalent, elle disparaîtra. Comme on peut espérer qu’elle tiendra au contraire à s’affirmer comme puissance indépendante, souveraine et solidaire (guidée espérons-le par la France), il deviendra nécessaire de revoir tous les calculs économiques et budgétaires. D’où l’inutilité des comptes d’apothicaires actuels.

Les futurs dirigeants français devraient avoir suffisamment de vision géopolitique pour avertir les citoyens qu’aujourd’hui, ils refusent de se faire ligoter par des engagements budgétaires qui n’ont aucun sens. Ils devraient au contraire centrer leurs programmes sur ces grandes échéances et démontrer qu’ils seront à la hauteur pour s’affirmer face aux autres superpuissances, à commencer par l’Amérique. 17/02/07


Alcatel-Lucent: qui est le dindon de la farce?

Nous avions toujours considéré que la fusion Alcatel-Lucent représentait (en grande partie) la main-mise du pouvoir américain sur une des dernières entreprises européennes de technologie. Les évènements actuels ne nous démentent pas. Alcatel va par exemple fermer ou dégraisser des sites européens dotés d'un fort taux d'ingénieurs et donc d'un fort potentiel de recherche-innovation. Ces compétences, une fois licenciées, seront perdues. Or on nous explique que les entreprises françaises n'investissent pas assez en R/D? Soyons assurés que le partenaire américain dans le couple Alcatel-Lucent, ne va pas faire la même erreur. D'une façon ou d'une autre, les compétences perdues par les Français seront conservées et développées aux Etats-Unis. 17/02/07


Le second porte-avion français

J'estime que Ségolène Royal a eu tort de se prononcer, au détour d'un meeting (aussi important que soit celui-ci) sur l'avenir du 2 porte-avion français, en annonçant que si elle est élue, celui-ci ne sera pas financé et que l'argent ira à l'éducation nationale. En fait, si j'ai bien entendu, elle n'a pas tout à fait dit cela, mais dit que les décisions relatives à ce 2e PA devait être prises dans le cadre de la défense européenne. Elle aurait fait allusion à un équipement en commun avec la Grande Bretagne.

On sait que des négociations ont lieu entre France et Royaume Uni pour développer sur une coque commune 3 PA à propulsion classique, dont 2 destinés à la Royal Navy et 1 à la France. Mais ces négociations semblent pour le moment suspendues en attendant la nomination du remplaçant de Tony Blair. Celui-ci, Gordon Brown, risque d'être bien moins favorable que son prédécesseur à l'idée d'une défense européenne et même d'équipements communs entre la France et la Grande Bretagne. Pour le moment, le PA2, le deuxième porte-avions français, voulu par Jacques Chirac et qui devrait devenir en 2015 le binôme du Charles de Gaulle (photo, au premier plan), n'est qu'un des grands programmes d'armement en cours. Il n'a pas encore, sous l'actuel gouvernement, fait consensus. A l'ouverture du salon Euronaval, Michèle Alliot-Marie avait affirmé que son « ambition est bien de rendre ce programme aussi irréversible que possible » et appelé les industriels à « une mobilisation à la hauteur de l'importance stratégique de ce dossier ». Elle avait indiqué que le projet de loi de finances 2007 avait inscrit 700 millions d'euros au titre de son ministère pour le développement du PA2. «C'est une somme considérable, avait-elle dit, je vois mal un gouvernement renoncer aux sommes investies pour rien. C'est en ce sens qu'on peut parler d'irréversibilité. »

En fait, selon les informations que l'on peut avoir,
le dossier reste fragile. La marine fait valoir, ce qui est indiscutable, d'une part que le porte-avions est l'outil indispensable pour la gestion de crises, en permettant la projection de puissance sans disposer de bases à terre, et d'autre part qu'un deuxième navire est indispensable, le Charles de Gaulle étant régulièrement indisponible pour 18 mois d'entretien. Mais comment faire la dépense (d'environ 12 milliards d'euros?) sans sacrifier d'autres programmes indispensables? L'armée de terre fait valoir que, dans les opérations extérieures, elle a un besoin vital d'hélicoptères ou de blindés. L'armée de l'air craint pour ses Rafale et rappelle que l'on peut aisément déployer des chasseurs depuis la terre (à condition que des pays amis l'acceptent). La coopération avec la Grande Bretagne, comme indiquée ci-dessus, parait de plus en plus fragilisée, ce qui est évidemment très dommage. Faudrait-il alors pour trouver de l'argent réduire le nombre des missiles M51 embarqués sur les SNLE (le programme total coûtant plus de 18 mds d'euros?).

J'estime pour ma part qu'un 2ePA est indispensable, bien plus indispensable que le remplacement sur tous les SNLE des missiles actuels par des M51. Le PA aura évidemment un rôle à jouer, quel que soit la conjoncture, et peut-être plus tôt que prévu, y compris pour des opérations dites humanitaires. Il faut espérer au contraire que les missiles nucléaires pourraient rester inutilisés et donc que leur modernisation pourrait sans risque être échelonnée dans le temps. L'idéal serait évidemment que la dépense du 2ePA soit partagée dans le cadre d'une future défense européenne, au service d'une force navale commune. Mais la France ne sera pas convaincante si elle se borne à demander des crédits à ses partenaires sans mettre une part substantielle au pot. Il ne faudrait donc pas dans l'immédiat laisser penser que notre pays renonce au porte-avions.

Tout ceci veut dire que la question est plus que stratégique et ne peut être tranchée dans le cours d'une campagne, que ce soit par Sarkozy, par Ségolène Royal ou par tout autre candidat. Tout au plus pourrait-on annoncer qu'elle fera partie des premières préoccupations de la nouvelle majorité et du nouveau gouvernement. 16/02/03

Par Jean-Paul Baquiast - Publié dans : gazetadmiroutes
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Jeudi 15 février 2007

Lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:
* Politique spatiale européenne, l'audace ou le déclin. Compte rendu du rapport des parlementaires. Signalé plutôt 2 fois qu'une.
http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/79/espace.htm
* Biblionet. Le parfum d'Adam de Jean-Christophe Rufin http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/rufin.htm

* Biblionet. Les nanotechnologies de Yan de Kerorguen http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/kerorguen.htm


A vomir

Un ami me demande ce que j'ai pensé de l'exhibition de Enrico Macias chez Ruquier le 14 février. Réponse: tout était à vomir, physique répugnant (1), incommensurable suffisance, nullité dans la pensée...A vomir aussi le tapis touge déroulé devant cet histrion par Ruquier et sa bande - excepté le courageux Christophe Alévèque qui a osé faire quelques réserves et s'est fait ignoblement injurier.
On pourrait espérer que cette exhibition, probablement calculée en haut lieu pour apporter des voix à Sarkozy, manquera son but et servira SR. Mais il ne faut pas trop compter sur la capacité des gens à se révolter devant la bêtise au front de taureau. 15/02/07

(1) Ne me dites pas que l'on n'est pas responsable de son physique. A partir d'un certain âge, il traduit la bassesse ou la noblesse; c'est selon.


Machines à voter. Un doute s'installe

Il semble que le recours aux machines à voter, envisagé dans certaines communes (Hauts de Seine, Alpes Maritimes, notamment), pourrait cacher l'envie de manipuler les votes des citoyens. Ces machines ne seraient pas fiables. Des détournements de voix même limités pourraient changer les scores finaux, comme l'a montré la fraude aujourd'hui avérée des Républicains américains lors de l'élection présidentielle, dont Bush n'aurait jamais du sortir vainqueur. Sur ce sujet, voir un article de Eric Loiselet, délégué général de Rénover Maintenant. Affaire à suivre 12/02/07


Ségolène: un sans faute

Ceux qui doutaient de la capacité de Ségolène et de son programme à relever le défi de ses concurrents devraient être pleinement rassurés. Dans la forme comme dans le fond, elle a pleinement répondu à ce qu'attendaient ses supporters. Pour ce qui me concerne, les points que je craignais de voir négliger, c'est-à-dire le financement de la recherche, les politiques communes européennes, la posture stratégique de la France dans le monde ont été traités, succintement certes mais clairement. Les Sarkozystes font valoir que le programme n'est pas chiffré, mais celui de leur candidat ne l'est pas davantage. De plus, chiffrer n'a pas de sens, quand on veut lancer un grand mouvement de foi et d'espérance, comme elle a su le faire. Si les militants et les citoyens sont véritablement convaincus de la nécessité de s'engager dans la grande entreprise proposée, les bénéfices seront multiples et la France ne manquera pas de moyens. Il en sera de même concernant l'avenir de l'Europe. Un avenir se construit sur l'engagement personnel des citoyens de bonne volonté et non sur des comptabilités maniées comme des armes par les prophètes de mauvaise augure. Or l'engagement personnel de beaucoup de gens, jeunes et moins jeunes, ne manquera pas, si l'on peut en juger par l'enthousiasme extraordinaire des militants venus à Villepinte. 12/02/07


Vers une gouvernance écologique mondiale?

Au lendemain de la conférence internationale de Paris (3-4 février) pour une « gouvernance écologique mondiale », présidée avec des mots très forts par le président français Jacques Chirac ; deux jours après la conclusion des travaux (1er-2 février) du comité d’experts internationaux du GIEC/IPCC montrant que les pronostics les plus pessimistes concernant la crise climatique étaient confirmés par les scientifiques ; quelque jours après le Forum de Davos (24-26 janvier) où la prévention de cette même crise a fait l’objet de la préoccupation des grands décideurs économiques ; quelques semaines enfin après la remise par Nicholas Stern du rapport qui fera date évaluant les coûts considérables que représenterait l’inaction face à la crise et proposant de nombreuses mesures politiques qui n’ont rien de libéral, nous pouvons ici, à la date du 5 février 2007, constater avec un début d’espoir qu'une prise de conscience concernant la réalité de la crise climatique commence à se faire. Mieux, il devient clair pour beaucoup qu’il faut désormais envisager de véritables mesures révolutionnaires, selon le terme de Jacques Chirac, pour lutter contre la crise. La vraie question est celle de savoir si la révolution restera dans les mots (comme souvent avec Jacques Chirac) ou se traduira en décisions effectives.

A cet égard, plusieurs autres constatations lourdes de sens s’imposent. D’abord, dans cette prise de conscience mondiale, la Grande Bretagne et la France jouent de façon différente mais convergente, un rôle pilote. Derrière ces deux pays (membres de l’Union européenne, rappelons-le) l’ensemble de l’Union, à l’initiative de la Commission et du parlement européen, se mobilise sans tergiverser. Pour une fois, les 27 membres semblent convaincus de la nécessité d’agir ensemble et vite. Pourvu que le consensus se maintienne quand il s’agira de prendre des mesures qui feront entraîneront nécessairement beaucoup de sacrifices!

Une seconde constatation concerne la persistance de l’administration fédérale américaine à nier la crise et à refuser toutes mesures susceptibles d’obliger la nation la plus productrice de GES du monde à changer son mode de vie. Le mode de vie américain n’est pas négociable, avait déjà affirmé avec un unilatéralisme insupportable, mais qui ne s’est pas démenti depuis, un précédent président. Mais une évolution surprenante se dessine cependant. Un certains nombre d’Etats fédérés américains commencent à vouloir négocier avec l’Union européenne le partage de divers mécanismes destinés à lutter contre les émissions de GES, notamment la bourse d’échange des droits à produire du carbone (carbon trading scheme) découlant du protocole de Kyoto. Ceci pourrait être le début d’une crise constitutionnelle majeure aux Etats-Unis. Le pouvoir fédéral y reculerait devant celui des Etats. L’hostilité que suscite dans nombre de ceux-ci l’entêtement du G.W.Bush, non seulement à nier la crise climatique, mais à poursuivre sa longue guerre contre le terrorisme ne fera qu’augmenter la probabilité d’une telle crise.

Une troisième constatation nous parait s’imposer. Il s’agit du fait qu’en Amérique, qui s’est toujours prétendue (en dehors des questions intéressant le Militaro Industrial Congressional Complex) le parangon du libéralisme (free-trade), de plus en plus de chefs d’entreprises commencent à considérer qu’un retour au patriotisme économique (prôné il fut un temps par la France et repris aujourd’hui – timidement – par les candidats aux présidentielles française) correspond dorénavant à une nécessité. On ne parle pas encore aux Etats-Unis de protectionnisme ou de patriotisme économique, mais de fair-trade. Le mot signifie en fait que les échanges doivent être négociés, sous les auspices d’une autorité gouvernementale, sur la base de la réciprocité. Le programme de retour au fair-trade a déjà un nom, il s’agit du projet Horizon, Horizon Project (voir le tout récent site ouvert sous ce nom http://www.horizonproject.us/. Certes, le fair trade recommandé n’est pas lié, en principe, à la réciprocité des efforts que feront les pays dans la lutte contre la crise climatique, mais il trouvera rapidement l'occasion de s'y appliquer.

Tout ceci nous confirme pour notre part qu’il convient en France et en tous cas dans cette revue de prendre un peu d’avance sur les esprits et de commencer à étudier comment pourraient s’organiser les efforts visant à réguler les économies afin de limiter au maximum les effets de la crise climatique et environnementale. Qui réglementera, en faveur de qui et de quoi ? Ces questions ne sont pas tranchées, ni même posées. Mais il semble que peu à peu émerge le concept d'une économie mixte (privée-publique) mondiale, dirigée par des intérêts multiples (multipolaires) associés pour la survie de nos civilisations. Ce serait donc bien le glas du capitalisme libéral qui commencerait à sonner. Ce serait aussi celui de l'influence unilatérale de la super-puissance américaine, jusque là associée à ce même capitalisme libéral et désormais embourbée dans ses impasses multiples. Enfin, pour l'Europe, si elle s'inscrivait résolument - comme elle semble vouloir le faire - dans la lutte contre le réchauffement global et la protection de l'environnement, ce serait une opportunité considérable de se faire entendre face non seulement aux Etats-Unis mais aussi face aux puissances émergentes telles la Chine et l'Inde, qui ne peuvent construire leur croissance en négligeant ces questions.

Selon nous, deux questions mériteraient d'être approfondies sans attendre :

- quelles seraient les mesures réglementaires gouvernementales nationales, européennes ou internationales susceptibles de mieux lutter contre la crise tout en sauvegardant le développement mondial là où il peut se faire sans compromettre l'environnement ?
- omment les scientifiques, autres que les seuls climatologues, pourraient participer au rôle de mise en alerte et d'expertise en l'étendant bien au-delà des questions actuellement traitées dans les instances internationales?

*
AFP. Le Monde: Une quarantaine de pays, dont la France, l'Allemagne et la Grande-Bretagne, ont lancé samedi 3 un appel en faveur d'une "vaste mobilisation internationale contre la crise écologique et pour une croissance respectueuse de l'environnement". "Nous nous engageons à mettre au centre de nos décisions et de nos choix, chacun dans notre domaine, la préoccupation de l'environnement", affirme cet appel, qui a été lu samedi par Jacques Chirac à l'issue de la Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale.
Cet "Appel de Paris" préconise la création d'une Organisation des Nations unies pour l'environnement et prône l'adoption d'une Déclaration universelle des droits et des devoirs environnementaux. "Nous appelons à transformer le Programme des Nations Unies pour l'environnement en une véritable Organisation internationale à composante universelle à l'image de l'Organisation mondiale de la santé", a-t-il ajouté.
Un "groupe pionnier" de "plus de quarante pays" a été constitué pour promouvoir ce projet, qui est contesté notamment par les Etats-Unis et les grands pays émergents. "Nous tous ici présents, Citoyens de la Terre, nous appuyons les efforts des Nations qui se mobilisent, dans un esprit de souveraineté partagée, pour renforcer la gouvernance internationale de l'environnement", a dit le président.
Cet appel intervient au lendemain de la publication du rapport des experts du Groupe intergouvernemental d'experts sur l'évolution du climat (GIEC), qui ont lancé un avertissement sans précédent sur l'ampleur du changement climatique en insistant sur la responsabilité humaine dans le réchauffement de la planète.
L'ONU dispose pour l'instant du Programme des Nations unies pour l'environnement (PNUE), créé en 1972 et dont le siège se trouve à Nairobi. Cette nouvelle organisation devrait être "à l'image de l'Organisation mondiale de la santé" (OMS) pour avoir "une voix forte et reconnue dans le monde".
Elle devra "évaluer les dommages écologiques", "promouvoir les technologies et les comportements les plus respectueux des écosystèmes" et soutenir "la mise en oeuvre des décisions environnementales". Le Maroc accueillera "la première réunion du groupe pionnier des " amis de l'Organisation des Nations Unies pour l'environnement " qui rassemble déjà plus de 40 pays", indique la déclaration.
Les quelque 200 participants à la conférence - ministres, chefs d'entreprise, représentants associatifs, scientifiques - ont affirmé, dans cette déclaration, que, "aujourd'hui, le temps est venu de la lucidité" et qu'il fallait "reconnaître que nous sommes parvenus au seuil de l'irréversible, de l'irréparable".

 

La version intermédiaire du rapport du GEIC, publiée le 2 février:
http://www.ipcc.ch/SPM2feb07.pdf et sa présentation audio
et le programme de la Conférence de Paris pour une gouvernance écologique mondiale 2-3 février 2007 http://www.citoyensdelaterre.fr/conference/?-Programme et le texte de l'Appel de Paris http://www.citoyensdelaterre.fr/conference/?Appel-de-Paris


Le F22 américain inapte pour l'Irak

De plus en plus de hauts responsables de l'US Air Force constatent que les avions de combat américains, notamment les F22, machines à 350 millions de dollars, dotées de senseurs et calculateurs qui étaient présentés comme capables de détecter une cacahuète dans la poche d'un "insurgent" irakien, sont en fait aveuglés et inutilisables. La faute en est à l'utilisation par les troupes à terre de systèmes de brouillage et leurres divers leur permettant d'échapper aux explosions télécommandées dont les régalent leurs adversaires. L'Etat-major envisage sérieusement de remplacer les F22 et autres analogues par de simples drones (UAV) à $9mns MQ-9 Predator(s). L'ennui est que l'opérateur humain qui est derrière ceux-ci ne voit pas grand chose non plus. D'où des risques pour les troupes amies.

Plus classiquement, mais de façon toute aussi gênante, la doctrine d'emploi des hélicoptères d'assaut et de transport américains est en cours de révision, suite aux 5 destructions enregistrées en quelques jours, provoquées par les RPG7 ou équivalents utilisés par les Irakiens. Désormais, la guerre technologique n'est pas facile à mener, quand elle ne se borne pas à des bombardements de haute altitude. Faut-il plaindre nos amis américains? Heureusement, il reste au lobby militaro-industriel l'espoir qu'à force de provoquer la Russie (Cf ci-dessous) il sera possible d'en revenir à la préparation d'une bonne vieille guerre totale. 10/02/07

* http://atimes.com/atimes/Middle_East/IB10Ak05.html


Poutine se fâche contre les Etats-Unis, mais l'Europe persiste à les laisser violer sa souveraineté

Comme il fallait s'y attendre, Vladimir Poutine à la "Wehrkunde" de Munich ou "Munich Conference on Security Policy” a eu des mots très durs à l'égard de l'expansionnisme militaire américain, qui continue à être imposé unilatéralement au monde sans aucune retenue. La Russie réagit mal, en particulier, au déploiement du système anti-missile américain en Europe de l'Est et à l'extension de l'Otan vers les anciennes provinces de l'URSS. Le président russe estime que la situation militaire devient plus tendue qu'elle n'était sous la guerre froide et annonce des mesures de rétorsion, sous forme d'un réarmement généralisé de sa part, qui ne présage rien de bon.

Peut-être il y a-t-il là un peu de gesticulation verbale. Il reste que les Américains semblent n'avoir rien appris de leurs échecs accumulés au Moyen-Orient. Comme une infection qui se répandrait inexorablement dans le monde, il faut que sans arrêt ils poussent leurs avantages, sur terre, sur mer et dans l'espace. L'Europe, qui sera pourtant en première ligne quand les Etats-Unis auront provoqué des réactions violentes ou simplement inamicales venant de la Russie, continue à courber l'échine devant l'Amérique et laisser violer sa souveraineté sans réagir. Comme la France est désormais aux abonnés absents, ce ne sera pas de Mme Merkel qu'il faudra attendre un peu d'autorité. 10/02/07

* http://apnews.myway.com/article/20070210/D8N6JFBG0.html


Budgets militaires américains

Nous trouvons dans DefenseNews du 5 février 2007 http://www.defensenews.com/story.php?F=2533524&C=america
la liste des demandes budgétaires formulées par le Pentagone et proposées au Congrès par G.W. Bush. Pour certains observateurs (voir http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3677), ces montants étonnamment élevés traduisent le prix que les généraux et leurs alliés industriels du Monster (ou de la Beast, c’est-à-dire le lobby militaro-industriel) demandent à leur allié Bush de payer pour continuer à lui accorder leur soutien, face à une éventuelle opposition démocrate au Congrès.

Le budget global demandé est de 648,7 milliards de dollars pour 2008, comparé à celui de 2007, soit 626,3 mds demandés

Ce budget comporte 177 milliards pour la modernisation stratégique, c’est-à-dire la mise à niveau des armes technologiques :
- 14,4 mds pour de nouveaux navires de guerre (hausse de 29%)
- 6 mds pour les satellites et les équipements de suivi (hausse de 25%)
- 27,4 mds pour l’aviation militaire (hausse de 18%) comprenant l’acquisition de 12 F-35s, 20 F-22s, 18 EA-18Gs, 24 F/A-18s et 26 V-22s.
- 3,7 mds pour les systèmes de combat du futur (hausse de 9%)
Il faut y ajouter 22,5 mds consacrés à l’armement atomique et à divers programmes de défense conduits par d’autres ministères.

Une autre présentation de ce budget global consiste à distinguer 481 mds consacrés aux dépenses militaires régulières, hors guerre en Irak et Afghanistan, et 147 mds consacrés à ces deux guerres.

Nous rappellerons que, concernant par exemple les dépenses consacrées par l’Europe (principalement la France, l’Italie et l’Allemagne) au spatial militaire (satellites de télécoms et d’observation), le budget actuel est de 1 milliard d’euros. Les experts souhaitent, sans trop d’espoir, qu’il puisse être porté à 2 mds en 2008. 07/02/07


Difficile d'être vraiment favorable à la lutte contre la crise climatique, quand les lobbies décident...

Quels que soient les mérites de Jacques Chirac en matière le lutte contre la crise climatique, on ne peut oublier que la France et ses lobbies restent très en retard de la main. Gaëlle Dupont dans Le Monde du 01/02/07, dresse une liste de ces résistances, qu'il faudra bien que le nouveau président réduise, s'il veut tenir les engagements du pacte écologique. La route reste favorisée face aux autres modes de transport, alors que ses émissions sont en forte hausse. La filière bio-carburant semble surtout destinée à prolonger la vie d'une agriculture productiviste grosse consommatrice d'eau et d'engrais. La France refuse avec obstination les quotas sur la pêche proposés par Bruxelles. Les directives européennes sur l'environnement sont transposées avec retard et avec beaucoup de laxisme (Loi sur l'air, sur l'eau, Natura 2000). Les aides à l'isolation des logements sont insuffisantes...

Mais la France n'est pas seule en cause. On apprend aujourd'hui que la chancelière Merkel, qui veut faire de la protection du climat la priorité de sa présidence de l'Union, cède aux pressions des constructeurs automobiles allemands qui refusent les normes anti-pollution requises par la Commission, au prétexte que leurs véhicules, plus gros et plus puissants que ceux de la concurrence, seraient pénalisés. Mme Merkel a confirmé son soutien total à ses constructeurs. Comme quoi, soyez gros et puissants et vous aurez le droit d'empoisonner la planète. 02/02/07


Chirac a toute sa tête, mais c'est l'américanisme qui nous rend gâteux

Le Président Chirac a eu raison de dire ce qu'il a dit concernant les risques qu'entraînerait l'existence d'une bombe atomique aux mains des Iraniens. Le risque serait bien moindre que celui découlant d'une offensive américaine (éventuellement atomique) sur Téhéran. Bernard Guettat a eu le courage de le dire au 7/9 de France Inter du 2 février. Il est seulement dommage que Chirac, devant la vague de conformisme américaniste, ait jugé bon de se rétracter et de jouer l'hurluberlu...A moins qu'il ne s'agisse d'une ruse suprême pour dire les choses sans les dire, si grande est la terreur qu'éprouvent les Français à l'idée de déplaire aux Américains. Sur cette question voir notre source habituelle http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3661


Changement climatique et réglements de comptes

Ne soyons pas naïfs. Comme les humains mêlent inextricablement les comportements agressifs et le sens de l'intérêt général, nous verrons, avec le développement souhaitable des notes attribuées par les experts aux objets et usages au regard de leur "poids en CO2", se multiplier les accusations et procès en sorcellerie, fondés ou pas. Ce sera inévitable et d'ailleurs sain. Mais il faudra raison garder. On peut trouver utile de donner mauvaise conscience aux possesseurs de 4/4 en ville (ma bête noire). Non seulement ils devraient être imposés sévèrement mais aussi sentir qu'ils sont considérés comme inciviques. Par contre, lorsque j'entends reprocher à Ségolène Royal de préconiser l'attribution gratuite d'un permis de conduire aux jeunes, de façon à faciliter leur entrée dans la vie professionnelle, je ne juge pas qu'elle encourage l'usage immodéré de la voiture. Ceux qui lui font ce reproche voudraient en fait se réserver le droit aux voitures (et aux 4/4) mais en priver les pauvres. C'est là le prototype de l'attitude des riches qui ne veulent faire aucune économie d'énergie, mais demandent aux pays sous-développés ou au prolétariat de se serrer la ceinture. 02/02/07


Il faudrait aussi traduire Exxon Mobile en justice

On dira que la crise climatique nous fait délirer et que nous tombons dans la paranoïa en voulant poursuivre toutes les entreprises coupables de produire du CO2 et surtout refuser d'admettre que celui-ci est le facteur le plus important du réchauffement. Mais il reste que l'industrie pétrolière détient la palme en ce domaine. Nous évoquions ci-dessous l'IFP et Total. Mais que dire d'Exxon Mobile, laquelle regroupe les anciens Esso et Mobil, qui vient d'annoncer à la fois des profits considérables (plusieurs dizaines de milliards) et l'offre de récompenses aux scientifiques qui fourniront les arguments les meilleurs pour remettre en question le rapport du GIEC qui vient d'être déposé à l'Unesco. On pourrait espérer que la plupart des scientifiques refuseront ce marché honteux. Mais connaissant la nature humaine, on peut penser qu'il s'en trouvera pour aller à la soupe. Qu'en dit Claude Allègre? 02/01/07

* Sur Exxon Mobile voir un site édité par Greenpeace: http://www.exxonsecrets.org/


Blair et Sarkozy

Sarkozy inaugure sa campagne de futur président en allant rendre visite à Blair. On pouvait mieux choisir quand on se prétend favorable à la construction européenne. Blair, caniche de Bush (et Sarkozy, diront les mauvaises langues, caniche de Blair)... Je sais bien que Tony Blair est le chef d'un grand Etat européen. Mais mieux aurait valu commencer par Merkel, comme sauf erreur, compte le faire Ségolène...Décidément, l'atlantisme colle au corps de notre héros.

Les Britanniques ont bien compris le sens de l'évènement. Selon l'article de The Times: "Question: If you want to be President of France where do you campaign? Answer: London". "Mr Blair believes that a Sarkozy victory would not only improve Anglo-French relations, but also curb the EU’s streak of anti-Americanism". 01/02/07


Il faudrait traduire l'Institut français du pétrole (IFP) en justice

On ne peut que devenir violent quand on lit les propos véritablement scandaleux, en pleine prise de conscience de la crise climatique, émanant d'un certain Olivier Appert, président de l'IFP, dans La Recherche de février 2007, p. 24. Il nous explique que la hausse des prix du pétrole favorise les "innovations technologiques" qui vont permettre d'extraire un pétrole de plus en plus profond, y compris des pétroles lourds et extra-lourds. On sait que ces technologies vont nécessiter des sommes considérables. Un telle politique, qui n'est pas évidemment à reprocher aux seuls pétroliers français, aura pour résultat de continuer à produire des gaz à effet de serre sur le siècle entier car les réserves de ce type sont en fait très importantes (sans parler du méthane). Par ailleurs on dépensera des crédits qui n'iront pas à ce que Olivier Appert mentionne sans insister en fin d'article, le "développement des énergies alternatives" dont on sait que l'IFP ne fait pas encore son cheval de bataille.

On objectera qu'il n'est pas correct de s'en prendre à l'IFP et derrière lui à Total, car il s'agit, encore pour le moment, de productions qui échappent à la shpère de pouvoir des pays pétroliers et gaziers du Moyen Orient et de la Russie. Mais si, sous prétexte qu'il y a des voyous plus puissants que nous, nous devrions être aussi voyous qu'eux, les moeurs énergétiques européennes ne changeront jamais. 01/02/07


Vista ou le viol des utilisateurs

Microsoft fidèle à ses méthodes impose aux informaticiens un nouveau système d'exploitation aux avantages douteux, mais qu'ils devront acheter, sans parler du remplacement des micros qui s'imposera le plus souvent. La firme en attend des bénéfices considérables. Les administrations, y compris enseignants et élèves, qui n'ont pas osé jusqu'à présent remplacer Windows par des logiciels libres, devront payer des millions de droits, dépense bienvenue en cette période d'abondance budgétaire. Les médias sont tous à genoux devant ce nouveau prodige de l'intelligence logicielle et commerciale. Quand on lit la presse aux ordres, on a honte d'être fançais.
Des experts bien informés, consultés par nous, émettent par ailleurs des doutes quant aux finalités de la National Security Agency qui a aidé Microsoft à sécuriser Vista. Les back doors et autres espions ne doivent pas manquer. 31/01/07

Concernant l'effet sur la crise climatique, il faut aussi savoir que: la durée de vie d’un PC va passer en 2007 de 3 ans à 2 ans, à cause notamment de la migration vers Vista . Il faudra recycler entre 400 et 500 millions de PC fin 2007 rien que parce qu’ils seront incapables de s’adapter aux nouvelles technologies. Vista va nécessiter entre 60 et 80 watts de consommation supplémentaire par PC.

Conclusion: il ne faut pas acheter Vista. On peut très bien vivre sans, comme la plupart des gens vivent sans véhicule 4/4. Voir le site de la Free Software Foundation http://badvista.fsf.org/

Par Jean-Paul Baquiast - Publié dans : gazetadmiroutes
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Mercredi 31 janvier 2007

Lire aussi sur Admiroutes - Automates Intelligents:

* Editorial La crise climatique, nouveau conformisme ou vrai sujet http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/edito.htm
* Science et politique. La Grande Crise, 1 http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/grandecrise1.htm
et 2 http://www.admiroutes.asso.fr/larevue/2007/78/grandecrise2.htm

Microsoft fidèle à ses méthodes impose aux informaticiens un nouveau système d'exploitation aux avantages douteux, mais qu'ils devront acheter, sans parler du remplacement des micros qui s'imposera le plus souvent. La firme en attend des bénéfices considérables. Les administrations, y compris enseignants et élèves, qui n'ont pas osé jusqu'à présent remplacer Windows par des logiciels libres, devront payer des millions de droits, dépense bienvenue en cette période d'abondance budgétaire. Les médias sont tous à genoux devant ce nouveau prodige de l'intelligence logicielle et commerciale. Quand on lit la presse aux ordres, on a honte d'être fançais.
Des experts bien informés, consultés par nous, émettent par ailleurs des doutes quant aux finalités de la National Security Agency qui a aidé Microsoft à sécuriser Vista. Les back doors et autres espions ne doivent pas manquer. 31/01/07

Conclusion: il ne faut pas acheter Vista. Voir le site de la Free Software Foundation http://badvista.fsf.org/


Des pays européens acceptent le bouclier anti-missiles américain

Le gouvernement tchèque a accepté, le 24 janvier, la demande américaine d'accueillir sur son territoire une base relevant du système de bouclier antimissile que Washington souhaite mettre en place en marge de l'OTAN. Les oppositions internes ont été vigoureusement écartées. Dans le même temps, la Pologne, sans s'être encore prononcée, semble très tentée de suivre l'exemple tchèque. La demande officielle du gouvernement américain à la République tchèque et à la Pologne a été présentée le 19 janvier. La base américaine en République tchèque doit accueillir un radar, tandis que la base que Washington souhaite installer en Pologne accueillerait un site de lancement de missiles.

On peut se demander s'il appartient à des pays membres de l'Union européenne de prendre seuls des décisions aussi orientées au service d'une stratégie américaine de "Long war" contre le terrorisme aussi obscure que dangereuse. Le simulacre d'une démarche s'inscrivant dans l'OTAN ne peut tromper personne. D'ores et déjà le gouvernement russe a fait connaitre son étonnement et son inquiétude. A quoi dans ces conditions sert notre M. PESC Javier Solana. Que les juristes européens nous l'expliquent s'il vous plait. 25/01/07


Pour Bush, le réchauffement climatique n'existe toujours pas

Comme on pouvait le supposer, le discours sur l'état de l'Union de G.W.Bush au Congrès, le 23 janvier, n'a marqué aucun progrès dans la lutte contre le réchauffement climatique. Le président s'est borné à recommander aux Américains de diminuer leur consommation de pétrole de 20% d'ici 2017. Mais ceci ne vise pas à réduire la production de GES, car G.W.Bush persiste à nier le caractère scietnifique des prévisions de hausse de la température globale: "the case has still to be made on global warming". Diminuer la consommation de pétrole vise seulement à rendre l'Amérique moins dépendante de ses importations du Moyen-Orient. Le pétrole non consommé sera remplacé par de l'éthanol, ce qui ne peut que plaire aux agriculteurs américains. On cherchera aussi à améliorer le rendement des moteurs à explosion.

Certains observateurs remarquent que le fossé entre Américains et Européens sur la question de la crise climatique va dans ces conditions s'accentuer encore. Pour l'Europe, il est de plus en plus nécessaire de lutter par des mesures significatives contre le réchauffement, alors que l'Amérique, du moins celle représentée par l'actuelle Administration, ne fait rien en ce sens, compromettant les efforts des pays qui veulent s'imposer des sacrifices. Des divergences de plus en plus grandes apparaissent ainsi entre la diplomatie européenne et l'américaine: sur l'Irak, sur la coopération économique et militaire puis maintenant sur le climat. Les Européens les plus atlantiste vont peut être finir par comprendre qu'ils doivent prendre définitivement leur distance avec un "allié" qui s'oppose à eux en tous points. 24/01/07


L'IPCC plus inquiet que jamais concernant l'évolution du climat

On attend avec impatience le quatrième rapport de l’Intergovernemental Panel on Climate Change (IPCC) ou GIEC, un des groupes officiels mis en place par la communauté internationale pour suivre l’évolution de la crise climatique. Ce rapport devrait être publié en février. Mais l'Observer s'en est procuré une version. Même si celle-ci n'est pas définitive, elle est plus inquiétante que jamais. http://observer.guardian.co.uk/uk_news/story/0,,1995348,00.html

" La fréquence des tempêtes dévastatrices, sur le modèle de celle qui vient de frapper l'Europe du Nord, va s'accroître considérablement. Le niveau de la mer s'élèvera d'un demi-mètre sur le siècle, la neige va disparaître sauf sur les montagnes les plus élevées, les déserts vont s'étendre, les océans vont s'acidifier provoquant la mort des récifs coraliens, les vagues de chaleur mortelles vont devenir la règle.

L'impact de ces phénomènes forcera des centaines de millions de personnes à fuir leurs territoires dévastés, ce qui créera des vagues d'immigrations qui mettront en péril l'économie des pays les plus riches. "

Il est clair dans ces conditions qu'aucun gouvernement ne devrait désormais accepter de fermer les yeux sur ces prévisions. La Grande Crise est là et bien là. Nous verrons ce qu'en dira G.W. Bush dans son discours sur l'état de l'Union mardi prochain. 22/01/07


Fuite en avant technologique américaine en Irak

La lecture de la presse américaine, celle du moins qui est inspirée directement par le Pentagone, lui-même inspiré directement par les pressions des industriels fournisseurs de la Navy et de l'Air Force, est stupéfiante. Manifestement, le Pentagone ne compte absolument pas sur les 25.000 hommes envoyés en renfort dans le cadre du "surge" proclamé par G.W.Bush pour améliorer la situation sur le terrain. Ce qui tirera l'Amérique d'affaire, en neutralisant définitivement les "terroristes", sera un recours plus exacerbé que jamais aux technologies centrées sur les réseaux de communications. Chaque commandant d'unité sera connecté aux autres et à de multiples capteurs aériens et satellitaires de façon à identifier et intercepter tous les mouvements de l'ennemi. A la suite de quoi des frappes "hit and kill" détruiront immédiatement les suspects, y compris évidemment au sein de ce qui reste de villes en Irak. Des systèmes plus sophistiqués les uns que les autres sont complaisamment décrits par les journaux techniques, par exemple la nouvelle génération du F35 dotée d'une nouvelle étonnante propriété, la "Spherical Situation Awareness" lui permettant de toutentendre et tout voir partout (cf http://www.dedefensa.org/choix.php?link_id=6986&comm=1). L'Etat-major semble également beaucoup compter sur le fameux LM F 22 Raptor conçu comme un avion totalement discret (stealth) destiné à intervenir dans des conflits traditionnels avec des adversaires équipés de puissants radars. On mesure l'intérêt d'un tel engin face à des combattants terrés dans des caves et armés au mieux de simple bazookas. (cf. http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3615 ).

Ce délire verbal au service du délire technologique devrait faire réfléchir, notamment les diplomaties européennes. Est-ce que toutes ces guerres américaines, en Irak après l'Afghanistan, et peut-être un jour en Iran, ont vraiment pour but la défense de l'Occident contre un ennemi mondialement acharné à se perte? N'ont-elles pas simplement pour but de donner aux entreprises du lobby militaro-industriel l'occasion de signer de mirifiques contrats? Après le pétrole, l'électronique comme moteur de la déstabilisation du Moyen Orient? Les ingénieurs et scientifiques qui travaillent dans ces secteurs feraient peut-être bien d'y réfléchir. Il vaudrait mieux pour tout le monde que leur énergie soit dépensée au service de la lutte contre les méfaits du réchauffement global, évoqués ci-dessus. 22/01/07


Encore un désastre maritime évité de justesse

Nous avons, depuis le naufrage de l'Erika, soutenu ici les efforts de ceux qui dénoncent l'indifférence des autorités européennes et nationales face aux risques majeurs découlant de l'absence de réglementation publique efficace dans le domaine du transport maritime. Face aux pirates de la mer recherchant sans respecter aucune règle à maximiser leurs profits, les administrations maritimes demeurent sinon totalement impuissantes, du moins pourvues de bien peu de moyens. C'est donc seulement grâce à l'héroïsme des équipages que les catastrophes majeures sont évitées dès que le temps se gâte. Ceci particulièrement dans la Manche et la Mer du Nord où les risques sont maximum.

L'assistance apporté au MSC Napoli entre le 18 et le 20 janvier en a été une nouvelle preuve. Ce porte-conteneur britannique, long de 275 mètres, était en perdition dans la Manche. On peut penser que son état d'entretien déplorable, malgré les certificats de navigabilité qu'il avait obtenu, a été responsable de ses avaries de machine et de gouvernail. Après hélitreuillage de l'équipage par les gardes côtes anglais, les remorqueurs français de veille sur le rail d'Ouessant, l'Abeille Bourbon et l'Abeille Liberté ont réussi à le prendre en remorque et à l'échouer, à la demande de la marine britannique, dans la baie de Lyme où il se trouve actuellement. Bien que relativement protégé du gros temps d'ouest, le navire est en train de se disloquer et de perdre son chargement de conteneurs. Mais le pire a été évité.

Ceci pose à nouveau la question des responsabilités européennes dans un domaine où l'Europe devrait être totalement impliquée. Nous rappellerons à cet égard le point de vue de Michel Bougeard, capitaine au long cours et membre de l''AFCAN, (Association française des capitaines de navires) publié sur le site http://www.merite-maritime29.org/securite-maritime.htm le 13 novembre dernier :

"La récente mise en service d'un super porte-conteneurs de 13.000 " boites ", pouvant être armé par 13 hommes seulement, donne froid dans le dos : un monstre de 400m de long, lancé à 25 nœuds avec 13.000 tonnes de fuel lourd dans ses soutes! Ne serait-il pas du ressort de l'EMSA (Agence européenne de sécurité maritime) de financer les frais d'affrètement des remorqueurs de sauvetage en station à Brest, Golfe de Gascogne, Cherbourg, Toulon et Pas-de-Calais ? La facture est lourde pour l'Etat Français, prés de 60.000 Euros par jour, alors que plus de 95% des navires qui transitent en Manche n'escalent pas dans un port de l'hexagone ! Il serait normal que l'Europe aide la France, qui est la plus exposée, figure de proue de l'Europe."

Il s'agit moins selon nous de faire partager les frais des actuels Abeilles qu'ajouter 3 ou 4 remorqueurs de cette puissance dans les atterrages de la Manche, financés par l'Europe. Chacun devine sans être marin que lorsqu'un remorqueur est occupé à remorquer, il ne peut pas intervenir sur d'autres navires en perdition, souvent très éloignés. Or, comme les tempêtes de forte intensité vont se multiplier...21/01/07


Le scandale BAE

On avait tendance jusqu'à présent à parler du scandale Yamamah, pour désigner les procédés par lesquels les représentants du géant aérospatial britannique avaient obtenu de l'Arabie saoudite un gigantesque contrat de fourniture dans le domaine de l'aviation militaire. Les soupçons très forts de corruption n'avaient pu être prouvés, pour une raison simple. Le gouvernement britannique avait pris ce dernier automne l'initiative de suspendre l'enquête, pour ne pas indisposer les autorités saoudiennes, à une époque où la bonne volonté des Etats arabes modérés est sans prix.

Mais le scandale ne se laisse pas étouffer aussi facilement. L'OCDE s'en inquiéte actuellement. Par ailleurs, au sein même de l'establishment britannique, on commence à trouver que derrière le scandale Yamamah se profile un autre scandale, bien plus gênant, celui par lequel BAE, anciennement fleuron de l'industrie britannique, est passé progressivement sous le contrôle du gouvernement et de l'industrie américaine. Du fait des liens étroits entre BAE et les institutions britanniques, ce sont celles-ci qui se révèlent soumises, plus encore que l'on pouvait l'imaginer, à l'influence du lobby militaro-industriel américain. Il s'agit d'un aspect des "special relationships" qui lient la Grande Bretagne et l'Amérique, sur lequel l'Europe de la défense ne peut pas faire l'impasse. Ou bien en effet les Anglais, quand ils parlent de défense européenne et plus généralement de diplomatie européenne, acceptent de prendre du recul vis-à-vis de BAE devenu le représentant du lobby militaro-industriel américian, ou bien ils ne peuvent être considérés par les autres Etats européens comme habilités à parler de défense européenne.

La question n'est pas anodine, lorsqu'il s'agit de programmes d'armements. La France en fait l'amère expérience, quand elle voit ses propositions concernant l'adoption du Rafale systématiquement contrées par les Britanniques et les Etats influencés par eux et par l'Amérique. Mais il n'y a pas que le Rafale. Tous les systèmes d'armes que l'Agence européenne de l'Armement pourrait envisager de financer seraient également en butte à l'hostilité de BAE et via BAE, des Américains, s'ils ne sont pas directement confiés à BAE..

Rappelons que, derrière les Américians, il faut voir dans ce domaine Lockheed Martin, dont l'influence sur l'establishment des Etats-Unis est au moins aussi grande que celle de BAE sur l'establishment britannique. Sans tomber dans le scénario noir, on pourrait facilement monter qu'une grande part de l'histoire contemporaine de ce que l'on appelle encore l'Occident a été écrite par les représentants occultes et associés de Lockheed et de BAE. Si le futur gouvernement britannique, celui qui succédera à celui dirigé par Tony Blair, ne comprend pas que ces liens adultères doivent être rompus, il perdra de plus en plus le droit de participer à la construction européenne.

Rappelons aux naïfs qu'ils avaient tort de s'étonner de voir l'Arabie Saoudite ne pas accueillir avec enthousiasme le projet d'acquisition d'avions Rafale défendu par Jacques Chirac lors de sa dernière visite d'Etat. Les dés étaient depuis longtemps pipés.

Sur Yamamah et plus généralement BAE, on lira l'incontournable source que représente le site Dedefensa. Voir notamment http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3610 et les autres articles associés, notamment http://www.dedefensa.org/article.php?art_id=3609.


Il est désormais minuit moins cinq à l'horloge de l'Apocalypse

La Royal Society de Londres s'est réunie le 17 janvier à l'initiative du conseil de direction du Bulletin of Atomic Scientists pour alerter l'opinion sur le double danger imminent qui menace dorénavant l'humanité: une reprise du risque de conflagration nucléaire et une crise climatique d'une ampleur sans précédent. En conséquence de quoi la célèbre grande aiguille de la Doomsday Clock qui mesurait depuis la guerre froide le temps nous séparant de l'apocalypse a été avancée de deux minutes vers minuit (de minuit moins sept à minuit moins cinq).

Le cosmologist Stephen Hawking (dont on sait qu'il est désormais pratiquement paralysé mais a conservé l'entière disposition de ses facultés intellectuelles), a rappelé la responsabilité des scientifiques face à la nécessité d'alerter l'opinion et les décideurs des risques encourus par le monde. La vie sur Terre pourrait sous peu se trouver totalement transformée.

Lord Rees of Ludlow, président de la Royal Society, a confirmé ces propos en affirmant que l’effet des activités humaines sur la biosphère, le climat et les océans est sans précédent. Il s'agit, selon l'expression qu'il a utilisé, de "menaces sans ennemis", ce qui ne doit pas empècher de les considérer comme une priorité politique au moins aussi grande que les risques nucléaires découlant de l'échec de la non-dissémination.

Philippe Grasset fait dans le bulletin Dedefensa, à propos de cet évènement, deux observations que nous approuvons pleinement:

La première concerne la “politisation” accélérée de la crise climatique, — dans le bon sens du terme. La crise climatique est en train de prendre une place fondamentale, aussi importante que les matières politiques et idéologiques les plus importantes Le fait qu’elle soit considérée de la même façon que le danger d’affrontement nucléaire, qui est un événement hautement politique, est significatif.

La seconde, concernant l'appel à la mobilisation du monde scientifique, est que l'optimisme dans les possibilités libératrices de la science est en train de se transformer en pessimisme. Ceci parce que l'humanité semble se révéler incapable de maîtriser les effets destructeurs de l'évolution technologique. Ce serait la première fois en 400 ans qu'un tel sentiment pénétrerait la communauté scientifique. Le pessimisme scientifique né en 1945 à la découverte des destructions que pouvait provoquer la bombe atomique n'avait pas duré longtemps. Aujourd'hui, les menaces semblent tellement diversifiées et incontrôlables que le pessimisme scientifique reprend de plus belle, du moins chez les scientifiques qui s'efforcent de rester conscients. 19/01/07

* Sur Stephen Hawking, lire http://news.independent.co.uk/environment/article2171680.ece . Sir Martin Rees, astronome Royal, est bien connu de nous par ailleurs, notamment comme l'auteur de Our final hour, dont nous avions rendu compte.


Missile tueur de satellites en Chine

Les Chinois ont testé avec succès le 11 janvier un missile tueur de satellites. C'est un article de l'hebdomadaire Aviation Week confirmé par les agences de renseignement américaines dont la CIA et la NSA, qui a fait connaître l'évènement, non encore commenté par le gouvernement chinois. Lors de cet essai, les Chinois auraient détruit à 800 km d'altitude un vieux satellite météo leur appartenant, avec une charge lancée par un missile balistique. Le lancement aurait eu lieu depuis le centre spatial de Xichang, dans le Sichuan. La collision a eu lieu à quelque 800 kilomètres au-dessus de la Terre. Les spécialistes craignent que cette destruction ait répandu de nombreux débris dans une zone très fréquentée par les satellites.

La Chine devient après les Américains et les Russes la 3e puissance spatiale capable de cet exploit militaire. La Japon et l'Australie s'inquiètent, mais surtout les Etats-Unis. Ils avaient jusqu'ici affirmé ne pas accepter qu'un Etat puisse mettre en danger leur maîtrise de l'espace, qu'ils veulent absolue. Le tir de missile a été commenté, le 18 janvier, à Washington, par le porte-parole du Conseil de sécurité nationale, Gordon Johndroe. Il s'agit d'un acte "en contradiction avec l'esprit de coopération auquel les deux pays aspirent dans la zone de l'espace civil".

La Chine, que le Pentagone soupçonne de dépenser de deux à trois fois plus en budget militaire annuel que les 35 milliards de dollars officiellement déclarés, fait surtout montre, en procédant à ce tir, de sa capacité à neutraliser des satellites militaires ou espions d'autres pays. Une démonstration de force qui signalerait une confiance nouvelle des Chinois dans leur technologie militaire, malgré l'embargo imposé en 1989 par l'Occident aux ventes d'armes.En l'absence de détails fournis par Pékin, qui s'est borné, vendredi 19 janvier, à réaffirmer son opposition à toute course aux armements dans l'espace, il est difficile de savoir si la destruction de cette cible a été provoquée à la suite d'un rapprochement orbital suivi de l'explosion d'une charge, ou si le satellite a été détruit par la technologie dite "hit to kill". Celle-ci suppose que l'intercepteur rencontre sa cible avec précision, à une vitesse dépassant 7 kilomètres/seconde, pour la désintégrer par simple collision. Les intercepteurs prévus dans le programme de bouclier antimissile américain, munis de capteurs infrarouge pour suivre leur cible, seront équipés d'une telle technologie. Il semble improbable que la Chine maîtrise celle-ci, mais ce n'est pas exclu. En revanche, l'explosion d'une charge dans l'environnement immédiat du satellite-cible apparaît davantage compatible avec les programmes spatiaux et balistique de Pékin.

Début janvier, China Aviation Industry Corp. présentait d'ailleurs à la presse chinoise un modèle de Jian-10, son avion de combat de dernière génération. "La Chine est devenue le quatrième pays capable de développer ses propres chasseurs avancés, ainsi que des réacteurs et des missiles", avait alors déclaré Geng Ruguang, le vice-directeur général du groupe aérospatial chinois.

Cet exploit montre aussi le retard de plus en plus grand pris par l'Europe dans le domaine du spatial militaire. L'Europe serait incapable de se défendre contre des armes balistiques s'en prenant à ses propres satellites. Est-ce pour autant que les négociations pour la démilitarisation de l'espace, qui ne progressent pas depuis 40 ans, du fait principalement du refus américain, pourraient être relancées. La perspective apparaît peu probable. 19/01/07


Le stockage de l'énergie électrique par des batteries en flux continu

On sait qu'un des handicaps de l'énergie électrique est qu'elle ne peut pas être stockée de telle façon que les excédents produits à certains moments puissent être redistribués quand la consommation dépasse la production. La solution la plus généralement pratiquée est celle de l'interconnexion par des réseaux géants ou grids reliant des centres de production et de consommation dont les pics ne sont pas simultanés. Ce problème est posé à tous les électriciens, qu'ils fassent appel aux centrales à énergie fossile, au nucléaire ou à la houille blanche. Mais à plus petite échelle, il se pose aussi aux gérants des sites de production d'électricité d'origine éolienne ou solaire. Il n'y a rien de plus inconstant que le vent et le soleil. De plus, ils font souvent défaut au moment où la demande est la plus forte. Le stockage de l'énergie électrique par l'intermédiaire de batteries est pratiqué ici et là, mais le procédé est coûteux, lourd et de faible capacité.

Or il semble qu'une solution soit en voie d'être trouvée pour résoudre cette difficulté et rendre les batteries véritablement utilisables pour emmagasiner de l'électricité, ceci pratiquement sans limite. La solution est apparemment simple. Encore fallait-il y penser. Il s'agit du système dit des batteries en flux continu (flow batteries) aujourd'hui expérimenté avec succès en Australie, dans une ferme éolienne installée à King Island, près du détroit de Bass. En résumant beaucoup, on dira que le procédé consiste l'électrolyte « déchargé » après usage par un électrolyte chargé conservé dans un réservoir aussi grand que l'on veut. Lorsque le vent souffle, les éoliennes chargent les batteries dont l électrolyte est progressivement transvasé dans les réservoirs. Quand il ne souffle plus, les batteries alimentent les consommateurs et, au fur et à mesure de la décharge de leur électrolyte, se réapprovisionnent à partir du réservoir.

Nous passons sur les nombreux problèmes qu'il a fallu résoudre, notamment pour obtenir un liquide électrolyte adéquat, à base de sulfate de vanadium, puis aujourd'hui de bromure de vanadium. Il a fallu résoudre aussi des problèmes de fuites et de synchronisation des cycles. Ceci étant, la solution, selon ses promoteurs, peut être adaptée à toutes les tailles de batteries et de moteurs électriques, y compris dans le transport. Elle reste plus coûteuse que la production d'électricité à partir de pétrole, mais les coûts, comme toujours en ce qui concerne les énergies renouvelables, devraient diminuer avec le nombre des utilisateurs.

Cet exemple, s'il se révèle généralisable, montre que l'optimisme n'est pas toujours illusoire, lorsque l'on envisage les solutions technologiques permettant de faire face à la grande crise climatique. L'imagination des inventeurs n'a jamais dit son dernier mot.

La technologie des batteries en flux continu, développée par l'Université de Nouvelle Galles du Sud, est reprise actuellement par VRB Power Systems, basée à Vancouver. Un site devrait être implanté en Europe, auprès de la ferme éolienne de Sorne Hill, en Irlande.
20/01/06

* Voir NewScientist, 13/01/07, p. 41
* VRB Power Systems http://www.vrbpower.com/


Progrès dans l'ingénierie biologique ou biologie synthétique

L'ingénierie biologique ou biologie synthétique consiste à analyser l'effet de certains gènes sur les phénotypes, à isoler ces gènes et à les réintroduire dans les génomes d'autres organismes. Ce travail fait méthodiquement conduit à réaliser de véritables boîtes à outils de gènes qui, réutilisés individuellement ou assemblés en chaînes, permettent de construire artificiellement des êtres vivants nouveaux, dont les propriétés pourraient être utiles.

Le concours international organisé par le MIT en novembre 2006 (International Genetically Engineered Machine Competition ou iGEM) a permis à des dizaines d'équipes, dont certaines composées d'étudiants, de confronter leurs créations. Ainsi a été présenté une culture de e.coli qui, loin de sentir mauvais comme il est d'usage dans cette sympathique espèce, sentait la banane, après importation de gènes provenant de ce non moins sympathique fruit. Au-delà de ces exemples qui paraîtront anecdotiques, on mesure l'extraordinaire puissance future (voire les risques à conjurer) de la biologie synthétique. 16/01/07

* http://www.technologyreview.com/read_article.aspx?id=17716&ch=biotech


UMP Urgence

Un ami nous met en garde. Le site www.ump.fr conduit aux urgences médicales de Paris. 17/01.07


Paradis fiscaux

Un certain nombre de pays avaient engagé une politique de dénonciation des paradis fiscaux selon leur degré de complicité avec le blanchiment de l'argent sale. C'était le programme du Gafi (Groupe d'action financière), filiale de l'OCDE chargée de dresser la liste des territoires les plus condamnables dans leurs pratiques. Un certain nombre de pays européens ont réagi pour soutenir cette action. La France avait créé une Commission d'enquête parlementaire antiblanchiment à l'Assemblée nationale, dont Arnaud Montebourg était le rapporteur.
En 2002, juste avant de quitter le pouvoir, le gouvernement de Lionel Jospin a pris un décret interdisant toute transaction financière en provenance ou à destination d'un territoire présent sur la liste noire du Gafi, l'île du Nauru. Mais ce combat a été abandonné par les droites européennes. La mondialisation financière, dont profite outre les intérêts criminels de nombreuses entreprises, permet de désarmer progressivement les Etats européens, en organisant une course au moins disant fiscal.

Remarquons que le temps des campagnes d'opinion contre les paradis fiscaux pourrait revenir, notamment en France à l'occasion des élections présidentielles. Ainsi les Suisses semblent finalement envisager un (tout) petit pas vers une harmonisation européenne de la taxation des revenus. Les cantons suisses étudient la possibilité de doubler l'imposition des étrangers fortunés. Mais que Hallyday se rassure, il lui restera suffisamment d'argent pour payer les frais de son chalet.

Comme le rappelle Arnaud Montebourg, il existe un droit international qui est applicable aussi à la Confédération helvétique, et qui condamne le dumping fiscal. Il s'agit des «Recommandations» de l'OCDE, relatives à la «concurrence fiscale dommageable» lesquelles recommandent aux Etats de ne pas négocier la fiscalité au cas par cas, en fonction de l'influence des contribuables non-suisses désirant échapper à leur fiscalité nationale. Il existe également, sur la fiscalité de l'épargne, un accord bilatéral entre l'Union européenne et la Suisse qui oblige la Confédération helvétique à reverser à l'Union européenne le montant des impôts que la Suisse obtient du placement, dans son système bancaire, de la part de ressortissants des pays membres de l'Union européenne. Inutile de dire qu'actuellement, cet accord est contourné par la Suisse, en raison de l'absence de contrôle sur les placements des sociétés offshore en Suisse. La Suisse n'est pas seule responsable de cet état de fait. Le secret bancaire suisse dissimule des ressortissants influents politiquement au sein des pays membres de l'Union européenne. 16/01/07

Par Jean-Paul Baquiast - Publié dans : gazetadmiroutes
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